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[Dossier] Pourquoi l’univers DC a-t-il du mal à s’imposer au cinéma ?

Cinéma

Par Pierre le

Batman v Superman

Néanmoins, les films du DC Extended Universe (DCEU) n’arrivent pas à convaincre. En effet, ces derniers sont étrillés par la critique , même si Wonder Woman est arrivée à rehausser le niveau. Cela suffira-t-il pour convaincre les spectateurs sans doutes lassés par les héros en collant ?

Contrairement à Marvel Studios, Warner a tous les droits des personnages de DC, et une liberté créative (théorique) énorme est accordée aux réalisateurs. Mais alors, pourquoi ça coince ? Qu’est-ce qui peut expliquer ce grave retard à l’allumage ?

Aujourd’hui, nous allons donc nous intéresser à ce DCEU. Nous allons tenter de comprendre pourquoi l’univers a du mal à convaincre, alors qu’il dispose d’indéniables qualités. Quel parti-pris Warner a-t-il adopté pour se différencier du MCU ? Quelles sont les mesures prises par le studio pour séduire le plus large public possible ?

Man of Steel

Après notre gros dossier sur le Marvel Cinematic Universe, il n’était que justice que nous nous attaquions à DC. Vous êtes prêts ? C’est parti !

Avant de commencer, voici tous les films sortis à ce jour :

_ Man of Steel (2013)
_ Batman v Superman : Dawn of Justice (2016)
_ Suicide Squad (2016)
_ Wonder Woman (2017)

Et les films à venir

_ Justice League (2017)
_ Aquaman (2018)
_ Shazam (2019)
_ Wonder Woman 2 (2019)
_ Cyborg (2020)
_ Flash (non daté)
_ The Batman (n.d.)
_ Suicide Squad 2 (n.d.)
_ Man of Steel 2 (n.d.)
_ Gotham City Sirens (n.d.)
_ Nightwing (n.d.)
_ Lobo (n.d.)
_ Booster Gold (n.d.)
_ Black Adam (n.d.)
_ Green Lantern Corps (n.d.)
_ Batgirl (n.d.)
_ Justice League Dark (n.d)

Beaucoup de projets, donc, qui témoignent de la volonté de DC de produire beaucoup. Tous ces films ne seront peut-être pas produits au final, mais au moins, le studio a déjà commencé à bosser dessus. Une méthode qui diverge de celle de Marvel Studios, qui n’annonce que les films qui sont sûrs de sortir et qui ont une date actée.

[nextpage title= »Un grave retard à l’allumage »]
Le plan du DCEU est simple. Simple et différent du MCU. Alors que ce dernier sort des films indépendants les uns des autres avant de réunir les héros dans les points d’orgue que sont Avengers, DCEU use d’une méthode plus simple à suivre.

Des films qui se suivent

Chaque film met ici en scène un ou des personnages différents. Néanmoins, ceux-ci se suivent plus explicitement. Par exemple, Batman v Superman est bien une suite à Man of Steel. Suicide Squad a lieu à cause des événements de la fin de BvS.

La création de la Suicide Squad est une conséquence de la fin de Batman v Superman

Reste maintenant à savoir si DC va continuer sur cette lancée ou changer d’approche. Si le film Justice League laisse bien penser à une suite des événements déjà narrés dans les autres films (BvS, notamment), Wonder Woman a brisé cette règle, ramenant le spectateur dans le passé (pendant la Première Guerre mondiale). Une technique déjà utilisée… par Marvel Studios avec son Captain America.

Mais avant d’en arriver là, Warner a fait du chemin. Un chemin qui a commencé il n’y a si longtemps, puisque le premier film du DCEU est sorti il y a seulement quatre ans…

2013, le faux départ

En juin 2013, Warner sort Man of Steel dans les salles. Un film attendu de longue date. Réalisé par Zack Snyder (qui a adapté l’inadaptable Watchmen), écrit par David S Goyer (The Dark Knight) et produit par Christopher Nolan, le film est promis comme une nouvelle vision de Superman, et non comme le début d’un univers plus large.

Au moment de la sortie de Man of Steel, l’idée même d’un univers DC au cinéma semble incongrue : La trilogie Dark Knight s’est terminée un an avant et les autres films adaptés à l’époque que sont Jonah Hex et Green Lantern ont fait des fours commerciaux en plus d’être mauvais. L’idée de Man of Steel est donc juste de réinterpréter le personnage légendaire sept ans après le dernier film. Un personnage mythique joué par Henry Cavill, acteur Jersiais d’alors trente ans.

