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[Dossier] Power Rangers : Des collants fluo au blockbuster

Tu montes, chéri ?

Des Super Sentai originaux, il ne conserve alors que les séquences de combat, les streums en plastique avec fermeture éclair dans le dos, et quelques séquences durant lesquelles les grands méchants tapent du pied dans leur repère secret. Tout le reste est produit en studio, par des équipes américaines, canadiennes, australiennes, néo-zélandaises ou anglaises (selon les époques). Pour des raisons de logique de continuité, il fait appel à des cascadeurs pour tourner quelques séquences de baston. Et pour des raisons de coût, il fait venir des réalisateurs japonais qui, en plus de connaître l’univers du Sentai et du coup de tatane sur trampoline avec explosion au second plan, sont payés beaucoup moins cher que les autres. Le résultat ? Un univers bien plus enfantin que les séries parfois sombres des Super Sentai, que Saban considère plus facilement vendable au monde entier. Et dans l’idée, il n’a pas tort, puisque le phénomène des Power Rangers va exploser, dès ses débuts en 1993, et continuer jusqu’à aujourd’hui.

Alors bien entendu, le fait de traficoter du matériel original pour en changer la saveur et même parfois le sens, ne se fait pas sans accrocs. Il n’est pas rare de constater par exemple des différences physiques entre les protagonistes et leurs versions Rangers en costume. C’est le cas notamment du Ranger jaune de la première série, qui dans la version Super Sentai est un homme, ce qui explique d’ailleurs son absence de jupette et de poitrine, alors qu’il s’agit d’une jeune femme (avec de la poitrine, elle, et surtout asiatique, histoire de pousser le cliché du Ranger Jaune…) dans la version Saban. Les incohérences physiques sont nombreuses si l’on regarde sur l’intégralité de la saga, et visiblement toutes les écoles du monde de Saban se trouvent à proximité d’un chantier de sable et de machines forer le sol. Malgré tout, la version américanisée fonctionne et plait. Sûr qu’il est plus facile pour un enfant de s’identifier à un héros quand le casting fait penser à une pub pour Benetton que lorsqu’il s’agit d’un casting exclusivement japonais. Pour le respect de l’œuvre, par contre, on repassera.