Guide d’achat : bien choisir sa TV HD

La 3D

S’il y a encore un an, on faisait le choix entre un téléviseur 3D ou 2D, ceci est de moins en moins vrai. La fonctionnalité 3D est de plus en plus présente par défaut.

D’emblée, il faut avoir à l’esprit qu’elle ne s’oppose en rien à l’affichage 2D. Un téléviseur ne fait pas l’un au détriment de l’autre. Les meilleurs téléviseurs sont presque systématiquement capables d’afficher de la 3D, pour la simple et bonne raison qu’il s’agit des modèles les plus récents.

Il existe deux technologies d’affichage 3D. La technologie 3D dite active consiste à afficher alternativement une image à un oeil puis une autre en jouant sur des filtres actifs implémentés directement dans les lunettes. Seule cette technologie permet d’afficher de la 3D en 1080p. Les lunettes sont plus onéreuses et doivent être souvent rechargées électriquement. La technologie ayant progressé, les lunettes fonctionnent maintenant souvent avec une pile qui leur assure une autonomie durant plusieurs années.

L’image produite souffre d’un manque de luminosité même si des progrès ont été réalisés depuis les premiers modèles. Les modèles les moins bons affichent des images parasites ou plutôt fantômes (on parle de “ghosting”).

©Shutterstock. Découvrez plus de 20 millions d'images HD libres de droit
©Shutterstock. Découvrez plus de 20 millions d'images HD libres de droit

La 3D dite polarisée ou passive est finalement la plus en vogue. LG l’a défendue bec et ongles. Les lunettes sont peu onéreuses (un ou deux euros tout au plus), mais on est en présence d’un flux 720p.

Précisons également qu’il n’est nul besoin que l’adaptateur TNT (intégré à la TV ou bien de votre box ADSL par exemple) soit “3D”. Le flux se compose tout simplement de deux images compressées qui arrivent cote à cote (on parle de “side by side”). C’est indépendant du tuner puisque c’est le téléviseur qui se charge de restituer correctement ce flux en images 3D.

Pour l’heure, c’est le manque de contenu qui joue contre la 3D. À titre d’exemple, la chaîne dédiée 3D de Canal+ (sur le bouquet CanalSat) n’existe plus et il n’était pas trivial de voir les JO de Londres en 3D alors même qu’ils ont été captés en 3D. Plutôt que le contenu, ce sont donc les moyens de vous les faire parvenir qui manquent encore cruellement.

Pour remédier ce problème, de nombreux constructeurs ont développé une conversion 2D/3D à la volée (aussi bien pour les technologies actives que passives). Ainsi testée sur le téléviseur Philips 46PFL8008 (modèle avec 3D à technologie active), force est de constater que cela fonctionne très bien. Cette conversion temps réel peut-être modulée suivant le rendu désiré (avec effet 3D plus ou moins important). Il ne s’agit pas d’effets jaillissants mais plutôt d’une 3D en profondeur.

On notera que certains constructeurs, Toshiba et Sony en tête, ont développé des écrans 3D sans lunettes. La technologie (implémentée dans la Nintendo 3DS et dans certains smartphones, voire tablettes) n’est pas encore adaptée à des écrans de plus grande taille (l’image n’est correctement restituée en 3D qu’à certains endroits précis).

Les autres spécificités

Si l’image est le premier critère de choix d’un téléviseur, il n’en reste pas moins que d’autres éléments doivent être pris en compte.

On parle souvent de smart TV ou de TV connectée, mais est-il nécessaire d’opter pour des fonctionnalités finalement déjà présentes via nos boxes ADSL ou bien grâce à des modules séparés tels que l’Apple TV ou les Google TV ? On peut rapidement escamoter la question puisque cette fonctionnalité tend à être présente par défaut sur les nouveaux modèles. Philips propose les modèles Smart TV qui offrent un magasin applicatif (avec des applications telles que Spotify, Cloud TV, Cloud Explorer, Skype…) tout comme Samsung qui propose sa plate-forme également baptisée Smart TV. Mais, la plupart des constructeurs a une offre de modèles connectés qui devient majoritaire.

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Les moteurs de rendu qui équipent les téléviseurs permettent d’améliorer la qualité du flux. On y prêtera donc attention même s’il reste difficile d’avoir une idée de leur impact sur la qualité de l’image simplement au regard du processeur et de sa fréquence.

Les constructeurs se sont penchés sur l’interface utilisateur afin de remplacer la sacrosainte télécommande IR. Samsung y va ainsi des commandes vocales et gestuelles avec les modèles des séries 7000 et 8000. LG n’est pas en reste avec une approche toutefois différente. Le constructeur sud-coréen, tout comme Philips avec certains modèles, opte pour une télécommande type Wiimote (dotée donc de gyroscopes et autres accéléromètres) qui permet d’afficher un pointeur à l’écran.

On pourra également veiller à ce que la télécommande permette de gérer plusieurs appareils via le HDMI (grâce au protocole CEC). Le rétroéclairage des boutons de la télécommande peut aussi être un plus.

Le HbbTV

La télévision numérique offre des perspectives nouvelles. Enrichir le flux est le nouvel Eldorado que les diffuseurs vont investir. Des standards existent déjà pour un super télétexte et ajoutent du contenu enrichi et interactif au flux composé d’images. Plusieurs chaînes de télévision l’exploitent d’ores et déjà le HbbTV (Hybrid Broadcast Broadband TV). Il a notamment été introduit à titre expérimental pour la quinzaine de Roland Garros en 2011. Il est maintenant utilisé par les chaînes de ce groupe et d’autres de façon plus systématique. Il faut veiller à ce que le téléviseur supporte ce standard.

