Dossier

[Sélection] Les 10 films de l’année 2017 de la rédaction

Cinéma

Par Redac JDGe le

Après le jeu vidéo et la série TV, c’est donc au tour du cinéma de passer au révélateur de la rédaction du Journal du Geek. Et de notre point de vue, ça a été une très une belle année de cinéma, si bien qu’il a été très compliqué de dresser une sélection de 10 longs-métrages. Après moult discussions néanmoins, la voici !

Wind River

La La Land, Coco, The Lost City of Z, Grave, ou encore A Ghost Story auraient pu intégrer cette liste. S’ils n’y figurent pas, c’est pour des raisons d’unanimité. Cette année et contrairement aux deux dernières années, on a privilégié le compromis et l’unanimité plutôt que les coups de cœur personnels, c’est aussi ça l’esprit de Noël ! Gardez également à l’esprit qu’on a dressé une sélection de films considérés comme « geek », de genre (l’horreur, par exemple) ou issus des univers de l’imaginaire (science fiction, fantasy, etc.). Mais des longs-métrages comme Faute d’amour, 120 battements par minute ou encore Detroit ont été également de grands moments de cinéma pour certains membres de la rédaction !

Trêve de blablas, voici les 10 films qui ont été retenus cette année !

[nextpage title= »Ceux que l’on attendait »]

Blade Runner 2049

Blade Runner 2049 est un véritable hommage à l’oeuvre de Ridley Scott. Visuellement sublime, le film de Denis Villeneuve utilise d’abord l’image pour faire surgir la réflexion principale de la saga, opposant toujours humanité et robotique. Tout comme Rick Deckard en son temps, l’officier K est un Blade Runner qui traque et élimine les androïdes qui n’obéissent plus aux humains. Confronté à une découverte majeure, qui le fait douter de sa nature, il est à son tour traqué.

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Ce second film permettra de faire la lumière sur certaines interrogations de l’oeuvre originale, tout en en soulevant des nouvelles. Résolument contemplatif, le long-métrage ne conviendra pas à ceux qui cherchent un film bourré d’action, ce qui était déjà le cas de son grand frère. Une suite risquée, mais vraiment réussie.

Silence

Sorti en tout début d’année chez nous, Silence n’a pas connu le succès qu’il mérite. Inspiré du best-seller éponyme de Shushaku Endo, le dernier film de Martin Scorsese narre l’histoire de deux prêtres jésuites partis au Japon pour répandre la foi chrétienne et retrouver le père Ferreira, qui fut leur mentor. Ils vont se rendre compte que le christianisme est illégal et que les quelques fidèles sont persécutés. Ils vont donc poursuivre leur prosélytisme dans la clandestinité.

La superbe mise en scène de l’Américain sert une puissante réflexion sur la foi, qui évite d’être moralisatrice. Si le pouvoir japonais peut apparaître brutal face à des pacifistes, le long-métrage ne tombe jamais dans le manichéisme. Il met en lumière la pensée rationnelle et structurée d’un pays où le message christique n’a jamais vraiment pu s’imposer, et évoque la croyance via le prisme du doute. Un film lent, exigeant, qui se révèle d’une troublante actualité.

Dunkerque

Après l’ambitieux périple spatial Insterstellar, Christopher Nolan a cette fois choisi de raconter l’intime, l’histoire des 400 000 soldats alliés encerclés par les troupes allemandes dans la poche de Dunkerque au cours de la Seconde Guerre mondiale, cherchant une échappatoire. En s’intéressant tout particulièrement à quelques combattants (pilotes, soldats, marins), Nolan a fragmenté son récit pour s’intéresser à la petite histoire plutôt qu’à la grande. Œuvre résolument sonore, Dunkerque est une expérience avant tout sensorielle. En mer, en l’air ou sur terre, le spectateur assiste impuissant à un chaos absurde, face à un ennemi invisible. Malgré son rythme frénétique, le film ne tombe quasiment jamais dans les poncifs scénaristiques hollywoodiens. Preuve que le très grand spectacle peut encore côtoyer le film d’auteur.

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La Planète des Singes – Suprématie

Après deux épisodes de bonne facture, le dernier opus de La Planète des Singes était attendu au tournant. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a répondu aux attentes de la critique et du public. C’est simple, Matt Reeves a ici réalisé un des meilleurs blockbusters de l’année. Alors que l’on s’attendait à une simple bataille entre les humains et les singes, le réalisateur a préféré continuer de travailler le personnage de César, en le rendant encore plus proche de nous. Il nous interroge ainsi assez habilement sur ce que signifie être humain.

Les effets spéciaux impressionnent autant que la partition d’Andy Serkis, au moins aussi convaincant que dans son rôle de Gollum. Sans jamais abandonner leur animalité, les chimpanzés laissent transparaître une palette d’émotions encore plus subtile. L’écriture est précise, et permet d’éviter le manichéisme aseptisant inhérent à ce type de production. Les phases d’action haletante de la première partie laissent ensuite place à une relecture assez jouissive de La Grande Évasion, qui fait écho au premier film. Le meilleur film de la trilogie.

