À l’approche de dates sensibles, la Chine bloque Wikipedia

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Par Henri le

L’empire du Milieu voit toujours les commémorations de certains événements historiques d’un œil inquiet. Le pays vient d’ailleurs de bloquer Wikipedia dans toutes les langues.

La « grande muraille informatique » chinoise a encore frappé. Selon l’association spécialisée dans la détection de la censure Open Observatory of Network Interference (OONI), le pays a rendu les pages de l’encyclopédie inaccessibles dans toutes les langues. Wikipedia rejoint ainsi Google, Facebook ou encore Twitter et semble être la nouvelle cible des censeurs.

Une décision qui n’est pas si étonnante puisque le régime avait déjà bloqué la version en mandarin dès 2015. Mais le développement et l’amélioration des outils de traduction a peut-être poussé les responsables à lancer une opération de grande envergure.

Bloquer l’accès de Wikipédia dans toutes les langues est symbolique. […] Ce qui compte vraiment, c’est le contenu en chinois. »

La Chine a beau s’ouvrir de plus en plus, elle reste très frileuse à l’évocation de certains évènements du passé. Alors que la population s’apprête à fêter le 30e anniversaire de la terrible répression militaire de la place Tiananmen, où de nombreux Chinois s’étaient rassemblés en 1989 pour exiger un pays plus démocratique, le parti communiste augmente encore sa vigilance.

La place Tiananmen, à Pékin.

Certains clichés, comme le célèbre « Tank Man » de Jeff Widener, restent tabou dans le pays où il est encore difficile de se renseigner sur cette période de façon claire. Les photos sont donc particulièrement contrôlées, d’autant plus que nombre d’entre elles sont éloquentes et ne nécessitent pas d’une traduction pour comprendre l’ampleur et la violence des manifestations.

« Une image vaut mille mots et il ne manque pas d’images liées à Tiananmen sur le site de Wikipédia. »

Cette nouvelle action montre en tout cas l’efficacité redoutable du système de censure numérique.