Les modérateurs de Facebook estiment que leur santé est menacée par ce qu’ils voient

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Par Henri le

Modérer le plus grand réseau social du monde est une tâche très complexe, et certains employés de Facebook craignent aujourd’hui pour leur santé.

Un réseau social reflète les personnes qui l’utilisent. Dans le meilleur comme dans les plus bas instincts. Le Facebook que vous utilisez ne représente qu’une partie émergée de l’iceberg. Tous les jours, des modérateurs situés partout dans le monde s’occupent de « nettoyer » les pages des dizaines de milliers de contenus inappropriés. Violence graphique, pornographie, pédophilie, racisme, mauvais traitement envers les animaux, autant de vidéos qui sont devenues le quotidien de ces 15 000 forçats du clavier.

Mais ils ont décidé de tirer la sonnette d’alarme. The Verge en a profité pour donner la parole à certains d’entre eux dans une enquête-fleuve nommée « Bodies in Seats » (littéralement « Des corps dans des sièges »). Le point de départ de cette dernière se focalise sur le décès de Keith Utley, un modérateur de 42 ans, ancien garde-côte, décédé d’une crise cardiaque en partie provoquée par un stress énorme.

Un fait divers qui a attiré l’attention des journalistes, et libéré la parole de certains salariés qui sont sortis de leur réserve. C’est le cas de Shawn Speagle, qui a travaillé comme sous-traitant pour le géant de la Silicon Valley, au centre de Tampa Bay, avant de partir au bout d’un an. Ce jeune homme de 24 ans se dit très concerné par sa santé (mentale et physique) et décrit en partie les conditions de travail dans ces centres.

On apprend qu’ils sont forcés de regarder entre 15 et 30 secondes de chaque vidéo avant de décider si elle doit rester sur le réseau. Évidemment, certains contenus choquants reviennent en boucle et les modérateurs sont constamment exposés. Le management pousse ces derniers à une productivité maximum, tant et si bien que certains se retiendraient même d’aller aux toilettes. Chaque employé a le droit à une pause déjeuner de 30 minutes et deux autres pauses de 15 minutes dans la journée, pour un salaire de 15 dollars de l’heure.

Cette surexposition à la violence a des conséquences réelles puisque plusieurs syndromes de stress post-traumatiques ont été détectés chez certains salariés. On espère que ces nouvelles révélations vont pousser la firme a mettre en place un suivi plus sérieux des salariés, mais également à mieux les préparer (un bilan psychologique au minimum) à la tâche à laquelle ils vont s’atteler. On vous conseille en tout cas de vous lancer dans la lecture de ce dossier très intéressant.