Test

[Test] For Honor – Légions d’honneur

Un scénario… honorable ?

Notre avis
8 / 10

Par firoste le

Malgré tout, le jeu conserve une dimension narrative, en la présence d’une campagne, à faire seul ou en coop. Chapitré en 18 missions (6 par factions), le scénario suit les péripéties de plusieurs héros de chaque clan, à travers divers niveaux remplis de mobs à décimer. Si l’ensemble se ménage quelques séquences alternatives (une poursuite à cheval, défense de zone ou de VIP), il sert avant tout à se familiariser avec les différentes classes du jeu et leurs subtilités, quand elles sont face à diverses situations de combat. Alors oui, cette campagne présente un intérêt plus que limité à cause de l’insipidité de sa trame et de ses dialogues, et le manque de challenge flagrant quand on la compare au multi.

Mais il faut aussi admettre que, pour une fois, Ubisoft se contente d’un canevas guerrier classique, sans succomber à ses vieux démons. Ici, point de théories historiques conspirationnistes, pas de tours à escalader ou de voyage rapide à débloquer, pas de monde ouvert rempli de quêtes annexes (même si la récolte de collectibles subsiste), mais simplement le récit d’une guerre au premier degré, avec ses cinématiques léchées et ses morceaux de bravoure, sans autre prétention qu’un film de série B.

Honorer la fidélité ?

Divisé en 3 modes, le multijoueur reste au cœur des préoccupations For Honor. De loin le meilleur des 3, le mode Dominion oppose deux équipes de 4 joueurs, épaulées de mobs contrôlés par l’IA, autour de la conquête de 3 zones sur une carte elle-même divisée en plusieurs chemins d’accès. Voici donc une composante MOBA qui s’ajoute au gameplay initial. Elle possède ses originalités (la déroute en guise de préliminaire, la défaite, qui interdit tout respawn) et permet quantité de retournements de situation inespérés. Viennent ensuite le Deathmatch classique à 4 et les Duels, en 1v1 ou 2v2, chaudement recommandés pour parfaire la maîtrise de son personnage en combat singulier.

Bien que cette offre initiale permet déjà de profiter amplement du jeu sur une quinzaine d’heures, la question fatale arrive vite : quid de la durabilité d’un tel concept ? En l’état, le nombre de modes et de cartes paraît bien limité pour tenir la distance. Quant à la Guerre des factions, qui simule la progression de la guerre entre les 3 clans (tout le monde en choisit un au début du jeu) en incorporant les résultats de chaque mêlée, et récompense au bout d’une saison (un mois à peu près) la Faction victorieuse, elle paraît aussi insuffisante pour conserver un semblant d’intérêt sur le long terme, tant sa dimension stratégique paraît simpliste.

C’est qu’il faut désormais prendre en compte l’inertie d’évolution du jeu service, nouveau type de production sur lequel Ubisoft semble désormais capitaliser tous ses efforts. Une latence qui compte donc dévoiler de nouveaux contenus gratuits (seule la customisation des avatars peut se faire par micro-transaction) sur une année entière. Difficile donc, de juger sur pièce le plein potentiel du titre, promis à grandir. Il n’y a qu’à regarder un jeu comme Rainbow Six Siege (notre test), et sa courbe d’évolution entre son lancement et sa deuxième saison qui vient de commencer, pour faire preuve de prudence ici. Reste donc à espérer que For Honor puisse s’épanouir sur le long terme et se laisser du temps pour se faire juge de son aboutissement terminal.