Huawei installera son usine française à Brumath

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Par Olivier le

Huawei va installer une usine en France. Le géant chinois va produire des équipements pour réseaux mobiles à Brumath, dans le Bas-Rhin. Une implantation compliquée pour l'entreprise qui fait face à une levée de boucliers en raison de ses liens présumés avec le gouvernement chinois.

Crédit : Huawei
Crédit : Huawei

Alors que plusieurs sites alsaciens étaient pressentis, c’est finalement à Brumath que Huawei va installer son usine de production de cartes mères pour antennes 2G, 3G, 4G et 5G. Une première pour l’entreprise, les autres sites industriels qui fabriquent cet équipement étant tous basés en Chine. L’usine du Bas-Rhin doit entrer en service en 2023.

Les difficultés de Huawei en Europe

Dans un communiqué, la déléguée générale de Huawei pour la France se réjouit de la nouvelle et se dit heureuse de la coopération avec les autorités locales (la communauté d’agglomération de Haguenau et la Région Grand Est), qui vient renforcer l’engagement de l’entreprise en France. C’est « une excellente nouvelle qui témoigne de la dynamique économique de notre territoire transfrontalier », selon le président de la région, Jean Rottner.

Pour cette implantation européenne, Huawei a notamment choisi la France pour ses infrastructures et la compétence de ses ingénieurs. Le maire de Brumath a souligné que la France avait « ouvert la porte » au groupe et donné son feu vert à son installation sur le territoire. « Nous n’avons aucune crainte particulière », indique-t-il encore.

Pourtant, les craintes sont de mise. Car les équipements 5G de Huawei ne sont pas les bienvenus dans une bonne partie de l’Europe, et aussi… en France ! Le gouvernement interdit le déploiement d’antennes Huawei près des sites stratégiques ainsi que dans les zones de population dense. Il ne reste dès lors plus grand chose. Les équipements de Huawei qui répondent de ces critères devront avoir été retirés d’ici 2028.

L’usine de Brumath pourra-t-elle servir de levier pour aider Huawei à rester dans l’Hexagone ? Le site va représenter 200 millions d’euros d’investissements et à terme, il emploiera 500 personnes, à ajouter aux quelque 1.000 collaborateurs dans les cinq centres de recherche et développement que compte le groupe en France. Il sera difficile de fermer complètement la porte à Huawei dans ces conditions, à moins de supprimer tous ces emplois…

Source: France 3