Dossier

[Dossier] Moon Knight ou le culte de la (multiple) personnalité

Comme Batman, mais mieux

Vous vous souvenez de ce dossier dans lequel je revenais sur la possibilité que Bruce Wayne soit en fait schizo et que la majorité de ses aventures aient lieu dans sa tête ? Et bien c’est exactement ce que les auteurs de Moon Knight Vol.5 ont choisi d’explorer. Quand un super héros n’est plus capable lui-même de séparer la réalité de la fiction, les faits des fantasmes, comment savoir ce qui s’est réellement produit ? Réalisé de main de maître par Warren Ellis et Declan Chalvey, ce nouveau Moon Knight a tout pour plaire. Un graphisme exceptionnel, avec un Mr Knight (une nouvelle personnalité de Spector qui travaille en étroite collaboration avec la police et se déplace en limousine autonome) entièrement blanc qui évolue dans un décor en couleur, des histoires courtes de type pulp, très référencés années 50-60, sombres et noires comme un polar, et une trame qui tapisse les murs capitonnés de la cellule psychologique dans laquelle est enfermé Marc Spector.

La suite, scénarisée par Brian Wood, pousse encore plus le concept de pulp et le dessin et les découpages de Greg Smallwood apportent un côté indépendant bien trop souvent absent des publications mainstream. Le ton est donné, Moon Knight n’est plus un ersatz de Batman ni un gentil gars perturbé, mais bien un schizophrène hyperviolent et complètement déconnecté de la réalité. Seulement, au meilleur moment, Marvel décide de rebooter l’univers Marvel et l’avenir de Moon Knight, comme celui d’autres personnages, est alors incertain. Jusqu’à l’arrivée de Moon Knight Vol.6.