Logan

Véritablement à part dans la filmographie Marvel depuis le début des années 2000, de par sa noirceur notamment, Logan est un grand film de super-héros et sans hésitation aucune la meilleure réalisation mettant en scène Wolverine. Hugh Jackman nous quitte sur une performance de haut vol, ponctuée d’instants poignants. On ne peut que remercier James Mangold qui a compris l’essence de ce personnage qui a été bafoué par le passé et qui méritait une sortie digne des plus grands. Hugh Jackman tire sa révérence de la plus belle des manières.

[nextpage title= »Ceux qui nous ont surpris »]

Au revoir là-haut

Adapter le roman de Pierre Lemaitre, lauréat du prix Goncourt en 2013, n’était pas une chose facile, mais Albert Dupontel a relevé le défi avec brio. À la fois réalisateur et acteur, le français retrace l’épopée de deux rescapés de la Première Guerre mondiale, qui décident de monter une arnaque aux monuments aux morts. Ce duo d’écorchés vif va utiliser de toute son ingéniosité pour prendre sa revanche sur la vie, en plein cœur de la France des années folles. Doté d’une mise en scène virevoltante, ce récit aux accents picaresques joue avec l’émotion des spectateurs en alternant comédie et drame. Dupontel prouve ici que le cinéma français peut s’avérer plein de ressources, et signe un des plus beaux films de l’année.

Wind River

Passé relativement inaperçu, Wind River est pourtant un des meilleurs thrillers de l’année. Suite non directe de Sicario et Comancheria, il clôture un excellent cycle cinématographique dédié à l’Amérique et ses frontières sur lequel Taylor Sheridan a opéré en tant que scénariste et désormais réalisateur. Après le Mexique et le Texas, l’histoire se déroule ici dans l’immensité du Wyoming, qui accueille la réserve indienne de Wind River. Cory Lambert, pisteur et chasseur professionnel, découvre le corps sans vie d’une jeune native américaine à moitié enfoui sous la neige. La jeune recrue du FBI envoyée pour élucider l’affaire requiert son aide pour la guider à travers une nature particulièrement hostile. Elle va y découvrir l’isolement des populations indiennes, et l’impossibilité de faire régner la loi sur ce territoire fédéral.

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Porté par un Jeremy Renner qui n’avait pas été aussi convaincant depuis Démineurs, Sheridan signe un film crépusculaire qui se penche sur des peuples oubliés dans un désert de glace magnifique et mortel. Si son déroulement n’est pas vraiment original, la tension qui parcourt le long-métrage est palpable et nous accroche littéralement à l’écran. Une très bonne surprise.

Get Out

Pour sa première réalisation, l’humoriste Jordan Peele frappe très fort en nous livrant un thriller psychologique aussi haletant que surprenant. Chris, un jeune afro-américain, est invité à passer un week-end à la campagne dans la maison de famille de sa petite-amie, Rose. Si l’accueil de ses hôtes se veut jovial, ils ne peuvent s’empêcher de tenir des propos racistes, provoquant chez le spectateur comme chez Chris un sentiment de malaise. Une série événements plus louches les uns que les autres nous conduisent en sus à nous interroger sur les vrais motifs de la présence de Chris. Inspiré dans sa mise en scène et impeccable et dans son jeu d’acteurs, Get Out est une œuvre à plusieurs niveaux de lectures particulièrement subtile. Une des meilleures surprises de 2017.

Le Caire confidentiel

Primé au Festival International du film policier de Beaune 2017, Le Caire confidentiel est un petit bijou de polar. Il raconte l’histoire de Noredin, un inspecteur gradé qui s’est fait une place dans la hiérarchie policière grâce à des méthodes plus ou moins orthodoxes, dépêché pour enquêter sur le meurtre brutal d’une jeune chanteuse. Mais alors qu’on lui mâche le travail, Noredin se met à douter de la véritable identité du ou des coupables.

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Débute une enquête sombre qui lève le voile sur la corruption généralisée d’une partie du régime en place et de ses institutions, à quelques semaines du début de la révolution de 2011. En plus de jouer habilement avec les personnages emblématiques du genre policier, Tarik Saleh a su installer une atmosphère électrique, bouillonnante pour enrober l’odyssée de son personnage principal. Un polar tendu et engagé.

Que Dios nos perdone

Multi-primé (meilleur scénario au Festival International du film de Saint-Sébastien 2016, Prix Sang Neuf au Festival international du film policier de Beaune 2017), ce thriller espagnol poisseux nous emmène à Madrid en 2011 en pleine crise économique, où la visite du Pape Benoit XVI est imminente. Alors qu’un tueur de personnes âgées sévit dans les rues de la capitale, un duo d’inspecteurs aux méthodes musclées est alors mandaté pour trouver l’assassin avant la visite papale. Aidé par l’énorme prestation de ses deux acteurs principaux, le long-métrage de l’Espagnol Rodrigo Sorogoyen est un modèle d’efficacité et de tension. Avec L’Homme aux mille visages et La Isla Minima, Que Dios nos perdone pose une pierre de plus sur le bel édifice que se construit le cinéma espagnol depuis deux ans sur ce créneau.