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[Dossier Comics] 1961-2015 : le guide de lecture pour se frotter au mythe des Quatre Fantastiques

N’y allons pas par quatre chemins (oh, oh), Les Fant4stiques se vautre complètement, ce qui est d’autant plus évident si vous êtes un lecteur des aventures des FF. Du coup vous êtes comme moi, vous ne comprenez pas trop comment un comic book fondateur du genre et pierre angulaire de nombreuses références du MCU ne parvient pas à développer une adaptation suffisamment proche du matériel de base. Mais surtout, comment un film de science-fiction qui n’a qu’à se pencher pour s’inspirer de 60 ans d’histoires parvient à être à ce point ennuyant. Manque de moyens ? De temps ? D’ambition artistique ? Pieds et mains liées par Marvel qui verrouille tous les éléments à la source ? Sûrement un peu de tout ça. Mais ça n’excuse pas le simple fait de raconter une histoire qui se tienne.

C’est ici que nous intervenons. Il est grand temps de faire le point sur les aventures papier et de vous montrer point par point tout ce que vous loupez si vous ne lisez pas le comic book. Vous trouverez dans ce dossier les périodes cruciales de leur histoire, tout ce qui constitue à mon sens la moelle épinière de la mythologie des Quatre Fantastiques, voire même du panthéon Marvel tel que vous le connaissez. Dans le lot vous trouverez même quelques lectures moins connues, mais loin d’être inintéressantes.

Par ailleurs si jamais vous avez déjà tout lu (bravo à vous) et que vous êtes en manque de lecture, nous vous redirigeons vers nos précédents dossiers récapitulatifs : Captain America, Spider-Man, X-Men, Gardiens de la Galaxie, Avengers, Daredevil.

Et la critique de Pierre qui évoque plus en détail les problèmes du film.

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[nextpage title= »Stan Lee/Jack Kirby : la naissance de la plus grande famille de super héros »]

Novembre 1961, Stan Lee et Jack Kirby lâchent une petite bombe dans l’industrie du comic. Une bombe qui marque de son empreinte le Silver Age et les comics de super héros pour les décennies à venir avec Fantastic Four #1. Leur secret ? Les Quatre Fantastiques ne sont pas seulement des personnages dotés de pouvoirs extraordinaires : ils sont avant tout des explorateurs, et plus encore, une famille unie et soudée. Une famille avec ses côtés perfectibles, ses tensions, ses points de rupture et ses gros câlins avant d’aller dormir. La force de la série Fantastic Four se situe surtout dans tout le travail d’imagination et de mise en place d’une mythologie fondatrice. Stan Lee est crédité sur le comic book en tant que scénariste, mais c’est bel et bien le génial Jack Kirby qui se charge de toute la mise en place d’histoires faites de demi-dieux, de voyages interdimensionnels et de menaces toutes plus extravagantes les unes que les autres. Galactus, The Watcher, Silver Surfer, Super Skrull, Namor, et bien évidemment ce bon vieux Doctor Doom (Fatalis chez nous) ne sont que la partie visible de l’iceberg, les graines semées d’un univers Marvel qui ne cessera jamais de tourner autour de ces menaces pour les années à venir. Sans compter les premières apparitions des inhumains ou de Black Panther, des visages bien connus des lecteurs qui s’apprêtent à voir débarquer ces super héros en salles pour la phase 3 du Marvel Cinematic Universe.

Le duo signe 102 chapitres, un record pour une industrie aux équipes versatiles et aux changements de style constants (il aura fallu attendre les 110 chapitres d’Ultimate Spider-Man de Bendis et Bagley en 2007 pour enfin dépasser ce score). On ne saurait que trop vous conseiller la lecture des débuts des Quatre Fantastiques qui conservent à ce jour un fond étonnamment moderne en termes d’aventures super héroïques, malgré quelques maladresses liées au décalage dans le temps (des femmes pas toujours sous leur meilleur jour, le contexte de course aux étoiles, les références aux communistes complètement dépassées, etc.).

En édition intégrale (un tome, une année) en V.F.
En omnibus (méga pavé d’une trentaine de chapitres) en V.O.

