Des microfibres pour activer des médicaments grâce à la lumière

Science

Par Julie Hay le

Des chercheurs du MIT ont mis au point une technologie microfibre capable d’injecter et activer des médicaments photosensibles plus efficacement

Crédits : MIT

Pour lutter contre les douleurs chroniques, douleurs persistantes, la médecine se tourne vers un nouveau procédé révolutionnaire. Baptisée photopharmacologie, elle consiste à injecter des molécules photosensibles dans les zones douloureuses chez le patient. Concrètement, cela permet de centrer les effets du médicament sur une seule zone et de réduire les effets secondaires. Il est aussi possible de supprimer l’action du médicament lorsque le patient n’est pas exposé à la lumière. Mais cette technologie se confronte à plusieurs problèmes lorsqu’il s’agit de l’injecter dans le corps, surtout aux endroits difficiles d’accès comme le cerveau. “Pour utiliser la lumière pour contrôler l’activité du médicament, la lumière et le médicament doivent être délivrés simultanément aux cellules ciblées. C’est un défi majeur lorsque la cible est quelque part profondément dans le corps” explique Jill Crittenden dans le rapport d’étude publié par le MIT. En effet, des chercheurs de l’institut de recherche sur le cerveau de McGovern semblent avoir trouvé une solution au problème, puisqu’ils ont développé une technologie microfibre capable d’injecter et d’activer simultanément ses médicaments photosensibles dans le cerveau.

L’équipe a utilisé des fibres multifonctionnelles, contenant un canal fluidique, une guide d’ondes optiques composée de nombreuses couches de différents matériaux fusionnés ensemble pour offrir à l’outil une flexibilité et une résistance à toute épreuve. Pour créer des fibres les plus fines possible, ils ont chauffé et tiré une fibre à l’échelle microscopique à l’aide d’un processus appelé étirage thermique. Cela permet à la fibre de devenir plus longue et près de 70 fois plus petite en diamètre.Les expériences de l’équipe sur des organismes vivants ont été concluantes rapportent les scientifiques dans leur rapport. Pour James Frank, l’un des assistants de recherche, “Le matériel présenté dans cette étude sera largement applicable pour contrôler les circuits dans tout le cerveau, permettant aux neuroscientifiques de les manipuler avec une précision accrue”.