[Impressions] Super Mario Odyssey : Nintendo couv(r)e un chef d’oeuvre

Jeux-Video

Par Jules le

Alors qu’Internet n’a d’yeux que pour les tétons de Mario depuis quelques jours, on a préféré détourner le regard pour voir ce que notre héros moustachu avait dans le ventre. On est donc allés passer quelques heures en compagnie de Super Mario Odyssey.

On vous arrête tout de suite, Nintendo ne nous a pas montrés le torse nu de sa mascotte. Tout du moins pas d’entrée de jeu, mais on y reviendra. À la place, le constructeur japonais nous a rappelé, à travers trois mondes, l’artisan talentueux qu’il est lorsqu’il s’agit de game design.

Deux pays, deux ambiances

Vous n’allez pas nous croire, peut-être même vous vous parerez de votre plus belle perruque blonde et crierez à la fake news, mais ce qui va suivre est absolument véridique : Bowser a enlevé la princesse Peach, en vue de l’épouser. On sait, c’est dingue. Impuissant face au méfait du roi Koopa, Mario se retrouve propulsé au pays des Chapeaux. Mais à quelque chose malheur est bon puisqu’il va y rencontrer l’autre personnage central du jeu, Cappy. Et autant vous le dire tout de suite, ce chapeau vivant n’est pas là pour faire de la figuration.

Mais à peine a-t-on le temps d’apprendre qu’il va falloir collecter des Lunes (qui remplacent les étoiles) pour traquer Bowser, et de parcourir ce niveau tutoriel qui semble tout droit sorti de l’imagination de Tim Burton, que la démo nous envoie au Pays de la Cuisine.

Ce monde bien plus coloré et vaste que le précédent nous permet de constater que si Mario disposait déjà d’une liste d’actions fournie, l’apparition de Cappy offre à l’ancien plombier une myriade de nouvelles possibilités.

Car en plus de permettre la création d’une plateforme temporaire ou de servir de projectile, la casquette vivante de Mario vous ouvre les portes de la chapimorphose, ou l’art de prendre possession de tout et n’importe quoi. Et vous allez vite vous rendre compte que tous les éléments affichés à l’écran ont leur utilité. Un poteau ? Vous sauterez plus loin. Une boule de feu ? vous voilà capable de nager dans les rivières de lave. Une fleur ? Vous bénéficiez d’un boost temporaire. Même les Goombas peuvent vous aider dans votre quête de Lunes.

Mais Nintendo a veillé à ne pas rendre le joueur surpuissant à chaque transformation. Ces dernières possèdent certes leurs avantages, mais également leurs inconvénients. Pour reprendre l’exemple de la boule de feu, vous serez incapable de vous déplacer sur la terre ferme avec.

On prend donc un véritable plaisir à parcourir le monde en long, en large et en travers pour découvrir toutes les transformations possibles. D’autant que le level design a été pensé en fonction de ces chapimorphoses. Il sera très compliqué, voir impossible, de progresser sans avoir recours aux métamorphoses.

Faire du neuf avec du vieux

Pour surprendre les vétérans de la saga, Nintendo n’a eu aucun problème à chambouler les codes. Prenez les pièces par exemple. Si dans bien des épisodes, Mario les collectait pour reprendre de l’énergie et gagner une vie supplémentaire, elles font office ici de monnaie ingame. Cumulez-en assez et vous pourrez débloquer de nouvelles tenues, dont un “caleçon” qui dévoile le torse glabre (et célébré par la Toile) du héros moustachu. Tenues qui n’ont pas qu’un simple rôle cosmétique, puisque certains costumes vous donnent accès à des zones jusque-là hors d’atteinte.

On vous parlait des vies, elles ont disparu. Tout comme les game over. Ici, la mort vous fait perdre une dizaine de pièces avant de vous renvoyer au dernier check-point. Check-points qui servent désormais de balise de déplacement rapide, bien que les niveaux ne soient pas immenses. Si ces petits changements peuvent sembler anecdotiques, ils redéfinissent au contraire l’approche d’un monde.

Si Super Mario 64 vantait la force du stick analogique de la manette de N64, Super Mario Odyssey tire pleinement parti des Joy-Con. Ainsi, les capteurs de mouvements intégrés permettent de lancer Cappy pour attaquer ou prendre possession d’un ennemi ou d’un objet. Un mouvement dans la même direction avec les deux périphériques déclenche par exemple une attaque puissante avec la casquette. De même, lorsque l’on prend le contrôle d’une grenouille dans le Pays des Chapeaux, il vous suffira d’un coup vers le haut avec l’un des Joy-Con pour réaliser un bond vertigineux.

Quant à ceux qui préfèrent le Controler Pro aux Joy-Con, ou qui n’ont que faire du motion gaming, les différentes actions sont disponibles depuis les touches classiques.

Déambuler dans le Pays de la Mer, qui est en réalité une somptueuse plage peuplée d’escargots vêtus de marinières et de bérets, c’est l’occasion de voir que le HD Rumble, si peu exploité dans l’incroyable Getty Image Simulator 1-2 Switch, trouve ici tout son sens lors d’un mini-jeu caché. Super Mario Odyssey se paye même le luxe de transformer la fonction de capture d’écran comme élément de gameplay dans la résolution de certaines énigmes.

Vous l’aurez donc compris, on a passé un excellent moment avec un moustachu torse nu (ce n’est pas ce que vous croyez). Comme pour Super Mario 64 en son temps, titre de la saga dont Super Mario Odyssey se rapproche le plus, Nintendo semble être parvenu avec la nouvelle aventure de son héros fétiche à réinventer sa licence sans pour autant faire table rase du passé.