Accusé de « whitewashing » sur Aladdin, Disney reconnaît les faits mais se défend

Cinéma

Par Elodie le

Accusé de whitewashing par un figurant de son prochain live action, Génies, revisite du dessin animé Aladdin, Disney a reconnu les faits mais s’est néanmoins défendu.

Avec Aladdin (rebaptisé Génies), Disney avait pourtant pris soin d’ouvrir son casting pour éviter toute accusation de whitewashing. La pratique, très courante à Hollywood, consiste à engager des acteurs blancs pour interpréter des personnages non blancs. Parmi les exemples récents, citons Sky, annulé et qui devait voir Joseph Fiennes interpréter Michael Jackson, ou Exodus : Gods and Kings avec Christian Bale, Joel Edgerton, Aaron Paul et Sigourney Weaver dans les rôles respectifs de Moïse, Ramsès, Josué et Tuya, la mère de Ramsès.

Pour son casting, les studios cherchaient donc des acteurs originaires du Moyen-Orient, entre 18 et 25 ans, doués pour le chant et la danse. Mais ces précautions semblent s’être limitées aux personnages principaux, figurants non inclus.

Une centaine de figurants

L’un d’eux s’est épanché dans les colonnes du Sunday Times concernant le film réalisé par Guy Ritchie. Kaushal Odedra assure ainsi avoir vu « une vingtaine d’acteurs à la peau très pâle » faire le piquet de grue en attendant de se faire brunir la peau. « Sur un des plateaux de tournage, deux gardes du palais sont arrivés et j’ai vu qu’un des deux était blanc, mais qu’il était devenu très foncé », assure-t-il.

Pour l’acteur, également doublure de l’un des acteurs principaux, Disney est « déconnecté de la réalité ». « Aladdin était une occasion rêvée pour montrer de la diversité, mais aussi pour être précise avec les faits ».

Un argument contesté

Gênés aux entournures, les studios ont reconnu les faits tout en précisant n’avoir eu recours à cette pratique qu’à quelques reprises, pour des scènes de foule notamment : « La diversité de nos acteurs et de nos figurants était une exigence et nous avons dû maquiller des membres de l’équipe pour quelques rôles qui nécessitaient des compétences particulières, de sécurité et de contrôle » (installations pour effets spéciaux, cascadeurs, chameliers). Si Kaushal explique « comprendre » les besoins du studio, il estime néanmoins que Disney « a eu le choix ».

Disney a également défendu sa production et son casting : « Il s’agit de la distribution la plus diversifiée jamais réunie pour un film de Disney. Plus de 400 des 500 figurants étaient Indiens, moyen-orientaux, Africains, Méditerranéens et Asiatiques ». Las, les justifications de Disney n’ont pas empêché les critiques de fuser sur la toile.

« Disney a vraiment dit qu’ils ont dû mettre des blancs dans cette version asiatique du blackface, parce qu’ils ne pouvaient pas trouver des danseurs, cascadeurs ou dresseurs de chameaux non blancs (dresseurs de chameaux !) ».

« Je suis vraiment furieuse parce que je me réjouissais vraiment pour Aladdin, mais je ne peux pas le voir désormais car Disney a littéralement bruni des personnes dans un équivalent du blackface. À cette époque. Effroyable. »

Le casting est composé de Naomi Scoot, une actrice indo-britannique, qui jouera Jasmine aux côtés de Mena Massoud, acteur égypto-canadien interprète d’Aladdin. Quant au génie, personnage central du film, c’est Will Smith qui l’incarnera.