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[Chronique] LEGO Dimensions : des briques et du fric

Un potentiel sans limites

Par killy le

Malgré le copier-coller généralisé de l’aventure, il y a un plaisir certain à cheminer dans des lieux bien connus (encore une fois des trentenaires) et à voir des héros emblématiques s’associer contre des ennemis aussi réputés. D’autant que la réalisation et la bande-son sont de qualité. Et c’est bien entendu sur ce point visite touristique pour petits et grands que LEGO Dimensions joue sa carte maîtresse. Dans le pack Starter de base, trois personnages sont disponibles, Batman, Cool Tag et Gandalf, le tout avec une batmobile d’un fort petit gabarit. Avec ce trio, il est évidemment possible de clore une aventure – relativement courte – sans problème.

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Sauf que, outre ce mode de jeu principal, existent des portails vers des petits mondes supplémentaires qui signifient bien qu’ils sont fermés à grand renfort de police 24. Les débloquer est très simple, il suffit d’acheter des packs thématiques en rapport avec l’univers désiré. Si le joueur malheureux a pour passion Retour vers le Futur, c’est fini pour lui, il devra débourser 30€, décomposés entre un accès au niveau, Marty McFly, la DeLorean, et un Hoverboard. Et il y en a 6 de prévus pour le moment d’ici le mois de mars, c’est à dire 180€ en tout, additionnés aux 90 du starter. Tout appelle bien évidemment à l’achat de ces extensions, qui attirent autant par cette continuité de l’expérience de jeu que par le côté collection. Les packs d’aventures étant étrangement composés des éléments les plus symboliques des mondes qu’ils permettent de visiter. Et ce, sans compter les boîtes Equipes à 25€ (2 personnages et 2 véhicules) et les ensembles Héros peu fournis à 15€ (un personnage et une monture). Et, logiquement, pour acquérir l’ensemble des interactions limitées à certains individus de chaque niveau, il faut bien ajouter au minimum 200€ au prix de base. Le joueur ne débloque quasiment rien, le principe de dépense des pièces dénichées dans les divers stages étant limité à la customisation des véhicules. Ce qui donne l’impression d’une sévère coquille vide, excuse ludique à l’achat de LEGO. Et pourtant, ce piège gros comme un char d’assaut au milieu d’un jardinet dépasse les attentes, car il ne faut pas sous-estimer l’imaginaire collectif autour de la marque et le côté transgénérationnel encore plus présent que dans le cas de Nintendo.

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En jouant sur une forme d’amusement matérielle brute – construire des trucs – tout en la mélangeant à une forme d’interaction auréolée d’un petit aspect « magique » doublée d’un fond de collection, Warner a tapé pile dans le bon concept. Plus légitime que les amiibos mais aussi davantage concentré sur la notion de réutilisation très présente dans les choix de vie actuels, LEGO Dimensions est sur le papier un choix stratégique à la fois intelligent et surtout extrêmement ouvert. D’autant qu’avec les licences cumulées de Warner, et celles déjà existantes dans l’univers LEGO, le vivier d’extensions ne sera pas épuisé avant un long moment. Notamment avec The Big Bang Theory, récemment tombé dans l’escarcelle pleine de briques. Les parents nostalgiques payent les sommes totalement folles impliquées dans ce jeu, les enfants s’amusent, et tout le monde avec la même et unique volonté de SE faire plaisir. C’est là tout le génie de LEGO Dimensions. Et peu importe si, à côté de ça, le jeu, malgré quelques bonnes idées, est l’un des moins clairs et bien construits de la série, ce qui compte c’est que ces petites briques s’animent, comme dans ce théâtre de marionnettes où tout ce qui passe derrière le rideau est oublié.

NB : Nous n’avons pas réalisé un test “classique” de LEGO Dimensions mais on vous disait longuement ce qu’on en pensait après 3 heures de jeu dans cette preview. On aura noté, par rapport, à ses principaux concurrents, les multiples utilisations du portail et son intégration très intelligente dans le gameplay du jeu. Comme l’auteur de la présente chronique, on a également regretté que l’action soit parfois difficile à lire, la faute à la caméra, principalement.