FF Kirby

[nextpage title= »La réappropriation du mythe par John Byrne »]

Sans plonger le titre dans des abysses de nullité, le départ de Kirby a tout de même dépourvu les FF d’une partie de leur exubérance graphique. Orphelines de cette narration essentiellement visuelle, les aventures souffrent pendant une bonne dizaine d’années de ce manque de magie dans la narration. Puis John Byrne hérite du titre au numéro 232, il redonne à lui seul ce souffle de fraîcheur propre aux premières aventures du groupe. Byrne remanie les personnages. Ils gagnent en épaisseur et prennent part à des aventures résolument plus modernes qui voient les personnages rattrapés par leurs actes comme dans l’histoire du procès de Reed, poursuivi pour avoir sauvé la vie de Galactus qui vient tout juste d’anéantir l’empire Skrull.

L’esprit de famille reprend aussi ses droits et les Quatre Fantastiques redeviennent ce groupe de héros imparfaits, parfois en froid les uns avec les autres, dont les membres vivent leurs propres aventures en marge du groupe. C’est aussi à partir de ce moment que le statut de Susan Storm (Jane Storm en V.F.) change du tout au tout. De l’Invisible Girl des débuts, ingénue et demoiselle en détresse, Susan s’affirme en Invisible Woman. Elle endosse le rôle d’une femme forte et d’un super héroïne accomplie, membre le plus doué du quatuor. C’est aussi sous la plume et le crayon de Byrne que nait l’excellente série She-Hulk, prémices à son apparition en tant que membre à part de l’équipe à la place de Ben Grimm (chapitre 265). Byrne en profite aussi pour ajouter ses propres pierres au mythe en dotant Franklin Richards (le fils de Reed et Susan) de mystérieux pouvoirs de manipulation de la réalité qui en font par la suite l’un des personnages les plus puissants de l’univers Marvel. Encore à ce jour le travail de John Byrne montre qu’il est possible de faire des étincelles lorsque l’on parvient à créer une vraie dynamique de groupe.

Le travail de John Byrne a été réédité en collection Best of en V.F. (pas toujours évident à trouver), tandis que la V.O. continue de proposer des Omnibus de qualité.

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[nextpage title= »L’hommage de Mark Waid et Mike Wieringo »]

En presque 60 ans d’existence de nombreux tandems se sont formés pour raconter des aventures originales sur les Quatre Fantastiques, plus ou moins réussies, plus ou moins funs et raccords avec les événements passés. Les histoires s’accumulent et finalement peu de scénaristes respectent le principe de continuité, ou du moins peu d’entre eux réussissent à faire de cet héritage la force de leur run. Mark Waid fait partie de ces auteurs de comic book autant à l’aise sur les personnages DC, Marvel ou ses propres créations. Un véritable fanboy pur jus qui sait de quoi il parle. On le connaît pour son immense travail sur le personnage de Flash, son passage sur JLA, et très récemment sur Daredevil dont il signe en ce moment les derniers chapitres après plus quatre ans de présence et d’histoires incroyablement fraîches.

Arrivé sur le titre Fantastic Four en 2001, Waid remet sur le tapis une problématique essentielle de ce groupe : il s’agit avant tout d’une famille d’explorateurs qui font face à des menaces improbables. Des insectes géants, une équation vivante, et pour couronner le tout une nouvelle version de Doctor Doom. Ces aventures marquent physiquement les membres de l’équipe, ils se transforment au fil des aventures. On retrouve le charme et l’urgence des épisodes de Kirby, chose que l’on doit essentiellement au coup de crayon d’une star du milieu partie trop tôt. C’est bien simple, personne ne dessine un comic book comme Mike Wieringo. Très peu sont les dessinateurs à avoir réussi à créer une telle cohérence visuelle, aussi bien dans les champs de force de Susan, dans l’élasticité du corps de Reed que dans la forme des (très nombreux) monstres qui parsèment ce run. Décédé à l’âge de 44 ans, il laisse derrière lui une jolie poignée d’histoires de Spider-Man, Superman et cette saga complète de FF, sans compter une quantité astronomique de dessins qui pullulent sur la toile. Qu’on se le dise, les Quatre Fantastiques ont eu énormément de chance de l’avoir connu. Son trait cartoon manque énormément à l’industrie.

En V.F. dans de jolis pavés Marvel Deluxe
Traitement similaire pour la V.O.

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[nextpage title= »Bienvenue dans la Fondation du Futur »]

En 2009 Marvel confie à Jonathan Hickman la destinée des Fantastic Four. Le bonhomme est connu pour ses histoires originales (Secret Warriors, SHIELD) mais personne ne soupçonnait alors l’ampleur que prendrait ce run, l’ambition folle derrière cette saga et les répercussions pour l’univers Marvel. Jonathan Hickman réussit ce véritable tour de force qui consiste à la fois à conserver l’essence des aventures originelles tout en chamboulant complètement le statu quo établi depuis des lustres. Le scénariste de Manhattan Projects et East to West voit les choses en grand dès le départ. Il établit un plan solide aux ramifications multiples et propulse la myriade de personnages qui constitue l’univers des FF dans des directions précises, toujours au service d’histoires qui brillent par leur imagination et leur côté épique.

