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[Dossier] Mad Max : le point sur l’avant et l’après Fury Road

Mad Max Fury Road : suite ou reboot ?

Cinéma

Par Gaylord le

Mad Max Fury Road : suite ou reboot ?

Les trois Mad Max se suivent, mais ne se ressemblent pas. Au milieu de toutes les catastrophes (crise du pétrole, hiver nucléaire), il est difficile de mesurer les écarts entre deux films. Les corrélations sont loin d’être évidentes et c’est quelque part la force de ces aventures qui se suffisent chacune à elles-mêmes. Le seul point d’ancrage au final, c’est ce bon vieux Mel Gibson qui traverse les trois films et gagne un peu plus de rides et de cheveux à chacune de ses apparitions. Dans ce contexte, difficile de placer le petit dernier.

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Bon point pour la cohérence générale, le papa de cet univers (George Miller) reste aux commandes. Loin d’être un comeback opportuniste , l’idée d’une suite germe dans sa tête depuis 1997. Seulement, le chemin a été long pour arriver au film que l’on s’apprête enfin à découvrir — la faute aux projets de Miller en parallèle, à la longue phase de production et aux conditions terribles sur le tournage (pluies torrentielles, conflits armés). Un tel écart dans le temps, c’est à se demander comment Fury Road compte respecter la trilogie initiale, d’autant plus que Mel Gibson, devenu réalisateur et un poil trop vieux pour renfiler le cuir de Rockatansky, laisse sa place à Tom Hardy pour assurer la relève. Est-ce alors l’histoire du même Max que l’on veut nous raconter 30 ans après ? Oui et non.

De là à parler de reboot parce que l’on change l’acteur principal, c’est une réponse un peu précipitée. Parlons d’une relecture du mythe de Mad Max. D’une version alternative qui pourrait tout aussi bien se positionner juste après les trois premiers, pourquoi pas entre le 2 et le 3, ou tout simplement se suffire à elle-même. C’est là tout le défi de ce film qui doit à la fois s’inscrire dans la tradition de l’épopée post-apocalyptique sans tomber dans les pièges du blockbuster moderne. George Miller promet quelque chose d’aussi franc et raccord avec l’imaginaire mis en place depuis 1979, et surtout, de rester dans la continuité de la saga initiale tout en offrant un spectacle digne de ce nom. Fury Road n’existe pas encore qu’il part d’emblée avec une pression incroyable sur les épaules. Heureusement que le réalisateur de 70 ans continue de ne rien faire comme tout le monde.

mad max storyboard

Fury Road commence par l’élaboration d’un storyboard ultra détaillé de 3 500 tableaux avec Brendan McCarthy (un célèbre dessinateur de comics). Une course poursuite de deux heures qui couvre l’ensemble du film, tout ça avant même d’envisager écrire une seule ligne du scénario. Preuve s’il en est que c’est une tradition visuelle et sonore que George Miller s’attache avant tout à transmettre. Petit à petit, au fil des rumeurs et des vraies infos, Fury Road se constitue une aura d’authenticité en termes d’effets spéciaux. Costumes, maquillages, cascades et carambolages… toutes les cascades ont été filmées par le réalisateur, le numérique ne jouant qu’un rôle d’embellissement et de cache-misère. À en juger par les images de tournage, Fury Road garantit surtout un western mécanique complètement fou dans sa façon de penser le cadrage grâce aux fantaisies permises par l’Edge Arm.

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Il est trop tôt pour se prononcer, mais ce « Mad Max 4 » porte en lui toutes les attentes que l’on attend d’une suite spirituelle digne de ce nom.