Dossier

Notre sélection des 10 meilleurs films de Steven Spielberg

Un cinéaste engagé

Cinéma

Par Julien Paillet le


Munich – 25 janvier 2006

Film marquant définitivement la maturité de Spielberg et son passage à l’âge adulte, Munich est l’une des œuvres les plus sombres de son réalisateur. C’est aussi l’un des rôles les plus extraordinaires d’Eric Bana, qui interprète ici un agent du Mossad traquant les onze représentants de Septembre Noir (les personnes désignés comme étant responsable de l’attentat de Munich aux Jeux Olympiques).

Oeuvre de toutes les polémiques pour le réalisateur, qui signe pourtant ici l’un de ses films les plus bouleversants, les plus humanistes et importants de sa carrière. Une création ayant l’extrême intelligence de dépasser son sujet pour mieux toucher à l’universel, à savoir la nature humaine et sa tragique propension à répéter sa barbarie.

Rarement aura-t-on vu un dernier plan aussi tétanisant que celui de Munich, qui, en quelques secondes et avec trois fois rien, parvient à transcender ce qui était déjà un très grand film en lançant au spectateur un appel à changer le monde. Prodigieux.

Le Terminal – 15 septembre 2004

Un film mineur chez Spielberg reste (presque) toujours un grand film en soit. La preuve avec Le terminal, métrage réussissant l’exploit de rendre ludique une histoire se déroulant durant plus de 2h dans un aéroport. Cet exploit, le film le doit autant à la performance humaniste de Tom Hanks qu’à l’extraordinaire mise en scène du réalisateur qui semble à ce moment là de sa carrière avoir gagné encore d’avantage en fluidité.

Inspirée d’une histoire vraie, le long-métrage narre l’histoire de l’iranien Mehran Karimi Nasseri. Surnommé « Sir Alfred Mehran », l’homme est un réfugié qui a vécu dans le terminal 1 de l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle du 8 août 1988 jusqu’en août 2006. Soit pendant dix-huit années. 

Si le film peut paraître désuet pour certains en raison de son optimisme à toute épreuve, il faut en réalité davantage y voir une oeuvre profondément moderne et nuancée citant aussi bien Frank Capra (pour la manière de traiter la réalité comme un conte) et Charlie Chaplin (pour le burlesque et le traitement du personnage principal). En résulte un film attachant. Une fausse création mineure mais une vraie leçon de cinéma à la manière de Cheval de guerre, Le pont des espions ou encore Pentagon Papers.