Guide d’achat : bien choisir son smartphone

L’offre de téléphones mobiles n’a jamais été aussi fournie, mais paradoxalement, il n’a jamais été aussi compliqué de s’y retrouver et de choisir le smartphone le plus adapté à son usage. C’est la raison pour laquelle, le Journal du Geek vous aide à y voir plus clair dans cette jungle. Ce guide s’adresse à tous avec certains conseils destinés aux néophytes tandis que d’autres s’adressent à ceux qui connaissent déjà très bien le domaine.

Choisir son smartphone revient à se poser plusieurs questions. Budget, ergonomie, fonctionnalités, autonomie… sont autant de critères qui vous orienteront vers le choix de tel ou tel mobile.

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En premier lieu, avant même d’évoquer le hardware, il convient de distinguer l’offre de smartphones en fonction des différents OS mobiles. Le système d’exploitation est la pierre angulaire autour de laquelle un smartphone s’articule.

Les différents OS mobiles

iOS

iOS est, comme vous le savez, l’OS mobile d’Apple. Présent à la fois sur les iPad et les iPhone de la firme de Cupertino, il peut s’appuyer sur son magasin d’applications très fourni : l’App Store qui compte plus de 700 000 applications.

La 6ème version d’iOS, iOS 6, a été l’occasion pour Apple d’effectuer des changements majeurs sur son OS mobile. Les applis YouTube et Google Maps ne sont plus préinstallées d’office. Toutefois, Google propose une appli YouTube sur l’App Store. En revanche, pas d’appli Google Maps sur le magasin d’applis d’iOS. En achetant un iPhone (ou un iPad), vous devrez compter sur Plans (Maps en anglais), le système de cartographie d’Apple qui a été au centre de nombreuses critiques depuis le lancement iOS 6. Google plancherait toutefois sur une version de Google Maps destinée spécifiquement à iOS et il existe d’autres alternatives (appli Web Google Maps accessible depuis un navigateur, service de Bing, de Nokia…).

Avec iOS 7 (disponible depuis octobre 2013), Apple a ajouté de nouvelles fonctionnalités (comme iTunes Radio) mais a également chamboulé le design de son OS mobile.

Sous l’impulsion de John Ive, iOS 7 fait place au flat design. Place aux couleurs vives et à la simplicité pour améliorer l’ergonomie.

Apple a également profité de cette nouvelle itération d’iOS pour intégrer son service de streaming iTunes Radio. Mais iOS 7, c’est aussi une nouvelle version du navigateur internet Safari (avec mode plein écran disponible), la mise à jour automatique des applications, la possibilité de partager des photos grâce à Airdrop (entre terminaux iOS, Apple TV et Mac), l’aperçu des notifications depuis l’écran de verrouillage, des améliorations pour l’assistant vocal Siri (avec possibilité de tweeter ou de mettre à jour son statut Facebook…)…

Il ne s’agit pas ici de faire l’historique ou de décrire dans le détail de l’OS mobile d’Apple.
Sachez toutefois qu’il possède quelques spécificités qu’il faut avoir à l’esprit. Ainsi, Apple oblige les éditeurs de navigateurs internet à utiliser WebKit. Plus précisément, Apple oblige les développeurs de navigateurs à utiliser la bibliothèque WebKit pour intégrer un moteur de rendu dans leur navigateur. Ceci se révèle probématique pour certains éditeurs ou fondations comme Mozilla utilise qui Gecko pour son navigateur Firefox (et pour Firefox OS). La société norvégienne Opera a toutefois montré qu’il était possible de s’en affranchir indirectement. Opera Mini, mais aussi iSwifter utilisent leur propre moteur de rendu sur des serveurs dédiés et envoient ensuite une image du rendu vers les appareils iOS. Le code des pages web n’est ainsi ni téléchargé, ni exécuté sur le terminal iOS. Une astuce permettant de contourner les contraintes imposées par Apple qui pourrait inspirer Mozilla et qui a surtout le mérite de rendre la navigation plus fluide. Reste que les autres navigateurs présents sur iOS s’appuient sur WebKit (Safari bien entendu, mais aussi Chrome, iCab Mobile…). Une spécificité qui semble anecdotique, mais qui est assez révélatrice de la politique d’Apple avec iOS. Cependant, si iOS est effectivement fermé avec tous les défauts que cela comporte, cela permet également à Apple de le modeler à sa guise.

