Dossier

Les 10 films et séries à voir en mars sur Netflix

Divertissements américains

Cinéma

Par Julien Paillet le

Spider-Man (2002)


En 2000, Bryan Singer inventait le film de super-héros moderne avec X-Men. Le film, brillant dans la construction de ses personnages, marquait néanmoins ses limites en termes de mise en scène en se montrant souvent incapable de proposer des séquences d’actions dignes de ce nom. Il aura fallu attendre 2002 et la sortie de Spider-Man pour découvrir enfin tout le potentiel d’une adaptation de comic book super héroïque sur grand écran. Réalisé par Sam Raimi (Evil Dead, Jusqu’en Enfer), le film marqua les esprits grâce à son découpage enlevé et le style proprement époustouflant de son metteur en scène. C’est bien simple, encore aujourd’hui, la trilogie du cinéaste d’Intuitions continue de faire autorité sur le genre.

Si le style de Raimi se vit transcender par la suite avec le sublime Spider-Man 2, le premier volet de l’homme-araignée peut se targuer d’avoir été le premier (et le dernier ?) à avoir parfaitement compris le matériau d’origine. En alliant sens du cadre, idées de mise en scène révolutionnaires (les plans-séquences impossibles suivant le héros qui se balade entre les buildings de la ville) et récit aussi intimiste que spectaculaire, le métrage parvenait à proposer un divertissement de haute volée capable de matérialiser à l’écran les planches de comics les plus folles imaginées dans les années 1960 par Stan Lee et Steve Dikto.

Avec son scénario évoquant métaphoriquement le passage à l’âge adulte, sa fin bien loin du happy end habituel et sa dramaturgie de tous les instants (superbe premier acte de la love story impossible entre Peter Parker et Mary Jane, début de rivalité fratricide avec Harry Osborn, figure du père maléfique et mythologique, etc), Spider-Man fit découvrir au monde entier le talent d’un Sam Raimi au sommet de son art. Bref, on pourrait revenir sur le métrage durant des heures. On vous laisse à la place le soin de redécouvrir le métre étalon des films Marvel sur le network américain, à l’heure où le genre est de plus en plus sclérosé par un non-sens narratif perturbant et des séquences d’action qui semblent générées automatiquement par ordinateur.

Mary à tout prix (1998)


En 1998, sort sur les écrans le nouveau film des frères Farrelly. Les deux hommes en ont jusqu’alors réalisé deux. Le premier, Dumb et Dumber (1994), est une comédie culte au succès retentissant mettant en scène Jim Carrey et Jeff Daniels. Le second, Kingpin (1996), fait un flop en ne rapportant que 25 millions de dollars pour un budget de 27. Mary à tout prix, dans ce contexte, permet au tandem de cinéastes de renouer avec le public.

En prenant le genre de la comédie romantique et en lui apposant un humour trash, le film des frères Farrelly parvient à proposer un film aussi drôle que sincère. Le tout servi par une narration exemplaire, sans doute la plus maîtrisée de toute leur carrière. Depuis, quelques séquences sont passées à la postérité. On se souvient notamment de celle, cocasse et lubrique, du sperme/gel dans les cheveux de Cameron Diaz. Où lorsque l’art du mauvais goût raffiné touche au sublime. Du classique à revoir en boucle.

Dark Crystal (1982)

 

Film de fantasy culte des années 1980, Dark Crystal est signé par les marionnettistes et réalisateurs de génie Frank Oz et Jim Henson. Le travail effectué, colossal, est, à l’écran, une merveille de poésie évoquant aussi bien Star Wars que la future trilogie du Seigneur des anneaux.

Près de 35 ans plus tard, Dark Crystal va prochainement faire l’objet d’une série sur Netflix. On ne sait pas encore si la “magie” du chef-d’oeuvre d’origine sera toujours présente mais on reste impatient de découvrir le show. En espérant avoir affaire à une réussite un minimum inspirée plutôt qu’à une oeuvre ne se nourrissant, une fois de plus, que d’une nostalgie tristement superficielle.

Hercule (1997)

 

Inspiré par la mythologie grecque et le personnage d’Hercule, le 35e classique d’animation des studios Disney est un film quelque peu oublié depuis sa sortie initiale en 1997. Une injustice étant donné la qualité du métrage. D’une grande inventivité visuelle, ce dernier ressemble à un cartoon fou capable de passer du drame à la comédie en une séquence.
Totalement décomplexé et réellement “fun”, on retiendra notamment du film ce passage impressionnant voyant le héros, fils de Zeus, défier l’hydre de Lerne. L’affrontement était aussi épique que terrifiant pour n’importe quel enfant découvrant les images à l’époque.

Il faut aussi se souvenir de l’un des meilleurs méchants jamais faits par Disney. En matérialisant le Dieu des Enfers, Hadès, le film pouvait compter sur un personnage ultracharismatique aux accès de colère anthologiques et purement visuels jouant sur les flammes composant le corps du protagoniste. Jouissif.

I, Robot (2004)

 

Inspiré par les écrits d’Isaac Asimov, et plus particulièrement par Les Robots, Les Cavernes d’acier et la célèbre nouvelle Le Robot qui rêvait, I, Robot est un film particulier et tiraillé entre plusieurs aspirations. D’un côté, le métrage se veut être un véhicule à la gloire de Will Smith.

A cette époque au sommet de sa célébrité, l’acteur ne semble pas pouvoir faire autre chose que de tourner dans des blockbusters familiaux susceptibles d’asseoir sa supériorité économique au box-office international. D’un autre côté, I, Robot est aussi le projet très ambitieux de réaliser un film de science-fiction exigeant et visionnaire puisant sa source dans une oeuvre littéraire incontournable.

De la complexité des thématiques abordées par Asimov, le métrage se contentera du strict minimum en s’imposant une vision très (trop) accessible en préférant le grand spectacle à la réflexion. Malgré tout, I, Robot, grâce au talent saisissant de son metteur en scène Alex Proyas (Dark City, The Crow) demeure un blockbuster estival d’une fluidité exemplaire et aux séquences d’actions souvent époustouflantes. Même si on rêverait de voir les fameuses trois lois de la robotique remises au goût du jour, il est impossible de ne pas reconnaître le savoir-faire de l’entreprise en matière de pur divertissement.

Annihilation (2018)

 

Deuxième long métrage pour Alex Garland, l’homme à l’origine des scénarios (entre autres) de Danny Boyle. On lui doit ainsi les très bons 28 jours plus tard et Sunshine en 2002 puis 2007. Le scénariste a ensuite fait ses premiers pas derrière la caméra avec l’ambitieux et singulier Ex-Machina en 2014. Un thriller de science-fiction curieusement plus intéressant dans sa mise en scène atmosphérique que dans son scénario qui traite davantage des jeux de manipulation entre ses personnages que de son sujet central, à savoir l’intelligence artificielle.

On a donc très hâte de découvrir le 12 mars prochain sur Netflix ce nouveau long métrage. En espérant qu’il ne s’agisse pas d’une nouvelle exclusivité aussi médiocre que les récents Cloverfield : Paradox et Mute. Le film aurait été vendu à la plateforme de streaming américain en raison de son profil, plus à même de séduire une niche d’amateurs de série B prometteuses que d’attirer le grand public au cinéma. Lorsque l’on connaît le roman et ses influences lovecraftiennes, on ne peut en tout cas que se montrer impatient de voir le métrage dans son intégralité.

On est très confiant sur la réussite potentielle de ce film qui devrait évoquer aussi bien le Premier Contact de Dennis Villeneuve que le Stalker de Tarkovsky.