Dossier

[Sélection] Les 10 films de l’année 2017 de la rédaction

Ceux que l'on attendait

Cinéma

Par Redac JDGe le

Blade Runner 2049

Blade Runner 2049 est un véritable hommage à l’oeuvre de Ridley Scott. Visuellement sublime, le film de Denis Villeneuve utilise d’abord l’image pour faire surgir la réflexion principale de la saga, opposant toujours humanité et robotique. Tout comme Rick Deckard en son temps, l’officier K est un Blade Runner qui traque et élimine les androïdes qui n’obéissent plus aux humains. Confronté à une découverte majeure, qui le fait douter de sa nature, il est à son tour traqué.

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Ce second film permettra de faire la lumière sur certaines interrogations de l’oeuvre originale, tout en en soulevant des nouvelles. Résolument contemplatif, le long-métrage ne conviendra pas à ceux qui cherchent un film bourré d’action, ce qui était déjà le cas de son grand frère. Une suite risquée, mais vraiment réussie.

Silence

Sorti en tout début d’année chez nous, Silence n’a pas connu le succès qu’il mérite. Inspiré du best-seller éponyme de Shushaku Endo, le dernier film de Martin Scorsese narre l’histoire de deux prêtres jésuites partis au Japon pour répandre la foi chrétienne et retrouver le père Ferreira, qui fut leur mentor. Ils vont se rendre compte que le christianisme est illégal et que les quelques fidèles sont persécutés. Ils vont donc poursuivre leur prosélytisme dans la clandestinité.

La superbe mise en scène de l’Américain sert une puissante réflexion sur la foi, qui évite d’être moralisatrice. Si le pouvoir japonais peut apparaître brutal face à des pacifistes, le long-métrage ne tombe jamais dans le manichéisme. Il met en lumière la pensée rationnelle et structurée d’un pays où le message christique n’a jamais vraiment pu s’imposer, et évoque la croyance via le prisme du doute. Un film lent, exigeant, qui se révèle d’une troublante actualité.

Dunkerque

Après l’ambitieux périple spatial Insterstellar, Christopher Nolan a cette fois choisi de raconter l’intime, l’histoire des 400 000 soldats alliés encerclés par les troupes allemandes dans la poche de Dunkerque au cours de la Seconde Guerre mondiale, cherchant une échappatoire. En s’intéressant tout particulièrement à quelques combattants (pilotes, soldats, marins), Nolan a fragmenté son récit pour s’intéresser à la petite histoire plutôt qu’à la grande. Œuvre résolument sonore, Dunkerque est une expérience avant tout sensorielle. En mer, en l’air ou sur terre, le spectateur assiste impuissant à un chaos absurde, face à un ennemi invisible. Malgré son rythme frénétique, le film ne tombe quasiment jamais dans les poncifs scénaristiques hollywoodiens. Preuve que le très grand spectacle peut encore côtoyer le film d’auteur.

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La Planète des Singes – Suprématie

Après deux épisodes de bonne facture, le dernier opus de La Planète des Singes était attendu au tournant. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a répondu aux attentes de la critique et du public. C’est simple, Matt Reeves a ici réalisé un des meilleurs blockbusters de l’année. Alors que l’on s’attendait à une simple bataille entre les humains et les singes, le réalisateur a préféré continuer de travailler le personnage de César, en le rendant encore plus proche de nous. Il nous interroge ainsi assez habilement sur ce que signifie être humain.

Les effets spéciaux impressionnent autant que la partition d’Andy Serkis, au moins aussi convaincant que dans son rôle de Gollum. Sans jamais abandonner leur animalité, les chimpanzés laissent transparaître une palette d’émotions encore plus subtile. L’écriture est précise, et permet d’éviter le manichéisme aseptisant inhérent à ce type de production. Les phases d’action haletante de la première partie laissent ensuite place à une relecture assez jouissive de La Grande Évasion, qui fait écho au premier film. Le meilleur film de la trilogie.

Logan

Véritablement à part dans la filmographie Marvel depuis le début des années 2000, de par sa noirceur notamment, Logan est un grand film de super-héros et sans hésitation aucune la meilleure réalisation mettant en scène Wolverine. Hugh Jackman nous quitte sur une performance de haut vol, ponctuée d’instants poignants. On ne peut que remercier James Mangold qui a compris l’essence de ce personnage qui a été bafoué par le passé et qui méritait une sortie digne des plus grands. Hugh Jackman tire sa révérence de la plus belle des manières.