Dossier

Pourquoi vous devez (re)voir Twin Peaks avant son grand retour sur les écrans

Vous avez dit "normal" ?

Série

Par Elodie le

Une inquiétante banalité

Twin Peaks aura réussi ce tour de force de rendre inquiétant, ce qui est banal, si ce n’est normal.

La plus petite ville, tranquille en apparence, peut cacher la plus affreuse des monstruosités. Cette série interpelle grâce à ce qu’elle évoque en nous : c’est une ville comme on peut en croiser, dans laquelle on pourrait vivre. Cette ville c’est la nôtre, ses habitants pourraient être nos voisins, nos amis ou parents.

Twin Peaks n’existe pas, mais cette ville nous est familière. Celle où se croise une galerie de personnages, rassemblée au sein d’une communauté où tout le monde se connait. Chacun a sa place dans la société, un rôle déterminé, inchangé, le maire, la reine du bal, le militaire, la serveuse du dinner, le patron de l’hôtel, le shérif, la jeune ingénue, etc.

Laura Palmer

Une vie bien rodée que le meurtre de Laura Palmer, reine de bal au visage angélique, fera valser. « Qui a tué Laura Palmer ? » deviendra l’ultime question à laquelle répondre, chacun y allant de ses interrogations et suspicions. Ce crime fait voltiger la poussière amassée sous le tapis de cette communauté de 50 000 habitants dans ce qui ressemblera à un véritable huit clos à ciel ouvert où chaque personnage sera amené à se dévoiler par la force des choses.

Les aspects qui donnaient alors à Twin Peaks cette allure de ville idyllique et préservée (hôtel du Nord face aux grandes cascades, la forêt, la convivialité entre habitants, etc.) sont les mêmes aspects qui la rendront dérangeante à plus d’un titre. Ce qui était hier n’est plus.

Twin Peaks interroge sur la folie, la normalité, ce qui relève du rêve, de la réalité, du bien et du mal. À travers la mort de Laura Palmer, c’est notre propre humanité qui est interrogée, la part d’ombre qui sommeille en chacun de nous. À mesure que les masques tombent, elle semble se révéler. Chaque personnage cache un secret (meurtre, adultère, escroquerie, mœurs dissolues, etc.) susceptible de le faire basculer.

En ce sens, Bob est la métaphore parfaite du mal incarné. Une entité maléfique qui prend possession du corps et de l’âme de ses victimes et qui apparaît sous sa forme humaine, effrayante à souhait, ou sous celle d’une chouette, animal nocturne s’il en est.

Bob

Bob ne meurt jamais, il voyage d’hôte en hôte et répand la mort sur son passage. Il représente notre face obscure, celle qui fait de l’homme un loup pour l’homme, et réveille ses plus bas instincts.