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Il devrait se démocratiser et va réellement apporter des éléments novateurs et pertinents à la télévision. Toutefois, les constructeurs de HDTV ne communiquent pas beaucoup sur ce standard et les diffuseurs n’en font pas encore véritablement la promotion.

Ambilight + HUE

Si toutes les offres tendent à se ressembler, c’est avant tout la qualité de l’image qui devra guider votre choix. Toutefois, pour se différencier et apporter un plus en terme d’expérience utilisateur, TP Vision, la co-entreprise entre la société chinoise TPV Technology et Royal Philips Electronics, propose la technologie Ambilight sur de nombreux téléviseurs.

Exclusif aux téléviseurs Philips, l’Ambilight crée un éclairage dynamique autour de l’écran reprenant les tons dominants affichés par le flux vidéo. La fonction est très agréable et contribue indéniablement à l’immersion. D’aucuns préféreront recréer l’ambiance salle obscure en la désactivant pour regarder un film (d’un simple appui sur un bouton). Mais elle s’avère très appréciable pour regarder un concert, des retransmissions sportives ou bien jouer à des jeux vidéo. Cet éclairage peut également être utilisé HDTV éteinte pour créer une lumière d’ambiance à l’instar du “living colors IRIS” du constructeur.

De surcroît, Philips a eu la bonne idée de prolonger cet éclairage dynamique caméléon à ses ampoules HUE. Moyennant un petit boîtier connecté en Ethernet à votre réseau local, vous pouvez ainsi synchroniser l’éclairage Ambilight à celui des ampoules HUE. Dans cette optique, une application gratuite baptisée Ambilight+HUE est disponible sur les magasins applicatifs d’iOS et d’Android.

Ces ampoules et le hub HUE de Philips peuvent également être utilisés indépendamment pour créer une ambiance lumineuse (on peut aussi régler une minuterie via l’application HUE).

Un kit comprenant le pont HUE et trois ampoules est proposé dans le commerce.

4K / Ultra HD

L’Ultra HD / 4K est dans les starting blocks avec des produits déjà proposés sur le marché. Si les premiers modèles étaient très onéreux, certaines marques ont déjà commencé à baisser les tarifs.

On devrait parler uniquement de Ultra HD (pour Ultra High Definition) puisque le CEA (Consumer Electronics Association) a officialisé cette appellation en octobre 2012. Avec ce nom, l’idée est de chasser toute confusion avec la 4K du cinéma numérique dont la définition est légèrement différente (4096 par 2160 pour un total de 8.8 MPixels) eu égard au ratio d’image différent.

Avec l’Ultra HD, ce sont pas moins de 8.3 millions de pixels qui sont affichés contre un peu plus de 2 millions pour la Full HD (1080p). C’est donc 4 fois de plus de pixels que le 1080p grâce à cette définition de 3840 pixels sur chacune des 2160 lignes avec un ratio 16:9.

Pour faire transiter des flux Ultra HD, il est nécessaire que les appareils (dont la HDTV) disposent d’entrées HDMI 2.0. Grâce à cette norme 2.0, le bande passante passe de 10.2 Gb/s à 18 Gb/s, ce qui est nécessaire pour assurer la transmission de 2160/60p (2160p à 60 ips).

Le support du codec HEVC doit aussi être de la partie pour décoder les vidéos Ultra HD. Deux fois plus efficace que le codec AVC/H.264 (qu’il va remplacer), il permet de faire transiter des vidéos Ultra HD sans qu’il soit nécessaire d’augmenter outre mesure la bande passante.

L’arrivée prochaine de Bluray de 100 Go de capacité devrait compléter le tableau (les studios disposent déjà de nombreux masters en 4K).

Au final, la question est de savoir s’il est pertinent d’acheter une HDTV 1080p alors que l’Ultra HD monte en puissance. S’il est difficile de répondre à cette question, on peut toutefois apporter plusieurs éléments de réponse.

L’Ultra HD n’a véritablement de sens que sur de grands téléviseurs (55 pouces et plus).

D’autre part, la véritable révolution sera peut-être la démocratisation des dalles OLED. La qualité d’image qu’elle apporte (avec des noirs d’une profondeur abyssale et des contrastes ultra élevés) est directement liée au véritable changement de technologie que constitue l’OLED. Mais, les tarifs de ces téléviseurs restent très élevés (surtout s’ils proposent une définition Ultra HD) et il faudra patienter encore plusieurs années avant qu’ils ne se démocratisent véritablement.

Acheter un téléviseur Full HD reste pertinent actuellement (ce sera moins vrai en 2015). Il faut avant tout se concentrer sur la qualité d’image pour faire son choix et privilégier les modèles Full LED plutôt que Edge LED par exemple.

Conclusion

Le numérique était le passage obligé pour assurer une évolution à la télévision. Des possibilités insoupçonnées en termes de qualité et de richesse du contenu s’ouvrent dès lors. Après avoir largement fait la promotion de la 3D, les constructeurs sont revenus pour la plupart d’entre eux à la qualité de l’image (c’est probablement ce que le consommateur attendait le plus). On pense notamment à Sony et son modèle HX850.

Les constructeurs s’orientent désormais vers l’OLED (Sony a développé une alternative avec le Crystal LED que la société semble toutefois avoir délaissé au profit de l’OLED) et l’Ultra HD.

Mais l’autre révolution pourrait bien arriver au détour de contenus enrichis et interactifs tels qu’on les a entrevus avec le HbbTV.

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