Enfin, s’il est difficile de tirer une règle concernant l’obsolescence d’un iPhone, on peut s’appuyer sur l’exemple d’iOS 6. L’avant-dernière itération d’iOS est supportée par 4 générations d’iPhone : les iPhone 5, 4S et 4 bien entendu mais aussi par le 3GS. Ce dernier est sorti le 19 juillet 2009 en France, soit il y a un peu plus de 3 ans. Toutefois, difficile de tirer une règle systématique de cet exemple. Ainsi, le premier iPad qui est commercialisé aux États-Unis depuis avril 2010 n’a pas eu droit à la mise à jour iOS 6 (son hardware est pourtant légèrement plus puissant que celui de l’iPhone 3GS).

Ajoutons que l’iPhone 5S est le premier smartphone à embarquer un processeur à architecture 64 bits (les tablettes iPad Air et Mini avec Retina lui ont emboîté le pas ensuite). Cela signifie donc qu’iOS 7 est à la fois compatible avec des applications compilées pour des architectures 32 bits et 64 bits. Mais, rassurez-vous, cela n’a pas d’influence directe sur l’expérience utilisateur.

Android

C’est l’OS mobile développé par Google. Inutile de le présenter en détail (il faudrait au moins un dossier complet pour cela). Toutefois, sachez que contrairement à iOS, Android est un OS mobile open source. Il est développé pour être omnipotent de sorte à pouvoir être adapté facilement sur des terminaux très différents. Son magasin d’applications, le Google Play (anciennement Android Market), compte depuis fin octobre 2012 plus de 700 000 applications.

On distingue la version dite “stock” d’Android, c’est-à-dire celle qui n’a pas été personnalisée et qui correspond à la ROM “libérée” par Android. Il y a ensuite les versions personnalisées qui sont multiples et propres aux constructeurs, mais aussi aux opérateurs mobiles. Il s’agit pour ces derniers de différencier l’OS et d’intégrer nativement leurs applis et leurs services. Samsung propose la surcouche Touchwiz, HTC : Sense, Motorola : MotoBlur, Sony : Timescape, LG : Optimus UI…

Seuls, les terminaux de la gamme Nexus de Google tournent sous la ROM non modifiée d’Android. Il existe toutefois des constructeurs qui modifient très peu la ROM originale.

L’OS mobile de Google a beaucoup évolué depuis ces débuts en 2008. Initialement décliné en une branche destinée aux smartphones, il a ensuite été enrichi d’une version exclusivement destinée aux tablettes avec HoneyComb (Android 3.x). La convergence des deux branches s’est faite avec Android 4.0, alias Ice Cream Sandwich. Elle a été suivie par Android 4.1.x, alias Jeally Bean qui a été annoncé en juin 2012 lors des conférences Google I/O. Les smartphones Nexus 4 et tablettes Nexus 10, ont la particularité d’être les premiers terminaux Android à sortir avec la version 4.2 préinstallée qui conserve le nom “Jelly Bean”. La version majeure suivante a été Android 4.3, alias “Key Lime Pie”, tandis qu’Android 4.4, alias “KitKat”, a fait ses débuts avec le Nexus 5 (il est désormais disponible sur les Nexus 4 et Nexus 7).

En optant pour Android, il faut savoir si on désire une surcouche propriétaire ou non. Celle-ci modifie peu ou prou (suivant le constructeur) l’expérience utilisateur. Si c’est l’expérience Android “pure” que vous recherchez, il faudra alors opter pour un smartphone Google estampillé Nexus. Le dernier en date est le Nexus 5 (produit par LG, tout comme le Nexus 4). Ces modèles sont ceux qui bénéficient des mises à jour le plus rapidement. Les smartphones des constructeurs tiers (Samsung, HTC,…) sont mis à jour avec un délai qui varie, mais qui peut se révéler assez long entre la diffusion d’une nouvelle ROM par Google et son adaptation à tel ou tel smartphone. Nous rendons compte dans nos colonnes de ces mises à jour.

