Stadia Games : pourquoi Google a-t-il échoué ?

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Par Elisa Rahouadj le

Si on ne sait toujours pas clairement ce qui a conduit à la fermeture prématurée de Stadia Games, il est clair que Google a commis quelques erreurs qui lui auraient coûté cher.

Crédits : Google

Dans un long papier consacré à l’histoire de Stadia Games, de sa conception à sa fermeture, Wired a pointé du doigt les erreurs commises par Google qui ont poussé l’entreprise à fermer son studio de jeux vidéo. Dans un premier temps, il est souligné que Google est une entreprise de technologie, et non pas une entreprise créatrice de contenus, ce qui signifie une grande différence dans la manière de procéder lorsqu’il s’agit de création. Lorsqu’elle s’est lancée dans la production de jeux vidéo en 2019, l’entreprise a engagé 150 développeurs et mis Jade Raymond à la tête du studio. Malgré tout l’argent alloué et le nombre important de créateurs disponibles, Google n’a pas réussi à s’intégrer parmi les autres producteurs de jeux dont c’était le domaine de prédilection depuis des années. Pourtant, il y avait beaucoup de potentiel puisqu’une partie des employés venaient tout droit de studios réputés comme Ubisoft ou EA.

La tech et les jeux vidéo, deux mondes bien différents

Selon Wired, l’une des erreurs de Google, c’est d’avoir voulu produire des jeux pour promouvoir Stadia et non pas pour le mérite de produire des jeux. Le but des jeux étaient de montrer les différentes technologies de Stadia, tel que le State Share, et de les mettre en lumière de manière spécifique dans les jeux. Google n’aurait pas saisi la complexité du processus de création de jeux vidéo, sous-estimant les ressources humaines et financières nécessaires au développement d’un jeu vidéo. Certains employés expliquent même qu’ils se sont sentis bloqués dans leur création par les décisions de Google, notamment celle d’arrêter le processus de recrutement ou d’imposer la compatibilité avec certaines fonctionnalités de Stadia. L’approche de Google aurait toujours été trop méthodique et arrêtée alors que la production de jeux est un milieu très créatif, en mouvement et bien plus souple que celui de la technologie, dans lequel Google est un maître incontesté.

Une autre erreur a été de ne pas proposer de titre first-party dès le lancement de Stadia en novembre 2019. Cela aurait apporté une réelle plus-value et aurait affirmé l’engagement de Google dans l’industrie du jeu vidéo. De plus, la première acquisition de Stadia Games a été Typhoon Studios, qui est à l’origine du jeu Journey to the Savage Planet sorti en 2020. Le jeu a fait sensation mais n’a pas révolutionné l’industrie du gaming comme l’avait prétendu Phil Harrison lors de sa présentation de Stadia Games en 2019. Pour certains, Google aurait dû investir plus d’argent dans l’acquisition de différents studios, comme le fait actuellement Microsoft, que dans la création pure, au moins pour se lancer dans l’industrie de manière efficace.

La décision de Google de fermer Stadia Games était peut être un peu prématurée, si l’on en croit des « formidables progrès du studio » mentionnés par Phil Harrison dans son mail du 27 janvier aux développeurs de Stadia. À ce jour, les 150 développeurs ayant perdu leur travail ne comprennent toujours pas pourquoi cette décision a été prise aussi rapidement, seulement un an et demi après l’ouverture du studio.

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Source: Wired