Critique

[Critique] Dofus – Livre I : Julith

Cinéma

Par Antoine le

Cela fait plus de 11 ans que les serveurs de Dofus sont en ligne, c’est donc un univers riche et complet qui a eu le temps de se mettre en place au fil des ans et des mises à jours. D’ailleurs, 1,5 million de joueurs continuent de se connecter chaque mois à ce MMORPG. Un succès dans le temps qui a permis aux équipes de l’éditeur, Ankama, de développer tout un écosystème transmédia autour cet univers. Le studio français a déjà édité une série animée et plusieurs bandes dessinées mais ne souhaite pas s’arrêter là. L’éditeur signe aujourd’hui un film d’animation pour grand écran : Dofus – Livre I : Julith.

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Pour commencer, que vous soyez ou non de fin connaisseur de l’univers de Dofus n’a pas vraiment d’importance. Le film est écrit de telle façon que même le béotien des univers d’Ankama puisse suivre cette aventure et à aucun moment vous aurez l’impression d’avoir manqué quelque chose.

Cette aventure est l’occasion de suivre Joris, un orphelin qui coule des jours heureux dans la ville de Bonta aux cotés de son père adoptif, un vieil homme chat du nom de Kerubim Crépin. La vie de Joris bascule quand il décide de désobéir à Kerubim pour se rendre à une séance de dédicaces alors que la sorcière Julith revient pour prendre sa revanche sur la ville de Bonta.

Lors de son introduction, le film nous explique d’ailleurs que cette sorcière a été défaite par le protecteur de Bonta alors qu’elle essayait de réduire la ville en cendres. Une histoire manichéenne qui ne l’est en fait pas vraiment… pour des raisons que l’on ne peut pas donner ici pour des raisons évidentes de spoiler. Ce qui est sûr, c’est que le film n’aura de cesse de casser les frontières entre le bien et le mal, au travers de thèmes plus graves les uns que les autres.

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La famille, le couple ou encore le désir sont des sujets abordés ici, parfois de manière assez simples mais le plus souvent avec justesse. Au début du film notamment, Joris est un orphelin qui s’imagine des parents extraordinaires alors que sa meilleure amie, qui est aussi orpheline, refuse d’avoir des parents adoptifs pour ne pas être abandonnée encore une fois. Une situation qui place presque au second plan la famille qu’ils forment, de facto, avec le père adoptif de Joris.

Cependant, cette justesse de ton disparaît dès que les créateurs se sont essayés à l’humour. Il n’y a pas réellement de faute de goût mais un certain décalage se fait sentir et le film passe rapidement, voire brusquement, des rires aux larmes ou de la gravité au ridicule. On peut d’ailleurs s’étonner du coté adulte de certains traits d’humour alors que d’autres sont clairement pensés pour les enfants. On aurait aimé que l’humour soit parfois un peu plus léger, même si au bout du compte, c’est en partie ce qui rend les personnages attachants.

L’histoire est bien construite, et même si certains raccourcis sont pris par moment, on se plonge assez agréablement dans les aventures de Joris et de ses amis pour sauver la ville. Cependant, même si le film donne de grands enjeux aux aventures de nos personnages, ces derniers ne sont qu’un prétexte et s’effacent rapidement pour donner lieu à une histoire de famille qui ne concerne vraiment que les personnages. Le film profite d’ailleurs d’une fin efficace même si elle reste assez convenue.

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Pour la partie animation, Ankama a produit tout le film dans ses studios de Roubaix. Le film reprend le style visuel de l’univers transmédia mis en place par Ankama et il faut bien dire que c’est assez réussi. Il faudra accrocher au design un peu cartoon de certains personnages mais dans l’ensemble l’animation et les dessins flattent l’oeil. L’introduction du film et les scènes d’action font preuve de dynamisme tout en gardant une esthétique assez épurée, ce qui leur permet de garder une très bonne lisibilité. Les plans éloignés de la ville et d’un autre lieu que l’on découvre au fil des aventures de nos héros sont particulièrement réussis.

Le film profite d’une musique jouée par l’Orchestre National de Lille et composée par Guillaume Houzé. Les morceaux qui accompagnent les personnages savent se faire discrets mais permettent de donner un rythme et une touche plus profonde émotion à certaines scènes qui en profitent grandement.


Au bout du compte, ce premier long métrage est plutôt bon. Les personnages sont attachants et profitent d’un scénario bien écrit qui les fera évoluer tout au long du film. Chaque personnage a sa personnalité et ses défauts, mis à part Joris, qui est peut-être un peu trop innocent et sage. Le film souffre aussi de certains décalages entre l’humour des personnages et les moments dramatiques de l’histoire qui s’entrecoupent sans réelles transitions. Ces petits défauts sont néanmoins gommés par des dessins et une musique de qualité, qui donnent à Dofus – Livre I : Julith l’étoffe d’un dessin animé réussi. Le film ravira sûrement les fans de l’univers et permettra à tout le monde, petits et grands, de passer un bon moment.

5 réponses à “[Critique] Dofus – Livre I : Julith”

  1. Pour l’avoir vu ce Samedi lors du Festival de la Bande Dessiné, j’ai personnellement bien apprécié le film, je connaissais Dofus (pour sa réputation de jeu kikoo) j’ai été agréablement surpris par le film et cela m’as donné envie de jeter un coup d’œil à la série Wakfu dont la saison 3 arrivera prochainement.

    En tout cas, bon film.

  2. Je ne connaissais pas du tout, mais j’ai vu des affiches en faisant ma marche du matin et j’ai trouvé les dessins très originaux, ça me fait plaisir de savoir que c’est français 🙂

  3. La toute dernière série (ou saison) de wakfu sortie est très agréable à regarder; dans la continuité des autres mais en mieux (et un peu plus grave), avec un format différent cette fois-ci : 3 épisodes de 40 minutes environ.
    J’ai aimé dès le départ la série bien que n’ayant jamais approché l’univers autrement (ni jeu, rien) mais j’aime bien le style et la qualité d’animation, l’univers et les références qui y courent (même si dès fois ça peu être lourdingue ou tomber un peu à plat) c’est une bonne tranche de marrade 🙂
    Elles sont plutôt rares les séries animés de cette qualité en France donc le film m’intéresse évidement d’autant plus!

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