Dossier

[La sélection de la rédaction] Les 10 films et séries à voir sur Netflix en octobre

... Et pour être serieux

Cinéma

Par Henri le

The Truman Show

The Truman Show fut l’un des films marquants de l’année 1998, et reste encore aujourd’hui un plaidoyer vivace sur l’avènement de la télé-réalité et la mise en scène médiatique. Peter Weir met son talent au service du scénario machiavélique d’Andrew Nichol, qui fait du spectateur du film un élément à part entière de l’intrigue.

Truman Burbank est un homme à qui la vie semble sourire. Il vit dans un beau pavillon situé dans une jolie station balnéaire, aime son travail et sa radieuse épouse Meryl. Mais malgré tout ce bonheur, il arrive que Truman se sente étranger à tous les gens qui l’entourent. Petit à petit, il commence à se demander s’il n’est pas observé. Mais par qui ? Et pourquoi ?

Le film de Weir tient en haleine et offre un rôle de choix à Jim Carrey, qui lui permet de sortir du registre comique dans lequel il s’était engoncé. L’acteur livre ainsi une de ses plus belles prestations et prouve à Hollywood qu’il n’est pas seulement un expert de la grimace. Il est cependant très bien entouré par Laura Linney et l’indétrônable Ed Harris, convainquant en gourou aux allures de Steve Jobs. Un drame visionnaire, qui ne fait pas ses vingt ans.

Drive

Repéré grâce à la très solide trilogie Pusher, Nicolas Winding Refn est reconnu du grand public avec Drive, sorti en salle en 2011. Librement adapté du roman du roman éponyme de l’écrivain James Sallis, le film est devenu un classique instantané pour une partie des cinéphiles.

On y découvre la vie d’un chauffeur hors pair, cascadeur le jour et conducteur pour des truands la nuit. Solitaire et peu bavard, sa route va croiser celle d’Irene et de son fils, dont le père est en prison. Pour la première fois, il va ressentir de l’empathie. Afin de les aider, il va prendre part à un braquage qui va mal tourner. Conscient de la menace qui pèse sur ces deux innocents, il va déchainer toute sa violence pour les protéger.

Refn alterne silence et furie avec grand talent, le tout enrobé d’une mise en scène poétique et d’une bande-son pop et planante. Il emprunte au grand de l’action comme Mann ou Scorsese tout en les réinterprétant à sa manière. Ryan Gosling signe ici un des rôles les plus importants de sa carrière accompagné par la toujours excellente Carey Mulligan. Un grand film de genre.

28 semaines plus tard

Suite indirecte de 28 jours plus tard (qui n’est d’ailleurs pas disponible sur Netflix !), 28 semaines plus tard peut néanmoins être vu séparément. Moins inspiré que son ainé, le film de Juan Carlos Fresnadillo reste un solide thriller d’épouvante.

Alors qu’un virus a totalement décimé l’Angleterre, en transformant les habitants en monstres assoiffés de sang, les survivants tentent de reconstruire la société avec l’aide des forces américaines. Don (interprété par un très bon Robert Carlisle) a perdu sa femme, mais retrouve ses enfants dans la zone sécurisée. Rongé par la culpabilité, il tente de se reconstruire pour eux. Mais une autre vérité les attend.

Malgré l’absence de Danny Boyle derrière la caméra, Fresnadillo conserve la peur primale du premier film. Nettement plus porté sur l’action, le long-métrage réserve quelques scènes spectaculaires et se permet de critiquer assez intelligemment l’impérialisme américain. Oscillant entre huis clos et guerre ouverte, il accouche d’une œuvre d’une belle intensité.

The Ghost Writer

Après l’immense succès de Le Pianiste, Roman Polanski avait connu un passage à vide. En 2011, il renoue avec le succès grâce à The Ghost Writer, et obtient le César du meilleur réalisateur.

Il narre l’histoire d’un « Ghost », un terme traduisible par « écrivain-nègre », engagé pour aider à terminer les mémoires de l’ancien Premier ministre britannique Adam Lang. Alors qu’il se lance dans son travail avec ferveur, il se rend compte qu’un précédent écrivain qui œuvrait déjà sur cet ouvrage a disparu. Cet homme, qui est mort accidentellement, était l’ancien bras droit de Lang…

Petit à petit, l’écrivain commence à s’intéresser à certaines rumeurs concernant le ministre, notamment celles qui évoquent une complicité de crimes de guerre. Profitant de sa position privilégiée, il va alors mener l’enquête.

Porté par un casting impeccable, composé d’Ewan McGregor, Pierce Brosnan et Kim Cattrall, ce film de genre arrive a très vite fait de nous embarquer dans son histoire. Il redonne ses lettres de noblesse au thriller politique, tombé un peu en désuétude dans les années 2000. Il propose un montage en puzzle et un scénario rempli de faux-semblant porté par une mise en scène sobre, mais efficace. On ne sait jamais vraiment où le long-métrage nous mène, mais on suit sa mécanique diabolique avec excitation.