D’où l’idée de faux départ.

Même si le producteur Charles Roven a affirmé il y a peu que Man of Steel a toujours été conçu comme un point de départ au DCEU, ce n’était pas évident lors de la sortie. Pas évident dans le film, d’abord, qui regorge de clins d’œils à d’autres personnages, mais pas plus. Pas évident dans le contexte de sa sortie, ensuite. Par exemple, personne n’imaginait voir un nouveau Batman si peu de temps après The Dark Knight Rises.

Dans Man of Steel, un clin d’œil est fait à Batman

Un peu plus d’un mois après la sortie de Man of Steel, lors de la Comic-Con 2013, Warner prend la confiance et annonce la mise en production de Batman v Superman par Zack Snyder pour une sortie alors en 2015. Le studio attendait-il de voir si son film marchait pour passer la seconde ? Batman v Superman est alors annoncé, tout comme l’univers cinématographique DC.

Batman v Superman, que Warner essaye de mettre sur pied depuis les années 90, va enfin prendre forme et le film devient le plus attendu de la décennie avec Star Wars 7.

Mais avant de voir Batman et Superman en découdre sur grand écran, les fans ont traversé une longue période de flou.

2013-2016, la période de gestation du DCEU

S’ensuit alors une longue période de trois années durant lesquelles les fans de DC comprennent petit à petit que Warner veut calquer son modèle sur celui de Marvel Studios avec moult films se déroulant dans un univers connecté. Une période également pendant laquelle on s’est posé beaucoup, beaucoup de questions sur la création de cet univers.

Petit à petit, Warner a commencé à placer ses pions. Première étape : recruter un nouvel acteur pour Batman. Pendant un mois, les fans attendent de connaître l’acteur qui aura la lourde tâche de reprendre la cape. Warner indique très rapidement vouloir trouver un acteur vétéran. Les regards se tournent alors vers Jeffrey Dean Morgan, qui a déjà travaillé avec Snyder sur Watchmen. L’acteur jouera finalement Thomas Wayne.

Finalement, ce sera Ben Affleck qui sera choisi. Un choix qui ne fait pas l’unanimité, certains fans criant au scandale de voir l’acteur de Daredevil revenir au genre super-héroïque. Batfleck était né. Un choix intéressant de la part de Warner qui, cette fois, cherche à mettre en scène un Batman actif depuis plusieurs années afin de mieux coller à la vision super-héroïque de The Dark Knight Returns de Frank Miller.

La production de Batman v Superman poursuit alors son cours. Le film est tourné en 2014 à Détroit , puis en octobre de la même année, un planning monstrueux est dévoilé par Warner. Un planning qui sera finalement bien chamboulé, puisque sur les neuf films annoncés, seulement quatre vont finalement voir le jour, des projets comme Justice League coupé en deux sont abandonnés et d’autres comme The Flash n’avançant pas.

Notons également que c’est dans cette période que DC annonce que contrairement à Marvel, les films et les séries ne se dérouleront pas dans le même univers. Si la chose paraît évidente aujourd’hui, elle l’était un peu moins à une époque où seul Arrow était alors à l’antenne (The Flash et Gotham n’arrivant qu’en septembre 2014).

A cette époque, certains fans se prenaient à rêver d’une convergence ciné/séries

BvS est ensuite décalé de 2015 à 2016 et arrive finalement dans les salles le 23 mars 2016. Et là, c’est le drame…

Batman v Superman v Critiques (mars 2016)

Batman v Superman sort dans les salles en mars 2016 et les critiques ne sont pas tendres. Le film est étrillé par les journalistes du monde entier et n’obtient que 28% sur l’agrégateur Rotten Tomatoes. Les critiques, qui n’ont pas déjà été sympathiques avec Man of Steel, reprochent au film son rythme mal maîtrisé, son histoire difficile à suivre, ses personnages parfois brouillons, ses easter egg trop lourdingues et surtout la bouillie de scènes d’action que représente la dernière partie du film.

Des critiques dont, nous, au Journal du Geek, avions contribué à l’époque, et nous assumons. Pourtant, la version blu-ray, qui rajoute plus d’une demie-heure de film, corrige les défauts les plus gênants et surtout, met en lumière l’un des problèmes majeurs du film, voire du DCEU : la main-mise des producteurs. Snyder n’a en effet pas eu le mot décisif sur le montage final et le film a été charcuté de toutes parts, devenant un conglomérat de scènes absurdes et sans lien.

