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Epic Games VS Apple : les moments forts de la deuxième semaine du procès

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Par Elisa Rahouadj le

Les experts se sont succédés à la barre pour cette deuxième semaine de procès, dont l'issue est encore trop floue pour être prédite.

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© Trac Vu / Unsplash

Après une première semaine riche en arguments et en joute verbale, le procès qui oppose Apple à Epic Games a eu droit à une deuxième semaine qui n‘était pas de tout repos. Durant celle-ci, les deux parties ont appelé à la barre des experts en économie et en analyse afin de les aider dans leur argumentaire respectif. Si aucune des deux entreprises n’a particulièrement su se démarquer et gagner les faveurs de la juge, elles n’ont pas lésiné sur les moyens pour faire valoir leur opinion sur le marché du jeu vidéo.

La juge appelle à un arrangement entre Apple et Epic Games

Le destin de Fortnite sur iOS se précise alors qu’Apple fait valoir ses arguments. Richard Schmalensee, professeur eu MIT et expert en économie, a témoigné en faveur d’Apple en déclarant qu’aucune des règles de l’entreprise n’étaient « anti-concurrentielles ». Cela s’ajoute au fait qu’Epic Games semble avoir du mal à prouver les faits d’anti-concurrence malgré plus d’une centaine de documents et des arguments convaincants. La juge, quant à elle, ne semble convaincue par aucune des deux parties pour le moment, répondant que le cas d’Epic Games reposait sur les lois d’un marché qui n’est pas assez bien défini et ne possède pas de règles assez claires pour que les deux entreprises arrivent à se mettre d’accord sur ce qui se fait ou ne se fait pas.

Dans ce sens, la juge a d’ailleurs fait une déclaration qui pourrait signifier le retour de Fortnite sur iOS d’ici peu de temps. En somme, elle a demandé aux deux parties de trouver un arrangement qui pourrait bénéficier aux deux parties puisque « un côté dit noir, et l’autre dit blanc. Dans ce genre de cas, la réponse se trouve souvent quelque part dans le gris ».

Dr. David Evans, un économiste de l’Université de Chicago, a témoigné pour Epic Games, réitérant l’argument précédemment invoqué par Lori Wright de Microsoft, à savoir qu’un téléphone mobile n’est pas un marché interchangeable avec le marché des consoles. De plus, il a affirmé qu’Apple empêchait les développeurs de faire savoir à leur audience si les prix affichés comprenaient la commission d’Apple ou s’ils pouvaient obtenir de meilleures offres ailleurs.

Une issue plus qu’incertaine

Benedict Evans, un analyste technologique, pense que les 30 % de commission actuellement pris par Apple devront de tout façon être réduits. Le pire scénario pour l’entreprise serait que la juge permette « aux entreprises de technologie financière de remplacer le système de paiement in-app d’Apple lui-même, ou même de remplacer Apple Pay, afin de permettre à d’autres entreprises de proposer un paiement sur le téléphone à la place d’Apple ». Cela serait dramatique pour Apple sachant qu’en 2020, l’App Store lui a rapporté plus d’argent que l’industrie de la musique ne s’en est fait grâce aux téléchargements et au streaming.

Selon plusieurs autres experts, quel que soit le résultat du procès, Apple ne pourra pas continuer avec les règles actuelles concernant l’App Store. En effet, en cas de défaite, l’entreprise devra les modifier afin de ne plus avoir de comportement anti-concurrentiel. En cas de victoire, en revanche, Apple devra tout de même procéder à des changements dans sa manière de faire afin d’éviter tout autre procès du genre. De plus, même si les faits d’anti-concurrence ne venaient pas à être prouvés, Epic Games a réussi à déballer de solides arguments contre Apple, ce qui obligerait l’entreprise à revoir ses méthodes pour regagner le soutien de l’opinion publique.

Enfin, Tim Cook, le PDG actuel d’Apple, devrait faire une apparition en tant que témoin final durant la dernière semaine de procès. Les jeux sont donc encore loin d’être faits pour le moment et la troisième semaine de procès s’annonce d’ores et déjà intense.