Enfin, d’aucuns pourront émettre le souhait d’installer une ROM alternative, dite AOSP (Android Open Source Project) sur le smartphone qu’ils vont acheter. A cet effet, il faudra le rooter, c’est-à-dire s’attribuer les droits administrateurs du terminal avant de pouvoir installer la ROM. Cette étape est parfois compliquée, voire rendue quasiment impossible (par le constructeur) sur certains modèles de certaines marques. Par ailleurs, il va sans dire qu’avec une telle ROM, les fonctionnalités installées par le constructeur disparaissent. Le meilleur exemple pour cela est le Samsung Galaxy S3 (mais aussi les Galaxy S4, Note 2, Note 3…) qui intègre des fonctions telles que S Voice (un assistant vocal intelligent développé par la société sud-coréenne), une application photo propriétaire…

Pour finir, sachez qu’Android est l’OS qui progresse le plus vite en termes de parts de marché. Ainsi, au troisième trimestre 2013, 81.9% des smartphones livrés tournaient sous Android contre 12.1% (seconde place) pour les iPhone.

Windows Phone

Microsoft était présent dans le secteur de la téléphonie mobile avec Windows Mobile. Mais ce dernier ne pouvait tenir la dragée haute à iOS et Android. La firme de Redmond a donc planché sur un nouvel OS mobile et à l’automne 2010, elle lançait Windows Phone. L’OS a tout de suite été salué par les spécialistes. Novateur et singulier, il a insufflé un vent de fraicheur sur la téléphonie mobile avec une interface utilisateur qui lui est propre. L’OS fonctionne par hubs et met en oeuvre des vignettes (ou tuiles) qui se mettent à jour en temps réel. La fluidité est réellement présente. Toutefois, Windows Phone, dont la 1ère mise à jour majeure a été Mango (alias Windows Phone 7.5) suivie de Windows Phone 8, peine encore à séduire le public. Toutefois, si sa part de marché dans la téléphonie mobile reste modeste, elle a progressé ces derniers mois. Les modèles d’entrée de gamme (Lumia 520 et HTC 8S) n’y sont pas étrangers.

L’absence de certaines killer apps (même si les choses bougent avec notamment l’arrivée récente d’Instagram…) est probablement encore un des principaux freins à la progression de l’OS mobile de Microsoft.

Toutefois, fin octobre 2012, Microsoft a lancé Windows Phone 8, la version de maturité de son OS mobile. Plusieurs constructeurs ont témoigné leur intérêt pour cette dernière mouture de l’OS : Samsung avec l’Ativ S, Nokia avec les Lumia 820, 920, 925, 1020 et 1520 et HTC avec 8X et 8S. Exit le coeur de Windows Mobile, WP8 s’articule autour du kernel Windows NT. Il supporte les librairies en C++ et de ce fait, le portage des applis de Windows 8 à WP8 est grandement facilité.

Mais surtout, WP8 permet enfin aux constructeurs de proposer des terminaux capables de rivaliser avec la concurrence avec le support du NFC, des processeurs multi-coeurs, des cartes microSD (même s’il n’est pas possible d’y installer des applis (on peut en revanche installer une application depuis une carte microSD à destination de la mémoire interne)…).

Notons également que Microsoft a commencé le déploiement de la troisième mise à jour pour Windows Phone 8 depuis octobre 2013. A cette occasion, WP8 supporte des processeurs plus puissants tels que le Snapdragon 800, de plus grands écrans (de plus de 5 pouces et jusqu’à 6 pouces) mais aussi de la Full HD. Le nombre de vignettes dynamiques sur l’écran d’accueil passe de 4 à 6. Des fonctionnalités bien senties font également leur apparition telles que “Mode Conduite” (les notifications sont mises en berne lorsque vous êtes au volant) et la simplification du partage de connexion internet (via hotspot WiFi) grâce à l’appairageen Bluetooth.

De surcroît, le Marché Windows Phone (Marketplace), le magasin d’applis de Windows Phone, a connu une forte croissance avec désormais plus de 145 000 applis.

Choisir un Windows Phone, ce sera également opter pour un téléphone qui s’intègrera parfaitement dans l’écosystème Windows Phone 8/Windows 8 (et RT).

