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Bébés génétiquement modifiés : comment CRISPR pourrait redéfinir l’humain

Eradiquer la faim dans le monde, guérir n’importe quelle maladie ou créer de toute pièces une nation de super-bébés : depuis que CRISPR/Cas-9 a colonisé le paysage médiatique, tous les fantasmes semblent graviter autour de cette technologie. L’occasion de nuancer les rumeurs qui en font tantôt la panacée absolue, tantôt le début de la fin de l’humanité, et d’aborder une partie des problématiques biologiques et éthiques qui y sont liées.  

CRISPR/Cas-9 est un outil qui permet de modifier de façon ciblée une séquence d’ADN. En modifiant le génome d’un organisme à un stade très précoce de son développement, on peut en quelque sorte “reprogrammer” ce que sera la version adulte de cet organisme. Aujourd’hui, on commence même à se rapprocher d’ applications à des organismes entièrement développés.

Il en résulte un outil d’une puissance quasi-infinie, avec des applications très concrètes à la clé : CRISPR/Cas-9, c’est déjà le futur de la thérapie génique. Cette technique permet de modifier précisément de l’ADN, avec plus de flexibilité et de façon bien plus efficace et accessible que les méthodes précédentes (TALEN, ZFN…). Un potentiel incroyable, non seulement en termes de santé publique humaine, mais aussi dans un très grand nombre d’autres domaines comme l’agronomie. On commence déjà à entrevoir des traitements pour un tas de mutations à l’origine de maladies génétiques aux conséquences aujourd’hui dramatiques, voire des traitements personnalisés de maladies orphelines – même si à l’heure actuelle, c’est surtout un fabuleux outil de recherche en biologie moléculaire.

Il ne s’agit pas de poudre aux yeux : CRISPR/Cas-9 pourrait bien détenir les clés pour révolutionner une partie de la médecine.

CRISPR/Cas-9 est un outil de recherche formidablement puissant.