Pourquoi Fortnite a été supprimé de l’App Store et du Play Store

Fortnite a été supprimé de l'App Store et du Google Play Store, après avoir contourné leur ...

Fortnite, le célèbre battle royale, a été supprimé de l’App Store et du Play Store hier soir. Epic Games, qui possède le jeu, s’est lancé dans une véritable croisade juridique contre les géants Google et Apple. Son objectif : tuer la taxe exigée par Apple et Google, et contester un "monopole" qui serait "anticoncurrentiel" d'après l'éditeur du battle royale.

© Epic Games

Comme d’autres, cela faisait plusieurs mois qu’Epic Games, l’éditeur de Fortnite s‘insurgeait contre la taxe des App Store et Play Store. Mais il a décidé de passer à l’action d’une manière un peu différente. Là où le reste des “frondeurs” a choisi de passer par les canaux traditionnels de l’Union Européenne, Epic a décidé de faire de la résistance. L’éditeur a choisi de proposer aux joueurs une méthode de paiement alternative. Cette option permettait de régler ses microtransactions directement sur sa plateforme de paiement, sans passer par l’App Store et le Play Store…. et donc de contourner la taxe, pour proposer un tarif réduit. Cette pratique est pourtant proscrite de façon explicite dans les conditions générales d’utilisation des deux plateformes.

Un traquenard signé Epic Games ?

Et c’est là que l’histoire devient intéressante. Epic est une entreprise qui maîtrise son sujet et sa communication, et était parfaitement consciente des répercussions qu’allait avoir cette décision. En allant aussi ouvertement à l’encontre des CGU des deux stores, il était inévitable que Fortnite soit banni.

L’affaire ressemble donc bien à un piège tendu par Epic à Apple et Google. Le studio aurait forcé la paire à bannir son jeu avant de répliquer par un procès dans la peau de la victime.

Le fait qu’Epic a rapidement déposé un dossier très complet auprès des autorités de la concurrence américaines suggère d’ailleurs que l’éditeur avait tout prémédité. Et Epic ne s’arrête pas là : il met même ses joueurs à contribution pour tordre le bras des GAFAM. Tous les joueurs sont appelés à exiger un remboursement de leurs achats dans l’application… ceux-là même qui ont été réalisés dans le dos d’Apple, conduisant au bannissement du jeu. Un brin cynique. Et pour ceux qui doutaient encore du fait qu’il s’agit d’une vaste opération de communication, Epic a mis les points sur les i avec un événement virtuel sans ambiguïté. Directement dans le jeu, l’éditeur diffusé un court-métrage inspiré du célèbre 1984 de George Orwell, et forcément préparé à l’avance. On y trouve la Pomme dans le rôle du Big Brother… et le joueur lambda dans le rôle du résistant, avec le mantra #FreeFortnite.

Epic Games n’a pas encore visé Google avec ce genre de communication, mais on peut s’attendre à ce que les troupes de Moutain View y aient également droit très bientôt. Pour l’instant, l’éditeur s’est contenté de quelques tacles dans le texte de sa plainte. “Vingt-deux ans après, Google a relégué son mantra au rang d’arrière-pensée, et utilise sa taille pour faire le mal auprès de ses concurrents, innovateurs, clients, et utilisateurs dans un marché qu’il monopolise”.

Une référence directe à l’ancien slogan de Google, “Don’t be evil”.

Que cherche Epic Games ?

Les principales revendications d’Epic Games à destination d’Apple sont les suivantes : mettre fin à la taxe de 30% et permettre aux développeurs de distribuer leur travail sur iOS sans passer par l’AppStore. Comme les autres marques qui s’opposent à la Pomme, l’éditeur lui reproche d’abuser de sa position dominante pour imposer des restrictions déraisonnables aux développeurs et aux clients. Le dossier complet est disponible

unrealengine.com/apple-complaint-734589783.pdf" rel="nofollow">ici
. En ce qui concerne Google, la première accusation est également valable. Mais ce n’est pas le cas de la seconde, puisque Fortnite sera encore disponible sur Android via d’autres canaux de distribution que le PlayStore.

Avec ce coup d’éclat, l’éditeur se place de facto en tête de cette émeute numérique qui compte déjà de grands noms comme Spotify ou Telegram. Contrairement à d’autres acteurs avec des revendications similaires, le détenteur de Fortnite est cependant détenu à hauteur de 40% par Tencent, le géant chinois de l’internet. L’actuel climat de “guerre froide” entre la Chine et l’Amérique n’est peut-être donc pas totalement étranger à la décision de s’attaquer aux deux poids lourds américains.

Une chose est sûre, cette histoire ne fait que commencer mais nous n’avons pas fini d’en entendre parler. Epic Games sera-t-il la goutte d’eau qui fera déborder le vase des GAFAM ? Rien n’est moins sûr tant ils se sont montrés inflexibles jusqu’ici – Apple en particulier. Mais à force d’empiler les noms connus,  il se pourrait bien que cette coalition finisse par obtenir quelque chose en retour. L’annulation de la fameuse taxe, par exemple? C’est très peu probable, d’autant que ni Apple ni Google ne seront enthousiastes à l’idée de se plier aux désirs d’un éditeur aux racines chinoises qui vient de leur adresser un tacle d’envergure.

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Publié par
Antoine Gautherie

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