Un archéologue français déchiffre pour la première fois une écriture vieille de 4000 ans

Science

Par Felix Gouty le

Après plus de quinze ans de recherche, et 120 ans après sa découverte, l'écriture élamite linéaire, vieille de 4 400 ans, a été déchiffrée par un archéologue français.

Les premiers hiéroglyphes égyptiens seraient vieux de plus de 5000 ans (Crédits : AlexanderPaukner / Pixabay).

La France a son nouveau Champollion ! Celui-ci n’a pas déchiffré de nouveaux hiéroglyphes de l’Égypte antique mais une écriture utilisée au Proche-Orient il y a environ 4 400 ans. Cette réussite, dévoilée dans un article très complet de Sciences Et Avenir, a en effet été signée par François Desset, archéologue de Lyon, au terme de plus de quinze ans de recherche. L’écriture déchiffrée est l’élamite linéaire, utilisé dans l’ancien royaume d’Élam (en Iran) aux alentours de 2 300 avant notre ère. Elle est née de l’écriture proto-élamite, datée de – 3 300, jusqu’ici attachée étroitement aux premiers textes cunéiformes mésopotamiens (provenant de l’Irak actuel). Ces derniers étaient, jusqu’à aujourd’hui, considérés comme la seule forme d’écriture aussi ancienne que les hiéroglyphes égyptiens. Cependant, le déchiffrement de l’élamite linéaire François Desset lui permet d’affirmer que les deux systèmes – le proto-cunéiforme mésopotamien et le proto-élamite iranien – ne descendent pas l’un de l’autre mais ont évolué en parallèle. En somme, le premier ne constitue pas une “écriture mère” dont le proto-élamite serait la fille. En réalité, elles sont “deux écritures sœurs.”

Une question d’histoire mais aussi de culture

L’élamite linéaire a été décrite pour la première fois sur des objets découverts en 1901 sur le site antique de Suse, en Iran. Pour la déchiffrer, l’archéologue français a étudié de nombreuses inscriptions royales très répétitives, qu’il a pu “craqué” avec exactitude dès 2017 à l’aide d’une série de vases en argent, surnommés “vases gunagi.” Grâce à ces derniers, le chercheur a pu identifier des noms propres de souverains et de dieux. Il a ainsi reconstitué des phrases comme : “A la dame de Marapsha, Shumar-asu, j’ai fait ce vase en argent. Dans le temple qui sera célèbre par mon nom, Humshat, je l’ai déposé en offrande pour toi avec bienveillance.” 

Avec ce déchiffrement, François Desset donne accès à une écriture liée directement à une langue, l’élamite. Elle devrait donc, comme le souligne Sciences Et Avenir, en relever les subtilités – contrairement à l’écriture cunéiforme, pouvant elle aussi être associée à la langue élamite mais de manière moins précise. “Jusqu’à ce déchiffrement, tout ce qui concernait les populations occupant le Plateau iranien provenait d’écrits mésopotamiens, a déclaré François Desset. Ces nouvelles découvertes vont enfin nous permettre d’accéder au propre point de vue des hommes et femmes occupant un territoire qu’ils désignaient par Hatamti, alors que le terme d’Élampar lequel nous le connaissions jusque-là, ne correspond en fait qu’à un concept géographique externe, formulé par leurs voisins Mésopotamiens.”


Pour en savoir plus sur l’écriture élamite linéaire et cette découverte, nous vous invitons à nouveau à consulter l’article de Sciences Et Avenir.

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