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[Test] Cyberpunk 2077 : nouvelle référence du jeu de rôle

Jeux Vidéo

Par Cyril Valent le

Lorsque CD Projekt Red annonce l’adaptation du jeu de rôle papier culte Cyberpunk 2020, les fans se mettent à rêver au RPG futuriste ultime. Des espoirs légitimes au regard du travail remarquable fait par le studio polonais avec la franchise The Witcher. Après deux reports, pour peaufiner, l’œuvre, elle est enfin là. Que vaut-elle ? La réponse dans les lignes qui suivent.

Crédits : CD Projekt Red

Difficile de passer sous silence les grandes disparité techniques existantes entre les différentes versions du titre, sortant simultanément sur consoles et PC. Clairement optimisé pour le PC, c’est sur ce support que Cyberpunk offrira la meilleure expérience, particulièrement au point de vue graphique. A noter que les versions Xbox Series X et PS5 devraient offrir, après une mise à jour prévue pour le début de l’année 2021, un rendu similaire. Sur les machines d’ancienne génération, Xbox One X et PS4 Pro, le downgrade visuel reste acceptable et permet de jouer correctement avec toutefois des baisses de framerate notables dans certaines zones. En revanche, il est impossible, en l’état, de jouer à Cyberpunk 2077 avec une PS4 ou une Xbox One standard : le clipping est omniprésent, la latence plombe l’action et les textures bavent.

Une création de personnage très poussée

Même si la majeure partie du jeu se déroule en vue subjective, il vous est possible de créer votre avatar, masculin ou féminin, de la tête au pieds, en passant même par les organes génitaux ! Baptisé V(ce nom n’est pas modifiable), vous devez doter votre personnage de points de compétences à répartir dans cinq catégories : constitution, réflexes, capacité technique, intelligence et sang-froid. Vous ne risquez pas dépenser vos points au hasard car un guide intégré vous aidera à forger V selon votre style du jeu. De la grosse brute qui fonce dans le tas à l’as du piratage, il existe de nombreuses nuances. L’idéal étant de créer un avatar équilibré qui pourra se sortir de toutes les situations. A l’inverse du jeu de rôle originel, le titre ne propose pas d’alignement. Mais V possède une jauge de réputation qui varie en fonction de vos bonnes ou mauvaises actions. Enfin, il vous faut choisir une voie pour V : corporation, nomade ou gosse des rues. L’impact de ce choix de point de départ se limite à la première heure de jeu (le prologue) après quoi Cyberpunk vous offre la même aventure. Le héros devenant un mercenaire dans les rues de Night City.

Night City, personnage à part entière

La mégalopole surpeuplée et décadente ne constitue pas seulement un décor fantastique. C’est aussi un personnage central. Il est facile de se perdre dans ses quartiers superbement conçus. Chacun bénéficie de sa propre ambiance et change en termes de population et de circulation. La ville est vivante et CD Projekt la rendue crédible. Le soin apporté à la création de la cité est perceptible du moindre panneau publicitaire à la plus petites des boutiques. L’immersion dans ce monde futuriste est tellement séduisante qu’on délaissera le voyage instantané pour se rendre en voiture ou à moto au point de départ de la prochaine mission. Même si les véhicules pâtissent d’une physique déplorable, ces trajets restent une source de découvertes et renforcent l’immersion. En s’éloignant un peu du centre-ville, Night City donne à voir des panoramas saisissants et sa construction verticale est invitation permanente à lever les yeux. Le même soin extrême a été apporté aux intérieurs qui sont de toute beauté. En bref, Night City constitue l’open-world futuriste le plus réussi et cohérent qu’il nous a été donné de voir jusqu’à présent. Ne serait-ce que l’égaler risque d’être difficile.

