Covid 19 : faut-il vraiment porter deux masques ?

Général

Par Julie Hay le

Le CDC américain a constaté une nette augmentation de l’efficacité des masques chirurgicaux, lorsqu’ils étaient combinés avec des masques en tissu. En France, l’Afnor émet quelques réserves.

Crédits : JC Cards / Pixabay.

Il est devenu un produit indispensable à notre quotidien depuis bientôt un an. Le masque est obligatoire dans les lieux publics et la rue, et ce, dans le but de ralentir la propagation du coronavirus. Mais si tous les scientifiques s’accordent à dire qu’il est essentiel, une récente étude américaine laisse penser que le fait de porter deux masques pourrait augmenter l’efficacité du dispositif de 50 %. Selon le Centers of Disease Control and Prevention, la combinaison d’un masque en tissu avec en dessous un masque chirurgical peut améliorer les performances en matière de filtration des gouttelettes, responsables de la transmission du Covid-19 dans l’air. Alors que les masques chirurgicaux non-noués et en tissu ne bloquent respectivement que 42 et 44 % des particules, l’assemblage des deux permet de filtrer 90 % des aérosols expulsés lors d’une quinte de toux. Selon le docteur John Brooks, directeur médical du CDC et co-auteur de la nouvelle étude, «Il y a eu certains nombres de façons différentes, simples, peu technologiques pour permettre aux gens d’améliorer les performances de leurs masques.» Il ajoute, « plus de couches ça aide, un meilleur ajustement est essentiel ». Cela permet aussi d’éviter que certaines gouttelettes s’échappent par les côtés lorsque le masque est trop grand ou pas adapter au visage de son porteur.

Pas recommandé en France

Interrogée par LCI, le jeudi 12 février, l’Afnor appelle à la précaution. L’organisme qui se charge de certifier les masques grand public en France explique : « la pratique du double port de masque génère à nos yeux plus de risques que de bénéfices escomptés ». Cela pourrait selon elle favoriser la manipulation du dispositif et donc les risques de contaminations. Elle s’inquiète aussi de la respirabilité d’un tel attirail « si le masque n’est pas supporté, le porteur peut-être amené à le retirer alors qu’il n’est pas isolé, ou en mesure de se laver les mains ». Pour rappel, en janvier dernier, le Haut Conseil de la Santé Publique avait livré de nouvelles recommandations pour lutter contre la pandémie. Il avait notamment recommandé d’abandonner les masques en tissu faits main, au profit des masques chirurgicaux ou réutilisable de catégorie 1. Quant aux masques FFP2, ils ne sont pas non plus recommandés puisqu’ils sont assez difficiles à positionner correctement sur le visage. Côté distanciation, il faudra aussi prendre un peu de recul et s’écarter d’au moins deux mètres.

Source: LCI