L’argent ne fait pas le bonheur ? Selon cette étude c’est de moins en moins vrai

Général

Par Remi Lou le

Alors que de précédentes études suggéraient que le niveau de bonheur n’augmentait pas passé un certain seuil de revenus, une nouvelle étude américaine observe ce lien sur cinq décennies et démontre que l’adage « l’argent ne fait pas le bonheur » devient de moins en moins vrai.

Crédits : @geralt via Pixabay

Le célèbre adage qui dit « l’argent ne fait pas le bonheur » risque d’en prendre un coup. Si de nombreuses études ont vu le jour au fil des ans, avec des conclusions plus ou moins diverses, une récente étude d’ampleur on ne peut plus détaillée relayée par The Conversation démontre que oui, il existe une corrélation forte entre la notion de bonheur et le nombre de chiffre sur votre compte en banque. Cette étude, qui recense les données de plus de 40 000 américains âgés de plus de 30 ans, et s’étalant sur près de cinq décennies (de 1972 à 2016) permet de constater comment ce lien entre argent et bonheur a évolué au fil des ans. Ainsi, on apprend qu’aujourd’hui, l’argent et le bonheur seraient bien plus étroitement liés qu’ils pouvaient l’être par le passé.

On observe notamment que le diplôme est devenu progressivement un facteur important de bonheur des gens. Dans les années 1970, les adultes américains étaient ainsi près de 40% à déclarer être « très heureux », avec ou sans diplôme. Sauf qu’au fil des ans, on observe que le niveau de « bonheur » des personnes sans diplôme a progressivement baissé, pour atteindre les 29%, alors que celui des personnes avec un diplôme s’est maintenu à 40%, malgré une chute dans les années 1980.

En ce qui concerne les revenus, contrairement aux études préalables sur le sujet qui supposaient que plus ils augmentaient, plus le niveau de bonheur augmentait, et cela jusqu’à un certain stade (75 000 dollars par an), cette étude indique qu’il n’y aurait pas de « plateau de bonheur », soit l’instant où le fait de gagner plus ne rendrait pas plus heureux. Aujourd’hui, les adultes américains qui gagneraient plus de 160 000 dollars par an seraient systématiquement plus heureux que ceux qui gagneraient entre 115 000 et 160 000 dollars par an. Le bonheur serait donc, d’après cette étude, corrélé au niveau de revenu, et cela de façon exponentielle. En parallèle, le bonheur des personnes non diplômés – et donc logiquement avec des revenus plus bas – n’a fait que baisser depuis les années 1970.

Comme le note The Conversation, cette tendance pourrait s’expliquer par l’intensification des inégalités salariales. Ainsi, un PDG moyen d’entreprise aux États-Unis gagnerait aujourd’hui 271 fois le salaire d’un travailleur lambda, contre 30 fois plus en 1978. Au contraire, il est devenu bien plus compliqué pour une personne sans diplôme de subvenir à des besoins élémentaires, tel que le logement, l’éducation et les soins – des besoins directement corrélés au bonheur – tandis que les salaires n’ont pas suivi l’inflation. D’autres raisons rentrent également en compte, comme le nombre de mariages qui s’est maintenu chez les classes supérieures et auraient descendu en flèche chez les plus modestes.