Test

[Impressions] Until Dawn : Des papillons dans le ventre [PS4]

Manipulation

Par Fabio le

Pour avoir parcouru l’aventure une seule fois, impossible d’assurer que tous les choix conduisent à des situations situées aux antipodes les unes des autres. Probablement pas, même. En revanche, certains des choix que j’ai faits ont eu un impact rapide, direct et brutal sur la suite des événements. Et très malicieusement, le jeu va mettre un point d’orgue à vous signifier que c’est de votre faute si les événements ont tourné dans ce sens. Juste après un drame que je ne vous révélerai pas, le jeu m’a rappelé via un flashback idéalement placé, que c’était mon inaction qui avait conduit audit drame. Cruel.

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Au-delà de son côté quanticdreamesque à base de QTE et de dialogues que certains pourront trouver longuets et inintéressants (ce ne sont pas des lumières, ces ados-là), Until Dawn propose quand même un vrai challenge : sauver les 8 ados de la mort. Et pour ne pas qu’on y arrive, le jeu cherche en permanence à briser notre vigilance. Ici, il nous met face à une grosse engueulade, là, il nous endort un peu avec une balade dans la neige, ici encore, on se détend devant une scène coquine. On se sent rapidement particulièrement bien dans la peau du réalisateur qui contemple son œuvre, à regarder ces petits acteurs s’exciter, s’échauffer, se réconcilier… et on en oublie l’essentiel : Until Dawn est un jeu où les mauvaises réponses enverront 8 ados, certes couillons, à l’échafaud.

Cette volonté de nous désorienter trouve également écho dans des séquences de transition bien trouvées, où le joueur/nous/un des ados/le ou les tueurs (on ne sait pas, c’est en vue subjective) se retrouve dans le bureau d’un psy un poil dinguo lui-aussi. Ce dernier nous présente des dessins ou des symboles, nous demande quels sont les personnages qu’on aime et ceux qu’on n’aime pas, et on doit choisir, sans vraiment savoir à qui il s’adresse. Nous, homme ? Nous, joueur ?

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Il est encore trop tôt pour dire si Until Dawn est un titre brillant. Et ce qui est sûr, c’est qu’il va diviser, comme n’importe quel jeu de David Cage, parce qu’il prend un parti à la marge de la majorité des productions, et que nos petits doigts ne sont ici jamais bousculés.

Personnellement, rarement j’aurais eu cette impression de me faire manipuler par les développeurs d’un jeu, chose plutôt agréable. Espérons juste que les développeurs auront le temps de peaufiner leur code car la synchronisation labiale (notamment sur la version française), quelques ralentissements et des petits bugs d’affichage résidaient ici et là, abimant un peu l’ambiance glaciale posée sur le titre de Supermassive Games.

Until Dawn, exclusivité PS4, sortie le 26 aout prochain