Dernier point sur lequel DC a pêché : trop vite vouloir construire un univers. Si des easter egg ne sont pas gênants dans les films de super-héros, le film le fait pourtant de manière lourdingue, insistant bien sur l’arrivée des futurs héros dans une séquence surréaliste où Diana Prince regarde des vidéos d’Aquaman ou Flash pendant de longues minutes.

Ce genre de petits détails qui éloigne le spectateur du sujet central du film (un Dieu a-t-il tous les droits ?) et qui interroge sur la qualité du DCEU naissant. Peut-il rivaliser avec Marvel Studios ? Les fans en sont convaincus et une rupture naît entre eux et les critiques, qu’ils jugent trop pédants et ignares pour juger un film de super-héros. Pourtant, le troisième film de l’univers, Suicide Squad, va apporter de l’eau au moulin aux critiques.

La catastrophe Suicide Squad (août 2016)

Suicide Squad se devait de faire taire les critiques de Batman v Superman pour définitivement imposer l’univers DC au cinéma. Pour soigner son entrée, Warner a savamment distillé les informations sur le film dès son annonce. Petit à petit, le long-métrage de David Ayer (Fury) a pris forme dans nos esprits à coup de photos promo, de casting révélé et d’annonces fracassantes. Il faut dire que le public attendait de pied ferme ce film qui voulait chambouler le genre. Par exemple, l’annonce de Jared Leto en Joker, qui avait alors la lourde tâche de succéder à Heath Ledger, a fait bouillir le net.

Lors de la Comic-Con 2015, Warner a diffusé le premier teaser du film lors de son panel. Un teaser qui a vite fuité sur la toile, convaincant le studio de le mettre sur YouTube quelques heures plus tard. Nous avons alors pu découvrir un film à l’ambiance poisseuse, crasse et prenant son sujet au sérieux. Le hypomètre était à son maximum !

Au fil des mois, l’inquiètude s’est installée. Au fur et à mesure des trailers, l’ambiance crasse du film s’est transformée en atmosphère pop et colorée. Une mutation relevée par Slate qui change complètement le visage de Suicide Squad. Certains diront que le film a toujours voulu offrir ce spectacle et que le premier teaser n’était qu’un avant-goût inachevé, d’autres que DC a voulu adopter un ton léger suite aux critiques faites à Batman v Superman. Quoi qu’il en soit, le film sort le 3 août et c’est une catastrophe critique.

Nous n’allons pas revenir sur les défauts du film, il y en a beaucoup. Néanmoins, le film a déçu et n’a pas été épargné par les critiques, malgré un bon score au box-office. Suicide Squad inquiète les fans, qui se demandent si un univers DC au cinéma est vraiment une bonne idée, finalement. Néanmoins, cette catastrophe artistique ne semble pas freiner les ardeurs de Warner, qui a prévu un deuxième volet et qui a réembauché David Ayer pour réaliser Gotham City Sirens.

Wonder Woman

Wonder Woman ou le DCEU à succès (2017)

Alors que les espoirs de voir un DCEU correct s’éloignaient petit à petit, Wonder Woman est venue y ajouter son grain de sel. Pourtant, personne n’y croyait vraiment, au départ, le film ne semblant être qu’un copycat de Captain America de Marvel Studios.

Mais en juin 2017 le film sort dans les salles et c’est la surprise : il est bon, très bon ! Si Wonder Woman se traîne toujours quelques boulets inhérents au genre (un combat final affreux), il donne un nouveau souffle à l’univers et fait de l’actrice israélienne Gal Gadot la nouvelle figure de proue de l’univers.

En plus du succès critique, le film a jouit d’un succès commercial mérité en récoltant 700 millions de dollars au box-office. Trop heureuse de ce succès, la Warner a annoncé la mise en production d’un Wonder Woman 2 pour 2019. Reste maintenant au DCEU à transformer l’essai et de montrer au monde que ça y est, il a trouvé sa formule. Ce sera à Justice League de confirmer. Une tache difficile, étant donné que la production du film se fait dans la douleur.

[nextpage title= »Des séries bien à part »]
Le Marvel Cinematic Universe englobe les films et les séries Marvel dans un seul et unique univers, ce qui n’est pas le cas de DC. Si la chose est actée aujourd’hui, ce n’était pas évident à une époque pas si lointaine…

Une période de flou

En juin 2013, Man of Steel sort dans les salles. Un mois plus tard, Batman v Superman est annoncé à la Comic-Con et le monde comprend alors que DC cherche à construire un univers cinéma à la Marvel.

