L’Europe valide le rachat de Fitbit par Google, mais à certaines conditions

Business

Par Julie Hay le

Après un an d’enquête, la Commission européenne valide le rachat de Fitbit par Google. La firme n’aura en revanche pas le droit d’utiliser les données de santé des utilisateurs pendant dix ans. Cette échéance pourrait être allongée si le régulateur européen le juge nécessaire.

En novembre 2019, Google annonçait son intention de mettre la main sur Fitbit. L’entreprise américaine, spécialisée en moniteurs d’activité physique, est un nouvel atout dans la manche Google qui peut désormais entrer dans la course aux montres connectées. Cette transaction, conclue à hauteur de 2,1 milliards de dollars, lui permet de concurrencer Apple et Samsung sur un nouveau terrain. Mais il signe aussi l’acquisition par la firme de Mountain View des données de santé des utilisateurs de Fitbit et c’est sur ce point que la Commission européenne chargée de la concurrence enquête depuis août 2020. Quelques mois plus tard, elle donne enfin son feu vert, mais à quelques conditions.

Une interdiction d’utilisation de dix ans

Google a donc l’obligation de ne pas utiliser les données des utilisateurs européens collectées par Fitbit pendant dix ans. Ce délai pourra être aussi allongé de dix ans si la Commission le juge nécessaire. Cela permet au régulateur de s’assurer qu’un cadre légal permettra d’empêcher de futurs abus d’ici là. Google consent également à maintenir l’accès aux données Fitbit via une API Web sans en facturer l’accès aux développeurs tiers. Dans tous les cas, les utilisateurs devront clairement exprimer leur accord ou non pour que Google utilise les données de santé pour d’autres services comme Google Maps ou l’Assistant Vocal. La firme devra aussi maintenir une séparation nette entre ses activités et celle de Fitbit. Elle devra aussi justifier ce rachat par un réel investissement du côté du développement de ses activités avec des premiers produits connectés estampillés Google.

Cette décision arrive quelques jours après la présentation du projet de loi DMA, qui vise à lutter contre le monopole qu’exercent certaines plateformes. Néanmoins, la Commission juge que cette décision est “sans préjudice des efforts de la Commission pour garantir des marchés équitables et compétitifs dans le secteur numérique” relate Techcrunch.