Dossier

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Espionnage et drames

Cinéma

Par Julien Paillet le

La mémoire dans la peau (2002)

Réalisé par Doug Liman en 2002, le premier volet de la trilogie Jason Bourne est un excellent film d’espionnage qui aura réussi à marquer le genre et la carrière de son interprète principal, à savoir Matt Damon. Avec son personnage amnésique poursuivi par une mystérieuse organisation, La mémoire dans la peau s’inspire tout autant du chef-d’oeuvre d’Alfred Hitchcock, La mort aux trousses, que des grandes icônes du cinéma d’action telles que John McClane et James Bond. Dans ce contexte, il est amusant de constater que, paradoxalement, la saga aura fortement influencé celle de l’espion anglais incarné par Daniel Craig. Cette dernière, qui abandonne la direction fantaisiste prise à partir de 2006 (période Pierce Brosnan), a ainsi vu son univers devenir bien plus réaliste.

Mais La mémoire dans la peau vaut également pour ses quelques scènes devenues plus ou moins cultes depuis sa sortie. Le fameux duel de sniper entre Clive Owen et Matt Damon prenant place en plein milieu de la campagne en est peut-être le meilleur exemple. La séquence est à elle seule un sommet de tension dramatique qui réussit à élever l’oeuvre au-dessus du simple tout-venant.

Cependant, c’est avec son second opus que le film ne deviendra véritablement un petit classique du cinéma d’action. Grâce à son nouveau réalisateur, un certain Paul Greengrass, alors inconnu du grand public à l’époque.


La mort dans la peau (2004)

Changement de réalisateur avec ce second opus, et changement radical de style. C’est donc Paul Greengrass qui ici succède à Doug Liman. Et impose le personnage de Jason Bourne comme l’une des nouvelles icônes du film d’action et de la culture populaire.

Au style très classique de son prédécesseur, Greengrass apporte une touche de réalisme directement héritée d’Une Journée en enfer (Die Hard 3) de John Mctiernan. Avec sa shaky-cam (caméra à l’épaule), le cinéaste dynamise ses courses poursuites et autres filatures en leur donnant une dimension que beaucoup de critiques de l’époque comparent à du “documentaire”. Une petite révolution.


La vengeance dans la peau (2007)

Paul Greengrass rempile derrière la caméra pour conclure la trilogie initiale. Forcément moins surprenante que La mort dans la peau, la mise en scène en reprend la formule gagnante en y appliquant la loi du bigger and louder.

Les morceaux de bravoure y sont donc plus spectaculaires, mais le film se montre dans sa globalité moins mémorable. Toutefois, le film restera dans l’histoire pour cette course poursuite où Bourne saute de toit en toit. Une référence instantanée qui sera reprise l’année suivante dans L’incroyable Hulk de Louis Leterrier jusqu’à la décennie suivante avec Fast and Furious 5 (2011) et Skyfall (2012).

Depuis La Vengeance dans la peau, la saga s’est déclinée au cinéma avec deux autres épisodes. Le moyen Jason Bourne : L’Héritage en 2012 et le médiocre Jason Bourne en 2016.


The Immigrant (2013)

Film le moins aimé (et le moins connu) du réalisateur James Gray, The Immigrant est pourtant un drame de très haut niveau. En 1921,  Ewa (Marion Cotillard) et sa sœur Magda arrivent à New York après avoir quitté leur Pologne natale. Mais une fois arrivée sur la terre promise, Magda est atteinte de tuberculose. De son côté, Ewa, seule et perdue dans la ville, rencontre Bruno (Joaquin Phoenix), un souteneur sans scrupule. Dans le but de sauver sa sœur, la jeune femme va alors accepter de se prostituer. Dans ce quotidien sombre et désespéré, l’arrivée d’Orlando (Jeremy Renner), un charmant illusionniste, va lui apporter un peu d’espoir. Mais très vite, un dangereux triangle amoureux va se mettre en place entre l’homme, Ewa et Bruno.

Avec son casting de stars, The Immigrant poursuit l’oeuvre de Gray avec une sensibilité et une maîtrise de la mise en scène “classique” impressionnante. Sans doute moins accessible que Two Lovers ou La Nuit nous appartient de par son rythme plus lent et son esthétique que certains jugeront trop “froide”, le métrage demeure pourtant une superbe tragédie sur la misère, l’être humain et l’amour. Marion Cotillard y trouve sans doute son meilleur rôle. Tandis que Joaquin Phoenix y est phénoménal comme à son habitude. Jeremy Renner, en magicien, se montre quant à lui exceptionnel de justesse. Un drame romanesque aussi précis qu’exigeant.

Ray (2005)

À la manière de BB King, Elvis, Hendrix, Ray Charles est une des personnalités qui a le plus profondément marqué la musique contemporaine américaine. Sorti en 2005, le film de Taylor Hackford retrace la vie de ce musicien (et chanteur) aveugle de génie, durant une carrière qui a duré plus de cinquante ans.

Sans tomber dans le pathos et la compassion facile, le long-métrage permet de découvrir la force phénoménale qui a animé l’artiste toute sa vie. L’occasion d’assister à la plus belle performance de Jamie Foxx (Django, Colateral), littéralement habité par le personnage. Sa prestation de très haut vol lui vaudra d’ailleurs l’oscar du meilleur acteur en 2005. On apprécie que l’œuvre se base avant tout sur la musique, en montrant comment ce dernier a réussi à la faire évoluer au travers des âges, de façon parfois assez visionnaire. La réalisation reste conventionnelle, mais Hackford n’omet pas non plus d’évoquer les côtés sombres de l’artiste. Une belle réussite.