A cette même époque, Marvel Studios lançait sa première série : Agents of SHIELD. Une série qui insiste bien sur la convergence entre les différents médias. En juillet 2013, la série Arrow venait de terminer sa première saison. Le monde entier s’est alors demandé : Les films et les séries DC prendront-ils place dans le même univers ?

Il faut dire qu’à l’époque, la série diffusée sur CW pouvait facilement se lover dans l’univers de Man of Steel sans vraiment choquer (mis à part à cause du ton). Un an plus tard, Warner Television annonce la série dérivée The Flash… et le film Flash.

Warner ne précise toujours pas s’il y a une convergence ou pas entre les deux médias et les fans se mettent à rêver de voir Grant Gustin combattre aux côtés de Ben Affleck. Finalement, l’affaire est pliée fin 2014, avec Geoff Johns de chez DC qui indique que non, les séries sont complètement à part des films. DC aura donc deux acteurs pour Flash, Grant Gustin du côté de la télévision et Ezra Miller du côté du cinéma.

Mais attention, toutes les séries ne se déroulent pas non plus dans le même univers selon le diffuseur… C’est un peu compliqué. En réalité, deux blocs s’affrontent dans l’univers des séries DC : L’Arrowverse et le reste.

Un Arrowverse bien fourni.

En 2012, la série Arrow débute sur CW. Une série simple nous racontant l’histoire d’Oliver Queen, qui après cinq ans « sur une île » revient à la civilisation et devient un justicier. Une série qui reste centrée sur la ville de l’intrigue (Starling City) et sur le personnage principal. Mais en 2014, l’univers est étendu avec la série The Flash, qui s’intéresse au bolide écarlate, puis avec Legends of Tomorrow, mettant en scène une super-équipe composée de seconds rôles des deux séries.

Un univers qui s’est ensuite étoffé avec Constantine. Une série qui a été diffusée sur NBC et qui a été annulée au bout d’une demi-saison seulement. Néanmoins, l’acteur Matt Ryan a séduit les fans qui souhaitaient voir de nouveaux épisodes. Un compromis a finalement été trouvé : Matt Ryan a rejoint Oliver Queen le temps d’un épisode (il est mentionné plusieurs fois ensuite) et la CW va faire une série animée dédiée au héros à l’imper’. Une autre série animée, Vixen, se déroule également dans l’univers développé par Marc Guggenheim, Andrew Kreisberg et Greg Berlanti .

Enfin, Supergirl aussi a rejoint l’Arrowverse fin 2016. Au départ diffusée sur CBS (même groupe que CW), la série est transférée sur CW lors du début de sa deuxième saison. Néanmoins, l’univers installé par Supergirl étant incompatible avec le reste des productions CW, une astuce est trouvée : L’action se déroule dans un univers parallèle et les personnages voyagent d’une Terre à l’autre selon les besoins du scénario. Un concept de multivers installé avec The Flash qui légitimise donc la présence de moult séries et films non reliés.

Cette multitude de héros permet donc de créer des cross-over gigantesques :

Notons également qu’une nouvelle série live verra le jour à la rentrée : Black Lightning. Une série qui sera diffusée sur CW mais non reliée à l’Arrowverse… pour l’instant.

Et le reste

Warner Television ne se résume pas qu’au Arrowverse. En effet, d’autres séries solos sont diffusées en ce moment. Sur la Fox, nous pouvons par exemple trouver Lucifer. Si le personnage est relié à Constantine dans les comics, ce n’est pas le cas ici. La Fox diffuse également Gotham depuis 2014, qui raconte l’enfance de Bruce Wayne (mais pas le Wayne de Ben Affleck).

Après Constantine, NBC a retenté le coup de la licence DC avec Powerless, qui raconte la vie des employés du cousin de Bruce Wayne, mais sans succès, la série ayant été annulée après quelques épisodes.

Notons également que d’autres séries DC, mais pas super-héroïques, sont également développées par Warner : iZombie (CW) et Preacher (AMC). La rentrée prochaine verra également l’arrivée de Krypton sur Syfy, série à gros budget narrant l’histoire des ancêtres de Superman, mais non reliée aux films.

Pourquoi Warner s’éparpille autant sur les séries ? Pourquoi ne pas adopter un univers unique ?

Deux raisons principales à cela. Le timing, d’abord. Comme nous vous le disions plus haut, Arrow a débuté un an avant Man of Steel. Si les deux univers pouvaient alors cohabiter en un seul, difficile pour Warner de justifier le fait qu’Arrow était bien la première pierre de l’univers, et non Man of Steel. Le tout aurait senti le bricolage forcé pour suivre Marvel Studios, qui commençait alors à poser le pied à la télévision, et aurait surtout bridé les créateurs de la série diffusée sur CW.