Un charme qui se dévoile peu à peu

Le début du jeu ne vous donne accès qu’à un seul quarter de la ville. Ceci afin de vous permette de vous familiariser avec les différents types de quêtes qui vont vous être proposées. Ces premiers « jobs » accroissent votre renommée et permettent d’engranger des eddies, la monnaie de Cyberpunk. Elle est essentielle pour acquérir de l’équipement de qualité ainsi que des implants cybernétiques. Comme celui de double saut qui donnera à vos membres inférieurs la possibilité d’aborder un objectif en passant par les toits. Cet implant nous a beaucoup facilité la tâche mais toutes ces « augmentations » coûtent très cher. Il faut bien réfléchir avant d’en acquérir une. Cyberpunk demande du temps pour être apprivoisé mais une fois les premières heures de jeu passées, il révèle enfin toutes ses qualités. On sent que CD Projekt manie le script avec doigté, son écriture soignée et son sens de la mise en scène s’avèrent époustouflants. Sans esbroufe, cette dernière reste toujours au service d’une narration impeccable qui se montre crédible et engageante, en nous donnant, presque dès le début, un sentiment d’urgence. De même, la totale liberté d’action offerte pour mener à bien les objectifs est tout simplement grisante. Les adeptes de la brutalité trouveront un arsenal varié et efficace dont la puissance se décuple avec les bons implants installés. D’autant plus que les armes peuvent être améliorées grâce à un système de craft rudimentaire. Les pirates chevronnés pourront choisir la furtivité et feront griller à distance les puces neuronales des ennemis.

Un drôle de partenaire nommé Johnny Silverhand

Incarné par Keanu Reeves, le personnage de Johny Silverhand fait véritablement démarrer la trame principale. Sans spoiler le scénario, V aura sur le dos 24 heures sur 24, ce musicien et révolutionnaire anti-corpo (les entreprises qui dirigent le monde de 2077). Votre relation très particulière reste un des éléments marquants du jeu qui vous fera vous souvenir de Cyberpunk 2077 pendant longtemps. Les nombreux dialogues, savamment écrits, avec Silverhand sont autant de choix qui influeront sur l’aventure, notamment sur la fin de celle-ci. En fonction du fait que vous intercédiez en sa faveur ou que vous partagiez son point de vue, il devient tour à tour ami ou ennemi. Un personnage complexe chargé de vous faire réfléchir sur le monde. Par ailleurs, il intervient aussi lors de certaines quêtes secondaire, au moment où l’on s’y attend le moins, mais chacune de ses interventions sont toujours opportune.

Une durée de vie honnête

Les amateurs de course en ligne droite pourront voir un des épilogues en moins de trente heures. Pour ceux qui souhaitent, tout voir, tout faire, et dieu sait que les quêtes secondaires, superbement écrites et scénarisées valent le détour, il faut compter plus d’une soixantaine d’heures. L’idée est de prendre son temps, car Cyberpunk a tellement à offrir de plus que sa trame principale. Au-delà des quêtes secondaires, des activités comme par exemple, « neutralisez les auteurs d’une agression » permet de gagner que quelques eddies et un peu d’expérience facilement. Dans un souci d’accompagnement du joueur et pour assurer une progression fluide, toutes les quêtes possèdent un niveau de danger. Un bon moyen de savoir s’il faut accepter ou refuser une mission. La seule ombre au tableau concerne des soucis d’IA qui pourraient freiner votre évolution. Certains ennemis se montrent très mobile et d’autres très statiques. Dans les phases d’infiltration, ils sont soit aveugles, soit omniscients et vous détectent à travers les murs. Ces problèmes devraient être réglés par deux gros patchs annoncés par le studio et prévus pour janvier et février.

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Notre avis

Cyberpunk 2077 est une franche réussite. Avec ses coups de génie à même de marquer durablement la mémoire des joueurs, sa liberté d’approche, son écriture de haute volée et sa mise en scène impeccable, on sent que CD Projekt s’est investi comme jamais. Mais on retrouve, comme pour leur précédent titre, The Witcher 3, un manque de finition. Malgré les reports, l’IA doit être absolument revue et rééquilibrée. La conduite mériterait aussi une bonne révision. En réalité, ces deux défauts se voient rapidement occultés par toutes les qualités du jeu. Et comme pour The Witcher, CD Projekt a promis des patchs conséquents pour que le titre soit enfin à la hauteur des attentes des fans et de la vision originelle du studio.

8 / 10
Les plus
Les moins
  • Une ville fantastique
  • Une mise en scène de haute volée
  • Une écriture de qualité
  • Une grande liberté d’approche et une aventure captivante qui mène à plusieurs fins
  • Conduite des véhicules
  • Soucis d’IA
  • Des combats au corps à corps parfois confus
  • Interface perfectible