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[Dossier] Solar Impulse : histoire et avenir de cet avion fou qui vole à l’énergie solaire

Le pourquoi du retard pour boucler l'aventure

Retour à nos moutons : les problèmes ayant empêché de boucler le tour du monde en moins d’une année

On revient sur ce fameux tour du monde en moins d’une année. Sachez qu’il a été entrepris avec le Solar Impulse 2, celui disposant de nouvelles batteries plus denses. L’avion vole à 28 000 ft d’altitude (8500 mètres). A cette hauteur, on se les gèle. Littéralement !

Or, le Solar Impulse fonctionne grâce à des moteurs électriques alimentés par des batteries. Et comme notre corps, les batteries détestent le froid. Celles de l’avion sont donc protégées et chauffées. Au décollage de Nagoya, lorsque André traversait le Pacifique, les batteries ont indiqué une température anormalement élevée. Pour rappel, lorsqu’une pauvre batterie d’iPhone explose, ça fait quelques dégâts. Imaginez ce que ça donnerait avec 4 batteries lithium de 160kg chacune !
L’avion a donc été contraint de se poser à Hawaï, où il est resté plusieurs mois au sol en attendant d’être reconstruit, après avoir volé 5 jours et 5 nuits en continu.

L’importance du simulateur et de son développement

Altran est une société de recherche et de solutions technologiques et industrielles. En gros, on leur donne un problème et eux doivent apporter et/ou créer des outils pour les solutionner.

Le problème du projet SI était immense : à partir de rien, il fallait faire voler un avion solaire. Nous avons vu les contraintes techniques et cette grosse susceptibilité de l’engin qui déteste les turbulences et l’absence de lumière autant qu’on peut détester les mojitos mal faits.

Du coup, il faut que le plan de vol (trajet suivi par l’avion lors du vol) soit exempt de tout souci météo, faute de quoi, ce serait le crash. Altran a permis le développement d’un simulateur de mission s’appuyant sur une gestion des éléments extérieurs et interne à l’avion en temps réel. Un simulateur qui, au début du projet, était limité. La force vient du développement continu de cet outil. Pour vous donner une idée : un vol qui aurait été refusé en 2015 à cause des conditions météo est désormais possible aujourd’hui. L’outil est désormais si précis, qu’il peut établir un plan de vol nettement plus détaillé.

simulateur screen 01

simulateur screen 02

Le groupe Altran a également travaillé de concert avec Omega pour le développement de l’auto pilote. Ce dernier est en fait un contrôleur de stabilité de l’appareil, capable d’assurer le relais pendant 20 minutes. C’est l’expertise d’Omega qui a permis d’obtenir un calculateur d’inclinaison précis qui désactive l’autopilote en cas de roulis ou de tangage trop important.

Enfin, un simulateur virtuel à 180° a été spécialement développé pour la mission, afin de reproduire de la façon la plus réaliste possible les conditions de vol dans cet engin totalement décalé. Un moyen efficace de préparer les pilotes psychologiquement et physiquement à leur aventure.

J’en profite pour remercier Christophe Béesau, ingénieur travaillant sur le projet Solar Impulse, pour toutes ses infos et explications !