Il pousse le bouchon jusqu’à raconter la dernière histoire des Quatre Fantastiques avec le chapitre 588. La dernière histoire du groupe en tant que tel avant la mort de l’un des membres fondateurs de l’équipe. Le titre s’arrête d’ailleurs pour donner naissance à un nouveau titre, sobrement intitulé FF (Future Fondation), dans lequel il raconte la naissance d’un nouveau groupe de super héros construit autour d’une école de jeunes scientifiques et de certaines figures inédites jusqu’à présent dans l’équipe comme Doctor Doom ou Spider-Man (dont nous vantions déjà les mérites dans le dossier Spider-Man).

Fantastic Four devient pendant quatre ans un titre qui n’hésite pas à expérimenter, à digérer des années d’histoires et à donner de nouvelles directions à l’ensemble de l’univers Marvel. Inutile de vous dire qu’il faut se jeter dessus sans aucune forme d’hésitation.

De jolis Marvel Deluxe en V.F.
Format dur (hardcover) ou souple (paperback) pour la V.O.

future fondation

[nextpage title= »Les Nouveaux Quatre Fantastiques »]

Depuis sa naissance, le titre brasse une quantité incroyable d’alliés et d’antagonistes créant une dynamique de groupe allant bien au-delà du simple quatuor de base. Le thème de la famille recomposée explose littéralement lorsque les FF, souvent contraints par des puissances extérieures, une mission annexe ou le besoin de prendre du recul, cèdent leur place quelque temps à d’autres personnages de l’univers Marvel. Les fans se souviennent encore de l’arrivée de Miss Hulk dans le groupe en remplacement de Ben Grimm après l’event Secret Wars (le crossover de 1984) ou le couple la Panthère Noire/Tornade qui permet à Reed et Susan de s’accorder une pause loin du tumulte de l’équipe, quand ce n’est pas une équipe complète de secours dirigée par Scott Lang (Ant-Man) qui assure l’intérim dans le récent run de Matt Fraction.

Parmi toutes ces formations plus ou moins éclectiques, la plus marquante reste à ce jour la composition imaginée par Walter Simonson et superbement illustrée par Arthur Adams dans Fantastic Four 347 à 349. Le temps de trois chapitres, le duo raconte une histoire complètement disproportionnée, constituant son équipe de remplaçants de super héros parmi les best-sellers des années 90. On y retrouve Hulk (dans sa version grise, avec la personnalité de Joe Fixit), Spider-Man, Wolverine et Ghost Rider (Daniel Ketch à l’époque). Même si on ne croit pas une seconde au potentiel de cette équipe de gros bras cassés, le résultat est incroyablement amusant à parcourir. Ces chapitres caricaturent à merveille les thèmes majeurs du comic book, plaçant ces personnages complètement inaptes au travail en équipe dans des situations qui requièrent une certaine harmonie de groupe. Arthur Adams, beaucoup trop rare, se lâche complètement — mention spéciale pour l’aspect de ses monstres, magnifique hommage à ce genre phare dans les années 50. Vous auriez tort de vous en priver.

Pas évident à trouver en V.F., mais je sais que ces trois chapitres ont fait l’objet d’une réédition dans les « Incontournables ».
Même chose en V.O., l’aventure se perd dans des éditions intégrales. Autant les prendre à l’unité sur Comixology.

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[nextpage title= »Ultimate Fantastic Four »]

On vante beaucoup les mérites de Mark Millar pour Old Man Logan et Kick Ass, deux œuvres majeures du comic book moderne qui ont su fédérer le public ces dernières années. Ce que l’on sait moins c’est que l’écossais a aussi bossé sur les Quatre Fantastiques, et ce à deux reprises : avec l’équipe classique sur lequel il était associé à Bryan Hitch (son comparse sur The Ultimates), et sur sa version Ultimate, une première fois dans leur mise en place, puis plus tard dans une succession de courtes histoires. C’est cette période qui nous intéresse aujourd’hui. Il s’agit pour info de la quatrième série régulière à prendre place dans cet univers après Ultimate Spider-Man, Ultimate X-Men et The Ultimates donc.

