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[Test] Need for Speed Payback : la sortie de route ?

Need for Spit ?

Jeux Vidéo

Par Nerces le

Sans surprise, le style adopté ne change pas les fondamentaux du jeu et Need for Speed Payback n’essaye pas de concurrencer des titres axés « simulation ». Ghost Games ne s’est jamais caché de proposer une conduite « arcade » à la prise en main immédiate. Sur le papier, il n’y a pas lieu de critiquer, mais le résultat n’est pas à la hauteur. Les épreuves de drift manquent de subtilité et il n’est pas nécessaire de faire preuve de précision pour l’emporter. Ce problème de difficulté se posait déjà il y a deux ans : il n’a donc pas été corrigé. Un jeu accessible ne nous pose aucun problème, mais il est malgré tout important d’avoir une courbe d’apprentissage, l’impression de progresser au fur et à mesure du jeu. Ce n’est pas le cas ici.

Ne soyons toutefois pas trop dur car l’aspect technique n’est pas mal et on prend un certain plaisir à arpenter Fortune Valley. Les environnements quoiqu’un peu monotones sont joliment représentés, les véhicules bien modélisés et l’ambiance sonore est réussie. Les bruitages, corrects, sont appuyés par une bande-son de qualité… enfin pour qui aime le style évidemment. Les différentes courses ne sont pas désagréables et la montée en puissance des véhicules permet de « faire patienter » le joueur durant les premières heures de jeu. On enchaîne les missions de la campagne ou on explore la carte pour découvrir des défis, des challenges… le fait est que le temps passe de manière relativement agréable, même s’il n’y a pas de quoi crier au génie.

Le vrai gros problème du jeu survient un peu plus tard. En effet, alors que l’on progresse, on se retrouve face à des blocages purement artificiels. Il faut tel ou tel niveau pour avancer encore. Ce niveau avance avec les points d’expérience que l’on remporte et ces points s’acquierent évidemment en participant à des épreuves. Le souci de Need for Speed Payback se situe dans le fait que les niveaux demandés pour participer aux épreuves impliquent de passer beaucoup de temps à « farmer ». Autrement dit, il faut s’infliger des dizaines d’épreuves sans intérêt pour débloquer le niveau qui permettra de progresser à nouveau, de découvrir des nouveautés… jusqu’au prochain gros blocage. Tout ceci prend un temps infini… à moins de passer à la caisse via des microtransactions aussi peu subtiles qu’un troupeau d’éléphant en pleine charge.

Durant toute la première partie du jeu, on ne se rend effectivement pas compte qu’il faudra presque immanquablement jouer de la carte bleue par la suite. On avance doucement, on se prend – ou non – au jeu et ce n’est que plus tard, au moment d’atteindre les dernières « étapes » que le couperet tombe : il faudra passer des heures à « farmer » si on ne veut pas dépenser un centime de plus. Comme d’habitude, les spécialistes du marketing se réfugieront derrière un « on n’est jamais obligé de payer », mais nous connaissons tous la réalité des choses… d’autant que, nous l’avons dit, le défi proposé n’est pas à la mesure des enjeux : aucune chance donc de « farmer » avec plaisir la carte de Fortune Valley. Enfin, pour ne rien arranger, Ghost Games a décidé de complètement séparer les modes solo et multijoueur, ce dernier n’ayant pour l’heure aucun intérêt : des foires d’empoigne où l’enjeu est de sortir, le premier, à sortir de la mêlée, souvent à coups de bélier. Triste monde.

Need for Speed Payback, disponible sur PC, PS4 et XBO
PS : Les visuels qui illustrent ce test sont des visuels éditeurs

Notre avis

Est-il vraiment nécessaire d’apporter une conclusion pour vous expliquer le peu d’intérêt que revêt à nos yeux ce Need for Speed Payback ? Bien sûr, il reste possible de s’amuser – un peu – en roulant à fond les ballons sur des tracés joliment dessinés. Bien sûr, l’aspect Fast and Furious, la quête de bolides toujours plus puissants et l’orientation tuning – plutôt complète – sont de nature à vous faire vibrer… quelques heures durant. Ensuite, la monotonie des défis proposés, le manque d’intérêt du style de conduite, le « farming » qui découle du mode opératoire et l’inévitable usage de la carte bleue auront tôt fait de dissuader même les plus courageux. Alors que la rentrée « automobile » aura été particulièrement chargée, on voit mal comment justifier une dépense de 50-60 euros dans un titre aussi quelconque…

5 / 10