Le réseau 4G risque de tourner au ralenti dès 2022

Dans une interview accordée aux Echos, le président de la Fédération Française des Télécoms s’est inquiété des conséquences d’un report du déploiement de la 5G. En cas de retard, le réseau 4G pourrait se retrouver saturé dès 2022, et être périodiquement ralenti voire inaccessible.

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Voilà une nouvelle qui fera soupirer les Français qui souffrent encore de soucis de couverture réseau. D’après le président de la Fédération Française des Télécoms Nicolas Guérin, qui s’exprimait dans les Echos, le réseau 4G pourrait être engorgé bien plus vite que prévu. Il serait désormais à deux doigts de l’asphyxie totale et pourrait être entièrement saturé à l’horizon 2022. En pratique, cela signifie que tous les progrès réalisés ces dernières années en termes de couverture, de débit et de stabilité pourraient être réduits à néant. Les ralentissements et coupures pourraient revenir hanter notre quotidien, à moins qu’un nouveau système ne vienne soulager les infrastructures réseau existantes.

Heureusement, l’identité de ce nouveau système est déjà toute trouvée : il s’agit de la 5G, qui devrait débarquer dans les foyers français avant la fin de l’année. D’après Nicolas Guérin, il ne faut donc pas traîner pour déployer cette technologie, contrairement à ce qu’ont décidé certains autres pays. Les Britanniques, par exemple, ont choisi d’exclure Huawei de leur réseau 5G, mais au prix de plusieurs années de retard sur son déploiement. Si les affirmations de la FFT sont exactes, un report de ce type serait lourd de conséquences pour la France. Passer à la 5G ne serait plus une affaire de confort, mais une nécessité pour désengorger le réseau 4G.

Une foire d’empoigne à prévoir

Voilà qui ne devrait pas apaiser le débat sur la 5G. A commencer par celui autour de l’impact écologique, qui n’a pas disparu entre temps, et reste une composante majeure du dossier. Nicolas Guérin se veut cependant rassurant et affirme que la 5G ne sera installée dans un premier temps que sur les sites déjà équipés. Il rappelle également que la nouvelle génération d’antennes 5G devrait consommer moins d’énergie que leurs homologues 4G. D’autres grands acteurs du secteur font également des pieds et des mains dans ce sens. Xavier Niel, par exemple, qui ne rate jamais une occasion de revêtir sa cape de chevalier de la 5G, assurait récemment qu’il s’agissait d’une technologie écologique. Mais il faudra certainement d’autres arguments pour convaincre les opposants, dans un débat qui tourne malheureusement assez souvent au dialogue de sourds.

Reste à voir si le réseau 5G français sera bien déployé aussi vite que prévu, avec un lancement dès cette année. Pour en avoir le cœur net, il faudra attendre la fin des enchères, où les différents opérateurs se livreront une âpre bataille pour se départager les fréquences 5G le mois prochain. Nous verrons d’ici-là si la FFT et les opérateurs sauront trouver les mots et le juste compromis pour éviter la saturation du réseau, sans risquer le passage en force auprès de l’opinion publique… Un numéro d’équilibriste qui s’annonce particulièrement périlleux.