Forcément plus accessible à notre époque, l’univers Ultimate reprend les fondations du mythe en modernisant le tout. C’est d’ailleurs cette version qui est retenue pour le reboot actuellement en salles : les Quatre Fantastiques ne cherchent plus à conquérir les étoiles dans l’urgence, avant les communistes. L’équipe se crée de manière plus posée. Il s’agit simplement d’une bande de jeunes scientifiques surdoués (du moins en ce qui concerne pour Reed et Susan) qui partent à la conquête d’une nouvelle dimension qu’ils ont découverte et qui va leur conférer leurs pouvoirs. Les histoires de Millar vont bien évidemment s’inspirer du canevas imaginé par Jack Kirby, réintroduire des menaces connues comme Namor ou le Super Skrull. Le scénariste exploite assez habilement le filon des dimensions parallèles, jusqu’à organiser une rencontre privilégiée avec le monde de Marvel Zombies — univers créé par Robert Kirkman (Walking Dead, Invicible) à l’occasion de son bref passage chez Marvel. Millar prouve surtout par le biais d’une poignée d’histoires très courtes (pas plus de trois chapitres à chaque fois) que l’on peut encore surprendre avec des thèmes jugés surannés.

En V.F. la série est toujours disponible en fasicules (on vous recommande tout Millar et même l’intermède Warren Ellis entre les deux)
En V.O., hardcover ou paperback, c’est vous qui voyez.

ultimate ff

[nextpage title= »Fantastic Four 1234″]

Il n’y a pas que la série principale ou sa version Ultimate qui aient su capter l’attention des fans et proposer des histoires rafraîchissantes. Une foule de mini-séries ont vu le jour, parfois liées aux events du moment (House of M et Dark Reign en sont de bonnes représentantes), parfois complètement déconnectés de l’univers 616. En plus d’être une bonne surprise, le récit 1234 imaginé par Grant Morrison (Batman, Seven Soldiers) prouve qu’il est possible de concevoir un récit sombre et désespéré dans un univers réputé pour son ambiance bariolée et ses menaces cosmico-déglinguées. Pour sa défense, 1234 naît au début des années 2000, dans un contexte de crise chez Marvel. Au bord de la banqueroute, la Maison des Idées débauche une poignée d’auteurs talentueux pour revigorer leurs licences phares. Grant Morrison, un habitué des comics DC, consent à faire un passage éclair chez Marvel le temps de revisiter complètement une poignée de titres, New X-Men en tête (nous en parlions avec beaucoup de superlatifs dans le dossier spécial X-Men).

1234 est une histoire mélancolique qui prend le parti de présenter une équipe perdue, sur le point de rompre à tout instant. Les dessins de Jae Lee marquent la mini-série d’une empreinte chaotique inattendue dans un comic book des Quatres Fantastiques. C’est le parti pris de la collection Marvel Knights, à savoir raconter des histoires plus matures, parfois en contradiction totale avec la vision initiale. C’est le cas ici. On sent le poids des années, la fatigue et l’ennui qui s’emparent de ces personnages devenus des stéréotypes d’eux-mêmes. C’est une vision noire, déprimante, mais qui a le mérite de proposer une construction particulièrement léchée, étrangement attachante le temps de cette toute petite poignée de chapitres.

Difficilement trouvable en V.F et V.O. Le plus simple reste de passer par Comixology.

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[nextpage title= »Unstable Molecules »]

Unstable Molecules fait partie de ces histoires expérimentales à contre-courant, bien plus que l’histoire de Grant Morrison, au point de s’éloigner du genre super héroïque. À mille lieues des aventures conventionnelles, la mini-série de James Sturm surprend d’emblée par son point de vue. L’artiste indépendant nous met en garde dès l’introduction : il s’apprête à nous raconter la véritable histoire des Quatre Fantastiques. Son travail méticuleux lui aurait permis de rassembler les preuves tangibles concernant l’origine du groupe. Une histoire inspirée par des personnes réelles que Marvel se serait approprié sous la forme du mythe tel qu’on le connaît.

