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[Dossier] Solar Impulse : histoire et avenir de cet avion fou qui vole à l’énergie solaire

Des sensations retranscrites en direct

Durant quinze des dix-sept étapes que compte le tour du monde, le projet Solar Impulse aura infligé bien des épreuves aux pilotes. Nous avons eu la chance de nous entetenir avec André Borschberg à propos de sa traversée du Pacifique, celle qui a duré 5 jours et 5 nuits.Entretien pendant lequel il s’est confié sur les sensations et émotions qui l’ont traversé durant son expédition aérienne.

L’avion vole jusqu’à 8500 mètres d’altitude. Il n’y a pas de couchage dans le Solar Impulse II mais un siège légèrement inclinable. La cabine n’est pas pressurisée. Le pilote automatique se contente de stabiliser l’appareil, mais pas de piloter. Dès lors, le pilote doit être capable d’agir à tout moment sur un avion lent, sur lequel chaque action a une latence importante et ultrasensible aux turbulences et donc très instable. En échange de ce confort primaire, de cette fatigue latente et violente (20 minutes de sommeil toutes les deux heures), de la solitude indirecte (la liaison avec le centre de contrôle à Monaco est permanente mais vous restez seul au milieu du ciel), du froid, du chaud, et de la concentration constante nécessaire, les pilotes passent par toute une série d’émotions. Il n’est donc pas rare de voir les pilotes sourire, crier, pleurer, bref, être humain.

2015_05_03_SI2_Yoga_Training_Pizzolante-06121_thumbLa méditation permet de gérer le stress et la fatigue

A la différence de Lindbergh, les pilotes disposent désormais d’outils de communication et donc des réseaux sociaux. Des réseaux qui permettent de suivre en temps réel leur avancée dans l’aventure.

Cette retranscription est un véritable atout, car elle permet de faire vivre le projet en continu. Une chose indispensable tant notre esprit modernisé est volatile et constamment sollicité. De plus, les échanges avec les pilotes leur confèrent un soutien non négligeable.

L’astronaute américain Scott Kelly a d’ailleurs utilisé ces mêmes réseaux lors de son expérience d’une année dans l’espace.

Comme quoi, les réseaux sociaux ont parfois du bon !