Enfin, les Windows Phone intègrent nativement le support du Xbox Live. L’interactivité entre les Xbox 360/Xbox One et Windows Phone est très intéressante. Microsoft a également lancé SmartGlass à la fin 2012. Il s’agit d’un pont entre (voire d’un second écran) entre les Xbox (360 et One) et les Windows Phone. Cette application est également disponible sur les magasins applicatifs d’Android, Fire OS (l’OS des tablettes Kindle Fire), Windows 8/RT et iOS (elle n’est pas disponible sur le BlackBerry World en revanche).

BlackBerry

L’OS mobile de RIM a connu un large succès avant que l’iPhone ne lui vole la vedette. La société peine à se renouveler. Toutefois, Thorsten Heins, le PDG aux manettes de RIM de janvier 2012 à novembre 2013 a tenté de remettre l’entreprise sur les rails.

À cet effet, RIM a lancé l’OS BlackBerry 10. Les premiers terminaux sous cet OS sont arrivés au premier trimestre 2013 avec en figure de proue le BlackBerry Z10 (et plus récemment le Z30 doté d’un écran de 5 pouces). Ce nouvel OS est basé sur QNX tout comme BlackBerry PlayBook OS (l’OS de la tablette PlayBook).

Début décembre 2013, John Chen, le PDG par intérim du groupe, a mis les pendules à l’heure en précisant que “BlackBerry n’était par mort”. Malgré des pertes financières et un licenciement massif (40% de l’effectif), le groupe acheté par la société financière canadienne Fairfax tente de remettre la société sur les rails.

Bada

Bada (“Océan” en coréen) est l’OS développé par Samsung. On le trouve uniquement sur des terminaux Samsung tels que les Wave. Samsung l’a sorti au premier trimestre 2010. Il a connu un véritable succès dans l’hexagone avec la 3ème place sur le marché des smartphones (derrière iOS et Android). On retrouve l’interface TouchWiz que Samsung déploie aussi sur ses smartphones Android. Le constructeur sud-coréen a sorti plusieurs modèles dont les Samsung Wave, Wave II et Wave III. Avec Bada 2.0, l’OS supporte le NFC, le HTML5, le multitâche…

Si Samsung a tiré une croix sur cet OS, elle mise beaucoup sur Tizen, l’OS qui succède à MeeGo et intègre des éléments de Bada justement. Il a fait ses débuts sous le nom de LiMo (pour Linux Mobile) et a la particularité d’être open source (contrairement à Bada). Il peut être installé sur de nombreux appareils (Smart TV, netbooks, tablettes et smartphones) et supporte les applications écrites en html5. L’année 2014 devrait être véritablement l’année de son éclosion même si le constructeur japonais Systena a déjà lancé une tablette sous Tizen 2.1.

Jolla/MeeGo

L’OS opensource MeeGo est le successeur de l’OS Maemo développé par Nokia ; il intègre également des éléments de l’OS mobile Moblin soutenu par Intel. Le constructeur finlandais l’a abandonné au profit de Windows Phone 7 en 2011. Mais Jolla, une startup finlandaise financée en partie par des fonds chinois a décidé de reprendre le flambeau dans la continuité de Mer, un fork de MeeGo. Un premier modèle sous Sailfish OS (désormais le nom de l’OS de Jolla) est disponible depuis fin novembre 2013. S’il dispose d’un hardware modeste, il est compatible avec les applications Android (auxquelles on accède via le Yandex Store, le magasin applicatif de la société russe Yandex).

Tizen

On l’a vu en évoquant Bada, il s’agit d’un OS mobile open source basé sur Linux. À l’instar de Firefox OS, ses applications sont principalement des applis Web écrites en html5. C’est la Linux Foundation qui chapeaute Tizen mais ce sont Intel et Samsung qui assurent son développement.

Firefox OS

C’est l’OS mobile que la fondation Mozilla a développé. Initialement appelé Boot to Gecko (B2G), il s’articule autour du moteur de rendu Gecko pour faire tourner des applications Web écrites en html5. Les premiers modèles à l’embarquer sont arrivés au premier trimestre 2013 (d’abord sur le marché brésilien).

Le LG Fireweb sous Firefox OS 1.1 sera prochainement disponible au Brésil (puis dans d’autres pays d’Amérique latine) via l’opérateur Telefonica Vivo à un tarif de de 450 reals brésiliens, soit l’équivalent de 140 euros.

On le voit, Firefox OS est pour l’heure principalement cantonné aux marchés émergents.

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