De même, Warner, qui développait alors moult séries à l’époque, ne pouvait se permettre de multiplier les diffuseurs dans un même univers. De plus, le studio souhaitait alors laisser une liberté créative totale aux showrunners des séries, ne souhaitant leur imposer aucune limite avec les films (dans la limite du raisonnable). Ainsi, les créateurs de Gotham ne sont par exemple pas obligés de coller aux films, puisque leur Bruce Wayne est différent de celui de Ben Affleck. De même, les créateurs d’Arrow ont pu s’en donner à cœur joie avec leur propre Suicide Squad.

La Suicide Squad originelle (Arrow)

Néanmoins, cette liberté à ses limites. Par exemple, Arrow n’a pas le droit de citer certains personnages, réservés aux films. C’est pour cette raison que la Suicide Squad de la série a finalement été démantelée en 2014 au profit du film de David Ayer.

Ainsi, le spectateur se retrouve avec plusieurs univers, reliés artificiellement entre eux par The Flash (selon les fans) qui vivent de manière indépendantes. Le multivers DC ? C’est l’anti Marvel Cinematic Universe.

Pendant la saison 2 de The Flash, notre héros découvre le voyage entre les dimensions.

[nextpage title= »Les projets à venir »]
Warner et DC ont encore beaucoup à nous réserver pour l’avenir. De nouvelles séries, bien entendu, mais surtout des nouveaux films prenant place dans le DCEU. Des films qui seront forcément différents de ce que nous avons connu jusque là, Geoff Johns ayant pris la place de Charles Roven en tant que directeur créatif. Il ne faudra pas attendre longtemps pour voir les résultats de son travail, puisqu’il a déjà scénarisé Wonder Woman.

Voyons voir quels films nous attendent à l’avenir

Justice League – 15 novembre 2017

L’étape la plus importante du DCEU, le film qui doit montrer que l’univers développé par Warner vaut le coup d’être produit. Un film qui sera forcément comparé à Avengers, que les fans le veuillent ou non, et qui sera la troisième création de Zack Snyder sur cet univers… et la première de Joss Whedon, qui a justement fait The Avengers !

Un Justice League qui devra terminer la première phase du DCEU. Même si Warner ne veut pas fonctionner en phase comme son univers concurrent, il est évident que ce film établira une étape cruciale dans la construction du DCEU et donnera le ton pour la suite. Un film important qui pourrait porter l’univers aux nues ou contribuer à sa perte.

Un film à la gestation compliquée pour son réalisateur. En effet, Zack Snyder a connu une tragédie familiale en mars dernier, ce qui l’a obligé à quitter la production du film. Lui et Warner ont désigné Joss Whedon pour réaliser les reshoots et terminer le film. Un film qui semble maudit, les problèmes s’enchaînant et les reshoots coûtant une fortune (25 millions de dollars). Même la moustache d’Henry Cavill (Superman) est venue jouer les troubles-fêtes !

Un Joss Whedon qui aura donc apporté sa patte aux deux plus grosses licences super-héroïques de l’univers : The Avengers, dont il a réalisé les deux premiers volets, et Justice League, donc. Notons qu’il réalisera Batgirl pour le compte de Warner.

Notons qu’à la base, le film devait être coupé en deux parties, choix qui a été abandonné par Warner. Une histoire similaire à celle d’Avengers 3 et 4, qui renforce la comparaison entre les deux licences.

Aquaman – 2018

Après Justice League, le DCEU va faire une pause d’un an pour ensuite nous offrir Aquaman. Un Aquaman réalisé par James Wan, plus habitué aux films d’horreur. Un film qu’il faudra guetter, car il pourrait signer un nouvel essor pour un univers qui se sera établi sur cinq films.

Ici, c’est Jason Momoa qui incarnera le roi des mers. Pas la peine d’attendre ce film pour le découvrir, puisqu’il montrera son trident dans Justice League. Nous l’avons même rapidement vu dans Batman v Superman.

Shazam! – 2019

C’est un peu une surprise, mais le film consacré à Shazam arrivera bien après Aquaman. Pour le moment, on ne sait pas grand-chose sur le film, si ce n’est qu’il ne montrera pas Black Adam et qu’il sera réalisé par David F. Sandberg (Anabelle).

