Dossier

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les sexbots (sans jamais oser le demander)

À qui sont destinés les robots sexuels ?

Robots

Par Amandine Jonniaux le

On a souvent tendance à penser que les sexbots constituent un marché de niche. Dans la réalité, les choses sont un peu plus complexes. Avec un marché estimé à 30 milliards de dollars en 2018 selon The Guardian, la sex tech a le vent en poupe. Elle ne sera peut-être jamais un produit mainstream mais le marché a explosé ces vingt dernières années au Japon, propulsé par les progrès de la robotique et de l’intelligence artificielle.

“Mieux vaut être avec un robot qu’être seul” – David Levy, dans « Love & Sex with Robots »

Pour David Lévy, expert en AI et auteur de l’essai Love & Sex with Robots, les sexbots ont été conçus pour répondre à une solitude affective qui touche de plus en plus de célibataires au XXIe siècle (18 millions en France selon un recensement de l’Insee en 2016). 

Crédits : X-Dolls via Facebook

Combien ça coûte ?

Si le marché des sexbots est en pleine expansion depuis quelques années, le prix des poupées robotisées a de quoi donner le tournis. Pour espérer s’offrir aujourd’hui un modèle de la marque RealDoll, il faut débourser au moins 6 000 $ (5 200 €). Livrée avec toutes les options disponibles, Harmony culmine quant à elle à près de 15 000 $ (13 200 €). A ce prix-là, tout est personnalisable, depuis la forme de ses yeux jusqu’à sa pilosité intime. Un prix très élevé entre autres lié à la fabrication encore “artisanale” des sexbots. D’ici quelques années, l’industrie des love doll devrait automatiser le processus de fabrication réduisant considérablement leur coût de revient.

En attendant que le marché devienne plus abordable, les sex dolls sont également disponibles à la location. En France, l’établissement XDolls situé à Paris propose de débourser 89 € pour passer une heure avec Lily, Candice, Sofia ou Sarah. 

Et les sexbots masculins ?

Le sujet de sexbots est presque exclusivement abordé via le prisme d’une relation hétérosexuelle entre un homme humain et une femme robot, il existe aussi quelques robots sexuels masculins sur le marché. Pour la marque TrueCompanion, c’est Rocky qui fait office de sextoy (presque) vivant. De son côté, la marque RealDoll a annoncé l’arrivée en 2019 de Henry, 1m80 de silicone et de robotique destiné au plaisir féminin. Conçu comme son alter-ego Harmony, le sexbot pourra raconter des blagues, courtiser sa propriétaire, et bien sûr avoir des relations sexuelles avec elle. Une initiative encore minoritaire sur le marché des love dolls.

Situation amoureuse : c’est compliqué

Si le sexbot le plus élaboré du monde n’a d’intelligent que les hommes et les femmes derrière sa fabrication, les sentiments développés par certains propriétaires de robots sexuels n’en sont parfois pas moins réels. Au Canada, un jeune américain a construit de toute pièce sa femme parfaite qu’il a baptisée Aiko.

Une fiancée pas comme les autres – Crédits Diaphana Films

En 2017 en Chine, un trentenaire a même épousé une poupée sexuelle avec qui il entretenait une “relation” depuis plusieurs mois. Faute d’avoir trouvé une femme en chair et en os, cet expert en intelligence artificielle espère, à terme, améliorer sa promise pour lui apprendre à se déplacer de façon autonome. Le risque, pointait Serge Tisseron  dans son essai Le jour où mon robot m’aimera est que « l’homme finisse par attendre de ses semblables qu’ils ne se comportent comme des robots”.