Dossier

[Sélection] Cyberpunk : ciné, séries, BD, bouquins, nos 10 œuvres coups de cœur

Le cinéma, les séries

A Scanner Darkly

Film de Richard Linklater, connu notamment pour le récent Boyhood, A Scanner Darkly réussit deux exploits, donner l’impression que Keanu Reeves est un bon acteur et adapter avec brio le génial texte de Philip K.Dick (encore lui) Substance Mort. Le propos se situe en 2013, époque où une drogue – la Substance D – fait des ravages. Un flic, Bob Arctor est chargé d’enquêter sur le trafic, mais il va vite se rendre compte que celui qu’il espionne est loin de lui être inconnu. Thriller parano génial au style visuel unique, il mêle dystopie et cyberpunk dans un balai dérangeant.

Blade Runner

Adaptation par Ridley Scott du roman de Philip K.Dick Les Androïdes rêvent-ils de Moutons Électriques ?, Blade Runner se déroule dans un futur pas si lointain où des formes de vie mécaniques à visage humain, les Réplicants, sont présents dans toutes les strates de la société. Et lorsque des crimes les impliquant surviennent, les Blade Runner sont chargés de les éliminer. Réflexion passionnante sur ce qui définit l’humanité et sur la place des émotions, le film a certes un peu vieilli, mais reste d’une rare intelligence, source principale d’une esthétique qui sera souvent reprise dans le cinéma « cyberpunk ».

Ex Machina

Film d’Alex Garland, scénariste important dans la carrière de Danny Boyle, qui a notamment écrit La Plage, 28 Jours Plus Tard et Sunshine, Ex Machina est à un niveau d’écriture tout autre. Se déroulant dans une maison luxueuse détenue par un scientifique de talent Nathan, l’histoire se concentre sur Caleb, un programmeur invité par ce dernier pour faire passer le test de Turing à un androïde. Réflexion sur l’auto-détermination et la volonté de survivre, Ex Machina bénéficie d’une photo magnifique et d’un sous-texte d’une grande richesse.

Blame

Manga de Tsutomu Nihei, Blame sera présent sur Netflix sous la forme d’un film d’animation en mai 2017. Réputé inadaptable du fait de la complexité de son background et du quasi mutisme de tous ses personnages, Blame met en scène Killy, un jeune homme troublé et solitaire qui progresse verticalement dans un dédale de machines et de structures improbables où l’humanité est réduite à quelques individus. D’une puissance graphique rare, Blame est un conte désespéré et violent, où la démesure écrase le moindre individu. Un chef d’oeuvre inextricable qui marque durablement.

Lain

Oeuvre du prolifique et talentueux Ryūtarō Nakamura, malheureusement disparu en 2013 et à qui l’on doit des petites pépites comme l’Odyssée de Kino ou encore Ghost Hound, Lain est une série d’animation japonaise diffusée en 2003 et réalisée par le studio Madhouse. Elle met en scène la toute jeune Lain Iwakura, repliée sur elle-même et fascinée par le Wired, une sorte de monde virtuel mâtiné d’internet. Claque troublante sur la notion de réalité, Lain interroge sur le rapport à soi et à la conscience. Percée de fulgurances visuelles et narratives, la série bénéficie en sus du chara-design somptueux de Yoshitoshi Abe.

Texhnolyze

Scénarisée par Chiaki J. Konaka, passionné par les notions de transcendance et adepte de questionnements sur le rapport homme/machine, Texhnolyze est une série d’animation japonaise qui tape fort, juste et redéfinit la notion de malaise. Dans une sorte de futur lointain, l’humanité vit dans une ville souterraine, Lukuss, en proie à une guerre de clans : l’Organo d’un côté et ses adeptes augmentés de prothèses mécaniques et la Salvation Army qui s’y oppose fermement. Au centre, Ichise, va être le témoin d’un profond changement. Maladroite mais brillante, cette série est un choc électrique constant, qui remue et fascine, à l’image de son opening incroyable.

Elles auraient mérité mais on a dû faire des choix

Transistor
Nikopol
Snow Crash
Metal Hurlant
Metal Gear Solid (2 et 4)
Tetsuo
Final Fantasy 7
Incal
Matrix
Ergo Proxy