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[Test ] Pokkén Tournament – La Pikastagne a du bon [Wii U]

Pourquoi faire simple...

Notre avis
8 / 10

Par Corentin le

Un des principaux problèmes de Pokkén, c’est que son système de combat n’est pas des plus faciles à appréhender. Déjà, il faut bien comprendre qu’il est divisé en deux, je m’explique. Au début d’un match, les deux Pokémon se font face dans une arène en 3D. C’est la phase dite « de terrain ». Il est possible de se déplacer librement et la gestion des projectiles en devient très importante. Une touche permet de sauter, une autre de garder. Quant aux attaques, vous avez une touche pour les projectiles, une touche qui déclenchera des combos vous rapprochant de votre adversaire et une touche qui vous permettra d’utiliser vos attaques spéciales. Certaines combinaisons de touches permettent de lancer une prise (qui ignore les gardes) et une contre-attaque (qui résistent tant aux coups qu’aux prises). C’est le fameux « pierre-feuille-ciseaux » que je vous décrivais plus haut.

Or, si vous parvenez à placer certains combos voire certains coups particuliers, vous allez déclencher un changement de phase. La caméra arrêtera de filmer la scène de derrière vous et on se retrouvera alors dans un gameplay 2D bien plus classique. Il s’agit de la phase de duel et c’est une partie des coups disponibles qui se mettent alors à changer. Les projectiles disparaissent au profit d’autres coups plus rapprochés (ça dépend évidemment du Pokémon sélectionné) et le combattant qui n’aura alors plus besoin de se déplacer en profondeur pourra se baisser ou adopter une posture haute (pour faire par exemple des anti-airs). Ce sont ainsi presque deux jeux différents qu’il faut apprendre tant un match alterne rapidement entre ces deux phases. Pas simple, pas simple, surtout quand on est un jeu Pokémon et qu’on ne cherche pas forcément à convaincre des fans hardcore de jeux de combats. Certains combos sont de surcroît disponibles qu’avec certains assists (qui peuvent annuler les animations de certains coups pour enchaîner sans s’interrompre avec d’autres), certains combos ne fonctionnent également que si vous êtes parvenu à plaquer votre adversaire contre un mur. Bref, beaucoup de combos sont très circonstanciels et demandent une vraie maîtrise.

Cela donne au total un drôle de jeu qui arbore une véritable complexité. Il suffit de jeter un œil à l’impressionnante liste de coups pour chaque Pokémon pour s’en rendre compte. Et je rappelle qu’il y en a quand même 14 à l’écran de sélection de personnages (plus ceux à débloquer). Et cet aspect tranche avec la facilité qu’on a à le prendre en main. Car au final, même quand on ne sait pas jouer, les Pokémons bougent bien, on fait des petits combos sans trop s’en rendre compte et on parvient à s’amuser sans trop de maîtrise. Un peu comme avait réussi à le faire Street Fighter IV à son époque. D’autant que l’éclat synergique, la mécanique de come-back du jeu, est particulièrement facile à utiliser. Quand la barre est pleine (elle se remplit en déclenchant un changement de phase ou en ramassant des petits power-ups durant les phases de terrain), il est possible de déclencher ce fameux éclat synergique d’une simple pression simultanée sur les deux gâchettes. Cela donnera évidemment un buff de puissance à votre Pokémon, mais il ne réagira également plus sous les coups (bien qu’il continue à perdre de la vie s’il en encaisse). Enfin, dernier avantage, mais pas des moindres, il pourra déclencher en appuyant de nouveau sur les deux gâchettes une furie dévastatrice, à raison d’une seule fois par phase d’éclat synergique. La facilité déconcertante avec laquelle il est possible de déclencher ces techniques ainsi que la façon dont le joueur est accueilli durant tout l’apprentissage du jeu montre quand même que Bandai Namco a cherché à rendre le jeu accessible au plus grand nombre, malgré la complexité réelle et parfois paralysante du titre.

Notre avis

Sans en attendre grand-chose, j’ai finalement été agréablement surpris par ce Pokkén Tournament. Le titre saura amuser les fans de Pokémon qui ont envie de se mettre sur la tronche sans nécessairement avoir un bac + 5 en frame data. Le jeu fait le job, tant dans le contenu didactique que dans son système solide, même si je crains qu’il ne propose pas suffisamment de profondeur pour le jeu à très haut niveau. C’est peut-être là que Bandai Namco aurait pu améliorer son titre, en enlevant un peu de complexité en faveur d’un peu plus de profondeur. Pokkén Tournament n’en reste pas moins un très bon jeu à sortir entre amis afin de savoir qui est le plus fort entre Pikachu et Ectoplasma.

8 / 10