Wonder Woman 2 – 2019

Suite au succès du premier volet, Warner a commandé une suite de Wonder Woman. Logiquement, on ne sait rien sur cette nouvelle aventure, mais les rumeurs persistantes voudraient que l’amazone combatte les soviétiques dans une Europe des années 80.

Cyborg – 2020

Un film annoncé en 2014, qui s’est fait discret depuis. Warner a pourtant réitéré son intention de le sortir en 2020 il y a peu.

The Batman – Pas de date

En voici un film qui fait fantasmer. La réinvention du Batman par Ben Affleck. Un film qui connait beaucoup de rumeurs. On a un moment parlé d’un film adaptant l’histoire du jeu Arkham Asylum, puis d’un film tourné à Los Angeles pour finir sur un film mettant en scène le Pingouin. Mais toutes ces rumeurs… sont infondées.

En réalité, nous ne savons pas grand-chose sur le film The Batman… même pas son titre officiel. Seules certitudes, il est bien prévu par la Warner, il sera réalisé par Matt Reeves (La Planète des Singes) et mettra en scène Ben Affleck, qui ne réalisera pas, donc. Même la présence de Joe Manganiello en Deathstroke n’est pas actée.

Un film attendu au tournant qui aura la lourde tâche de succéder à la trilogie de Christopher Nolan.

The Flash/Flashpoint – Pas de date

Un film qui a du mal à décoller. Les réalisateurs se succèdent (Chris Lord et Phil Miller, qui ont quitté le projet pour Star Wars), mais pas un reste. Ezra Miller, qui apparaît déjà dans Batman v Superman, Suicide Squad et qui aura un rôle conséquent dans Justice League, tiendra le rôle titre.

A l’heure où nous écrivons ces lignes, trois réalisateurs sont en lice pour reprendre le projet : Robert Zemeckis, Matthew Vaughn et Sam Raimi. Mais pas d’annonce officielle pour ce film qui devient de plus en plus un boulet pour Warner. Seule certitude, il mettra en scène l’arc Flashpoint.

Gotham City Sirens – Pas de date

Un film qui mettra en scène les femmes fatales de Gotham City : Catwoman, Poison Ivy et Harley Quinn. Un film bien mystérieux pour le moment. Seule certitude, il sera réalisé par David Ayer (Suicide Squad).

Suicide Squad 2 – Pas de date

Si Suicide Squad s’est fait atomiser par les critiques, il a tout de même rapporté à la Warner, qui a mis une suite en chantier. Une suite qui ne sera pas réalisée par David Ayer, occupé avec Gotham City Sirens. A un moment, les rumeurs ont murmuré le nom de Mel Gibson, mais pas de nouvelles depuis.

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Suicide Squad

Man of Steel 2 – Pas de date

Sans grande surprise, Henry Cavill reprendra son rôle dans le deuxième volet des aventures de Superman. On ne sait pas si Zack Snyder reviendra à la réalisation.

Batgirl – Pas de date

C’était l’annonce surprise du début d’année : la nomination de Joss Whedon (Avengers) au poste de réalisateur d’un film Batgirl.

Batgirl dans The Killing Joke

Nightwing – Pas de date

Un film qui sera réalisé par Chris McKay, déjà derrière Lego Batman. Nightwing mettra en scène Dick Grayson, ancien Robin qui s’est émancipé de Batou pour devenir un héros à part entière.

Nightwing dans le jeu Arkham Knight

Booster Gold – Pas de date

Encore un projet un peu flou, qui est pour l’instant confié à Greg Berlanti (Arrowverse).

Lobo – Pas de date

Celui-ci a été confié à Brad Peyton.

Green Lantern Corps – Pas de date

Annoncé au départ pour 2020, le film reste pour l’instant mystérieux.

Dark Universe – Pas de date

Longtemps entre les mains de Guillermo Del Toro (sous le nom de Justice League Dark), le projet a été abandonné par le réalisateur mexicain en 2015. Warner l’a repris en main pour le confier à Doug Liman, à qui l’on doit Edge of Tomorrow. Cependant, le réalisateur a lui aussi jeté l’éponge suite à un souci de calendrier. Le projet est donc orphelin et se cherche un papa.

A ne pas confondre avec le Dark Universe d’Universal, qui concerne lui les films de monstres.

Comme vous pouvez le constater, il y a beaucoup, beaucoup de projets sur le feu pour le DCEU. Néanmoins, peu sont pour l’instant concrets, puisque Warner ne veut pas mettre en place un calendrier arrêté sur cinq ans. Ainsi, nous naviguons à vue jusqu’en 2020 pour le moment.