Sturm chapeaute cette histoire dans laquelle aucun super héros ou ennemi grandiloquent ne pointe le bout de son nez. Pas de voyage dans l’espace, ni aucune exploration d’une quelconque dimension inconnue. Unstable Molecules raconte simplement l’histoire de quatre personnages identiques dans une époque en pleine transition culturelle, le début des années 60, en référence directe à la création des personnages. On y découvre Johnny Storm impétueux, en pleine rébellion adolescente, Ben Grimm en entraîneur de boxe fatigué, Reed Richards en scientifique froid et conseiller pour l’armée. Et Susan Storm, le coup de génie de l’histoire : tutrice légale de Johnny après la mort de leurs parents et parfait stéréotype de la femme d’intérieur, submergée par l’ancienne génération et les lubies patriarcales de son époque. Unstable Molecules relève surtout de l’exercice de style, une petite histoire à sauce what if qui établit des portraits inattendus, sans oublier de tisser des ponts entre la réalité et la fiction à travers des extraits d’un comic book fictifs (Vapor Girl).

Une série inédite en France, malheureusement assez rare dans les top ten, mais qui mérite d’être réhabilitée une bonne fois pour toutes. Au moins pour son habile détournement et sa réécriture complète des origines du comic book.

Unstable Molecules en V.O.

Fantastic Four Unstable Molecules

[nextpage title= »The end is FOURever »]

C’est bon, vous l’avez ? Rendons à César ce qui est à César, ce magnifique jeu de mots a été soigneusement imaginé par les équipes marketing de la Maison des Idées pour clore les aventures des Quatre Fantastiques en version papier. Oui, vous avez bien lu, le comic book crée par Stan Lee et Jack Kirby en 1961 tire sa révérence cette année. Le chapitre 645 vient à peine de sortir outre-Atlantique, il faudra cependant patienter pour les lecteurs V.F. qui n’en sont qu’aux prémices de la dernière ligne droite conçue par James Robinson (Superman, Starman) et Leonard Kirk. Derrière ces faux airs de fin « définitive » on devine sans peine que le conflit entre Marvel et la Fox a pesé de tout son poids dans ce choix éditorial. Le marketing est un dieu bien capricieux, au point d’organiser la mort commerciale du titre Fantastic Four en l’écartant du nouvel univers Marvel prévu pour la fin de l’année, juste après l’event Secret Wars (dans sa version 2015).

Heureusement l’équipe dépêchée pour cette ultime aventure a su capter l’essentiel. Robinson raconte une histoire honnête pour cet ultime relaunch dans la gamme All-New Marvel Now! Il y de belles fulgurances dignes de la fin de l’un des comics fondateurs du genre. Les changements de statu quo sont surprenants, les aventures plus sombres (heureusement que les costumes rouges sont là pour vous avertir que c’est violent), avec un goût de point de non-retour appréciable malgré la pirouette de fin un peu convenue qui laisse le champ libre pour la prochaine équipe artistique. Car les FF reviendront, personne n’est dupe.

Disponible en V.F. dans le fascicule IRON MAN, puis dans Marvel Saga 9 (la joie des publications françaises qui s’éparpillent dans tous les sens)
Hardcover ou paperback pour la V.O.

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[nextpage title= »Secret Wars : la rencontre finale entre Reed Richards et Doctor Doom [ALERTE AU SPOILER LES ENFANTS] »]

Si je vante autant les mérites de Jonathan Hickman, ce n’est pas pour rien. Ce n’est d’ailleurs pas si surprenant de le voir enchaîner avec un autre gros morceau : la seconde pièce maîtresse de son ambitieux projet de reconstruction avec le diptyque Avengers/New Avengers au lancement du reboot général Marvel Now! fin 2012. Les deux titres n’ont a priori aucun lien avec les Quatre Fantastiques, et pourtant, ils posent un problème qui touche le monde Marvel dans sa globalité : la fin de tous les univers tels que nous les connaissons.

Si le titre principal s’attarde sur la partie émergée de l’iceberg avec un groupe Avengers qui agit en surface, c’est du côté de New Avengers qu’il faut chercher les vrais premiers éléments de réponse. Reed Richards s’associe une nouvelle fois avec ses potos Illuminati (Iron Man, Doctor Strange, Black Panther, etc.) pour chercher une solution à ce problème impossible. La suite, vous la connaissez peut-être : la fin de tout. Everything dies comme ne cesse de le répéter Jonathan Hickman à travers les quelques illuminés qui ont compris ce qui se tramait. Jusqu’à l’explosion finale. Les univers s’effondrent, plus rien n’existe si ce n’est le Battleworld, un monde-canevas qui regroupe des morceaux de réalité issus de tous les multivers confondus. L’histoire est actuellement en cours dans Secret Wars, le point d’orgue de ce magnifique plan, le combat final entre un Doctor Doom tout puissant et un Reed Richards désespéré.

La suite ? Un nouvel univers Marvel tout beau tout neuf en fin d’année.

Secret Wars sur Comixology

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