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[Dossier] Pourquoi il faut absolument revoir l’anime Ghost in the Shell

Une oeuvre visuelle...

Cinéma

Par Henri le

Car c’est un véritable classique du manga japonais

The Ghost in The Shell (abrégé en GITS) fait partie de l’importante famille des Seinen manga. Une production destinée aux jeunes adultes de 15 à 30 ans, majoritairement masculins. Toutefois, la cible peut parfois être plus âgée. Un manga est considéré comme un Seinen seulement s’il a fait l’objet d’une prépublication dans un magazine pour adolescents. Ce fut le cas de l’œuvre de Shirow Masamune, qui fut diffusée dans le Young Magazine de mai 1989 à novembre 1991.

Crédits : Halcyon Realms

Il fut ensuite compilé dans un tankobon (un ouvrage qui regroupe toute l’histoire en une fois) dès le mois d’octobre 1991. La version anglaise fut elle déclinée en huit petits volumes en 1995. Il faut d’ailleurs savoir que son véritable titre est Kōkaku Kidōtai, ce qui signifie « policiers antiémeute en carapaces offensives ». Deux autres épisodes nommés Ghost in the Shell 2 : Man-Machine Interface et Ghost in the Shell 1.5: Human Error Processor verront le jour et connaîtront un succès retentissant au Japon et dans de nombreux autres pays.

Avec d’autres chefs-d’œuvre comme Akira, ces mangas posent les jalons du genre cyberpunk, qui intègre des scènes d’action haletantes, mais également une réflexion poussée sur les dérives de la société informatisée. Lors de sa création, Masamune voulait un récit profond, mais simple à comprendre. Au vu de la richesse de ce dernier, il est tout de même conseillé de le lire deux fois pour mieux saisir les enjeux de l’histoire. Glénat vient d’ailleurs de republier le manga dans sa Perfect Edition, qui respecte les desiderata de l’auteur.

Parce que c’est un chef-d’œuvre de l’animation

L’aura de Ghost in the Shell va considérablement grandir lors de la sortie en 1995 de l’anime éponyme. Réalisé par le talentueux Mamoru Oshii et le studio d’animation Production I.G, le film donne vie à l’univers créé par le mangaka. Projeté en novembre 1995, il fait écho à plusieurs faits divers japonais très marquants (séisme de Kobe, attentat au gaz sarin à Tokyo), mais aussi à la sortie de Windows 95, qui marquera le début de la propagation d’internet dans le monde.

Composé de la fine fleur de l’animation nippone, Production I.G va utiliser des méthodes d’animation assistées par ordinateur qui vont faire passer l’anime dans une nouvelle ère. Les mouvements vont ainsi pouvoir être animés de manière numérique dans des environnements entièrement dessinés à la main. Une technique qui parait tout à fait banale aujourd’hui, mais qui relevait de la prouesse à l’époque.

L’autre grande force de l’anime réside dans son écriture, ici prise en charge par Kazunori Ito. Ce dernier a en effet réussi à compiler l’essentiel de la réflexion du manga dans un long-métrage de 1h 23, ce qui est extrêmement difficile pour une œuvre japonaise. La combinaison de ces talents font de Ghost in the Shell un véritable tour de force visuel.