[nextpage title= »Le DCEU peut-il connaître le même succès que le MCU ? »]
Sur les pages de comics, DC et Marvel sont rivaux depuis des décennies, et aucun n’est vraiment supérieur à l’autre. Pourtant sur grand écran, le DCEU fait pâle figure face à un MCU qui enchaîne les succès critiques et publics.

Pourquoi DC a-t-il tant de mal à imposer son univers ? Warner sait faire des films, pourtant, et a déjà connu le succès avec des films Batman et Superman par le passé. De même, les personnages de l’éditeur n’ont rien à envier à ceux de la Maison des Idées et ont beaucoup de fans. Alors qu’est-ce qui coince ?

DC passe en deuxième

A vrai dire, tous les problèmes peuvent trouver leur racine dans une seule raison : le retard par rapport à son concurrent Marvel. C’est en 2008 que la Maison des Idées lance son premier film dans le MCU : Iron Man.

Un Marvel Cinematic Universe naissant qui va donner une dizaine de films par la suite. A l’époque, le concept d’univers partagé n’est pas évident pour le spectateur, qui ne voit que des films de super-héros comme il en a toujours eu. Mais petit à petit, patiemment, Marvel Studios va construire son univers, ajoutant des connexions par petites touches entre les films, jusqu’à The Avengers en 2012 qui signe l’explosion du concept d’univers partagé aux yeux du grand public.

De son côté, DC reste très classique dans son approche lors de cette période. En 2005, Christopher Nolan reboote Batman, malmené par Joel Schumacher dans les années 90, et réalise trois films au total. Dans le même temps, Bryan Singer réalise Superman Returns, suite de Superman 2, Jimmy Hayward tente de donner vie à Jonah Hex avec Josh Brolin et Martin Campbell se plante en beauté avec Green Lantern.

Tous ces films ont un point commun : ils sont fait à l’ancienne. Ils vivent en effet par eux-mêmes et sont indépendants les uns des autres, au contraire de ceux de Marvel Studios. Warner ne semble en effet pas vraiment prendre conscience de l’essor de son concurrent et continue tranquillement son chemin, offrant des films douteux (Green Lantern) comme des chefs d’œuvres (The Dark Knight).

Mais c’est bien The Avengers qui va bousculer les choses (pas seulement chez Warner, d’ailleurs) en installant dans la tête du public le concept d’univers cinématographique. Un an plus tard, Man of Steel sort dans les salles, suivi par l’annonce de beaucoup d’autres films.

Mais voilà, Warner a pris du retard. Beaucoup de retard, puisque Man of Steel est sorti cinq ans après Iron Man, et Batman v Superman, le film qui lance réellement l’univers, huit ans après. Oui, cela fait beaucoup à rattraper. Le DCEU ne compte en effet que quatre films pour le moment, alors que Marvel a déjà sorti seize films et six séries.

Il faut aussi signaler que la trilogie Dark Knight, aussi juteuse soit-elle pour Warner, représentait un peu un boulet. Lancée trois ans avant le début du MCU, la saga de Nolan devait se terminer avant que Warner puisse passer à autre chose, puisqu’il était hors de question d’utiliser le Batman de Christian Bale pour l’univers étendu. Nolan estimait en effet que la trilogie était une oeuvre pleine avec un univers isolé où seul Batman était héros.

Fait amusant, le film Superman avorté des années 90 sur lequel Tim Burton a travaillé (Superman Lives) devait établir un semblant d’univers cinématographique. En effet, Superman (Nicolas Cage) devait rencontrer Batman lors d’une scène. Mais le film ayant été abandonné, cet embryon d’univers partagé n’a finalement jamais vu le jour, si ce n’est la mention de Superman dans Batman et Robin.

Nic Cage lors des essais costume pour Superman Lives

Les films ont du mal à séduire

Vous l’aurez compris, Warner et DC ont passé la seconde entre 2013 et 2016. 2016 qui a signé l’arrivée du film fondateur : Batman v Superman. Un film attendu par tous les fans de la planète. Car en plus d’offrir une suite à Man of Steel, de présenter un nouveau Batman et de présenter l’univers, le film a été attendu pendant vingt-ans. Car oui, l’idée de Batman contre Superman n’est pas nouvelle, Warner voulant mettre en scène ce choc des titans depuis la fin des années 90.

Puis, le film sort et les critiques ne sont pas tendres, nous n’allons pas revenir dessus. Mais l’un des reproches fait au film est sa tendance à vouloir trop rusher les choses, à inclure trop d’éléments pour construire un univers précipitamment.

