Dossier

Pourquoi vous devez (re)voir Twin Peaks avant son grand retour sur les écrans

Un ovni télévisuel

Série

Par Elodie le

Tout en un

Twin Peaks, saison 1

À l’époque, Le Prince de Bel Air, Code Quantum, Mac Gyver, 21 Jump Street, mais aussi Parker Lewis (ne perd jamais), Alerte à Malibu, Beverly Hills et ses avatars produits par Aaron Spelling squattent les écrans et signent l’imagerie des 90’s. Lumineuse, blonde, healthy, overbrushée et maquillée. Des soap opera pur jus comme l’Amérique sait en créer. Un genre gravé dans le marbre qui vola en éclat avec l’arrivée de l’ovni télévisuel conduit par David Lynch.

Twin Peaks aura réussi ce pari fou de proposer une série où tous les genres se mélangent de façon cohérente. Série policière du fait de son intrigue principale, Twin Peaks n’en est pas moins une oeuvre fantastique sur fond de soap opera. À ce titre, rien n’est laissé au hasard, tout est savamment pensé et exacerbé : la maladresse (l’adjoint du shérif Andy Brennan), la folie (Nadine Hurley, Leo Johnson), l’excentricité (Ben Horne) des uns, rivalisent avec la féminité (Josy Packard, Donna Hayward ou Audrey Horne), les sentiments (James Hurley et Donna ou le shérif Harry S. Truman et sa fébrile Josie) des autres.

Certains dialogues et situations s’y prêtent d’ailleurs à merveille et n’ont rien à envier au feuilleton mielleux dont les personnages semblent eux-mêmes friands : Invitation to Love.

Le rythme volontairement lent et contemplatif de la série est parfaitement assumé. Et si les genres se mêlent, ils n’emmêlent pas l’intrigue, bien au contraire, il la dénoue. Les intrigues secondaires n’ont de secondaires que le nom : si elles peuvent paraitre accessoires, elles se révéleront primordiales en fin de course.

Malgré son apparence pointue, voire élitiste, Twin Peaks réussit à fédérer une palette de publics très variés.