Dossier

Notre sélection des 10 meilleurs films de Steven Spielberg

Chefs-d'oeuvre

Cinéma

Par Julien Paillet le

La liste de Schindler – 2 mars 1994

Film de la consécration pour Spielberg qui reçu (enfin) son premier oscar pour le meilleur film et le meilleur réalisateur. Des recompenses plus que mérités pour le travail accompli sur le crépusculaire et humaniste La liste de Schindler.

Film dense d’une durée avoisinant les trois heures de projection, le long-métrage est l’un de ceux que l’on voit au moins une fois dans sa vie. Si tout à déjà été dit sur le sujet, comment ne pas mentionner cette fulgurance de mise en scène lorsque Spielberg décide, dans un film en noir et blanc, de donner à une fillette juive un manteau de couleur rouge. Superbe idée permettant d’individualiser la communauté à laquelle appartient le personnage tout en faisant preuve d’un sens esthétique remarquable.

La liste de Schindler doit également son succès au talent de conteur de son réalisateur. En effet, le film fait preuve d’une tension permanente (la scène « choquante » des douches) et d’un style incroyable se nourrissant autant de la grammaire cinématographique que de celle du documentaire historique. Liam Neeson fait preuve d’un humanisme sublime face au génial Ralph Fiennes, grimé en terrible Amon Goethe. Une oeuvre difficile mais nécessaire. 

Avec ce film, Spielberg n’est plus seulement un magicien du divertissement intelligent. Il est définitivement devenu l’égal des plus grands aux côtés de John Ford, Hitchcock, Kurosawa, et quelques autres génies du septième art. 

A.I Intelligence Artificielle – 24 octobre 2001

Film extraordinaire à plus d’un titre, A.I Intelligence Artificielle est sans doute le plus beau poétique réalisé par Steven Spielberg. Relecture moderne de Pinocchio, fable futuriste sur le temps et l’amour, mélodrame déchirant, oeuvre de science fiction totale sur les robots dotés d’une “âme”.

A.I est tout cela à la fois, et tellement plus. Au perfectionnisme froid et majestueux de Stanley Kubrick (dont il s’agissait du projet à l’origine, avant son décès) s’ajoute l’émotion brute, le sens du spectacle pur et le désenchantement noir du père d’E.T. En découle deux visions magistrales, ne venant jamais se contredire mais, au contraire, réussissant à se compléter parfaitement. 

Terrassant d’émotion, le film vaut autant pour sa réflexion sur ce qui nous définit en temps qu’être humain que pour ses sidérantes prouesses visuelles. Les images capables de s’inscrire durablement dans la conscience du spectateur trouvent en effet ici un port étendard de choix. On retiendra, entre autres, les nombreux et saisissants designs de robots aux effets spéciaux fantastiques, la séquence sadique de la foire, la montgolfière en forme de pleine lune, ou encore ce climax incompris… Qu’on vous laisse redécouvrir.

Le film définitif sur l’intelligence artificielle, complétant à merveille les réflexions révolutionnaires amorcées par Blade Runner et Ghost in the shell. Scott montrait que les robots n’étaient pas seulement supérieurs physiquement mais également spirituellement aux hommes par le biais du monologue final inventé par Rutger Hauer. Mamoru Oshii offrait quant à lui à penser philosophiquement la notion d’âme transposée à l’intérieur d’un corps mécanique en s’interrogeant sur la possibilité d’une nouvelle forme de vie à venir créé à partir de l’esprit humain et de l’âme d’un être artificiel. 

Une analyse pertinente portée sur le sound design et la musique de John Williams : 

A.I décrit une quête du bonheur impossible. Celle que nous, êtres humains esseulés, cherchons à atteindre chaque jours de nos existences sans jamais y parvenir. Pour Spielberg, le bonheur n’est ainsi qu’un rêve, tragiquement inaccessible à l’homme. Ce dernier n’ayant d’autre choix que de sombrer in fine dans le néant.

Comment ne pas mentionner également la performance de Hey Joel Osment (Le sixième sens) dans le rôle de David, l’enfant star de l’oeuvre. Le jeune acteur, avec sa plastique unique, donne une dimension émotionnelle supplémentaire à la réalisation. Enfin, A.I Intelligence Artificielle reste un grand film sur l’amour, le vrai. Celui capable de nous faire aimer l’autre plus que nous-même. Sublime et visionnaire. 

Indiana Jones et le temple maudit – 16 septembre 1981

Film toujours loin de faire l’unanimité à l’intérieur de sa propre saga (beaucoup lui préfère Les Aventuriers de l’arche perdu), Indiana Jones et le temps maudit est peut être l’oeuvre la plus complexe à aborder de Steven Spielberg. Tout d’abord parce qu’il s’agit ni plus ni moins du film le moins aimé de son auteur.

Dans le quotidien The Sun-Sentinel, le cinéaste déclare en mai 1989 : “Je ne suis pas du tout content du deuxième Indiana Jones. Le film est trop sombre, trop souterrain, et beaucoup trop effrayant. C’est encore pire que Poltergeist. Il n’y a absolument rien de personnel dans le temple maudit.

Des propos à la fois surprenants compte tenu de la qualité du Temple maudit et attendus . Spielberg ayant toujours eu un rapport ambiguë avec la violence et la morale.

Pour en savoir plus :

Quoique puisse en penser son propre réalisateur, Indiana Jones et le temple maudit demeure toujours à ce jour ce que l’on peut aisément considérer comme le film d’aventure terminal, jamais égalé depuis dans le genre.

Si La désolation de Smaug aurait pu prétendre à ce titre, les problèmes de production du film n’en feront qu’un blockbuster certes hors norme mais jamais à la hauteur de la folie et de la virtuosité du temple maudit. Le long-métrage se présente en effet comme un pur roller coaster où les séquences d’anthologies se succèdent à un rythme hallucinant. On retiendra ainsi une superbe ouverture sous forme de comédie musicale (pas étonnant lorsque l’on sait que Spielberg rêve depuis des années d’en mettre une en scène), un atterrissage mouvementé en bateau gonflable suite à l’abandon d’un avion à la dérive, un repas à la cervelle de babouin aussi amusant qu’inquiétant, et un dernier acte sous forme de film d’horreur épique complètement furieux. 

S’ajoute à cela tout un sous texte sur la misère et la soif de pouvoir des hommes. À noter que c’est avec ce film que le PG-13 fut créé aux USA (l’équivalent du moins de douze ans en France) tant la violence du film avait choqué la MPAA, le comité de censure américain. Un classique parmi les classiques.