Si dans ses premiers films, Marvel Studios a pris son temps, construisant les liens via des scènes post-génériques cachées, via des éléments discrets mais récurrents comme le SHIELD, Batman v Superman y va avec ses gros sabots, plaçant des scènes post-génériques en plein milieu du film ou incluant des problématiques qui ne seront utilisées que dans les prochains films (comme Steppenwolf ou Wonder Woman).

Notons tout de même que si la version blu-ray laisse également cette impression de rush, la chose se veut tout de même plus distillée dans un montage final plus rythmé et cohérent.

Pour Suicide Squad, c’est différent. Le film prend place dans un univers déjà posé. S’il force moins avec les références, c’est bien le film en lui-même qui déçoit. Un film qui, nous en sommes persuadé, aurait pu être pu être bien meilleur avec une main-mise du réalisateur sur le montage final.

Comme l’a expliqué The Hollywood Reporter peu après la sortie du film, la gestation de Suicide Squad a tourné au grand n’importe quoi. David Ayer n’a eu que six semaines pour écrire son script (ce qui est très court si vous vous posez la question), puis a commencé le tournage rapidement (le film débutant la production en 2014 pour une sortie en 2016).

Alors que le film était dans sa phase de post-production, Warner a commencé à faire n’importe quoi avec les rush. En effet, les critiques acides de Batman v Superman ont dénoncé un film qui se prenait trop au sérieux, prétentieux. Le studio a alors décidé de transformer son épopée avec les pires salopards de la Terre en un film rigolo enchaînant les blagounettes à la Marvel.

Ainsi, David Ayer a continué à bosser sur son montage, sombre, tandis que Trailer Park, société spécialisée dans le montage de trailers, a monté le film que l’on connait aujourd’hui. Bien mal en a pris Warner, étant donné que le film s’est fait fusillé en place publique par la critique.

Avec Suicide Squad, la tendance qui voyait les fans s’insurger des critiques se renforce. Les professionnels crachent sur le film, tandis que les fans le défendent en dépit de toute logique. Un affrontement salé sur les internets, les adeptes de DC ne supportant pas de voir leur film flingué sur Rotten Tomatoes.

Brett Ratner, l’un des producteurs de Batman v Superman, s’en est d’ailleurs pris au site, l’accusant d’imposer une pensée unique, oubliant par ailleurs que son film était bancal à la base. Mais que faut-il faire pour éviter ce genre de débat à l’avenir ? Quelle serait la solution pour que Warner propose des films qui mettent tout le monde d’accord ? Nous avons notre petite idée là-dessus…

… et si Warner adoptait une politique créative claire ?

Les films du Marvel Cinematic Universe sont tous chapeautés par une tête pensante qu’est Kevin Feige. Warner a indiqué vouloir une politique différente, laissant le champ libre aux réalisateurs. Pourtant, le Director’s Cut, bien meilleur, de Batman v Superman n’a jamais atteint les salles de cinéma (en France, en tout cas), puisqu’il ne se trouvait que sur le blu-ray. Quant à la version de Suicide Squad pensée par David Ayer ? Elle ne verra sans doute jamais le jour.

Une politique menée par Charles Roven, la tête pensante de DC qui va finalement laisser sa place à Geoff Johns en tant que directeur créatif. Un Geoff Johns qui deviendra un peu le Kevin Feige de DC. Reste maintenant à savoir ce que le bonhomme a derrière la tête : Tout contrôler à la Marvel Studios ou laisser les réalisateurs faire ce qu’ils souhaitent avec les personnages ?

En tout cas, la seule certitude est la volonté du bonhomme de faire des films moins sombres. Lors d’une interview accordée au Wall Street Journal en septembre 2016, Johns estimait que les films DC se devaient d’être plus optimistes, plus légers, sans forcément tomber dans la bouffonnerie Suicide Squadesque ou le sérieux de Batman v Superman. L’important, pour lui, sera de rester fidèle aux personnages.

Un changement de ton qui s’est senti dans Wonder Woman, qui a su allier humour et sérieux avec parcimonie. De même, les trailers de Justice League laissent suggérer l’échange de punchlines bien senties entre nos héros. Les mauvaises langues diront peut-être que ce changement de cap a été fait pour se calquer sur les films de Marvel Studios, mais si cela peut sauver le DCEU, c’est tout de même bon à prendre.

Car la meilleure manière d’attirer le public, c’est bien de faire de bons films, non ?