Test

[Test ] Pokkén Tournament – La Pikastagne a du bon [Wii U]

Par Corentin le

La collaboration entre Bandai Namco et Nintendo continue d’être plutôt fructueuse. Après un Super Smash Bros. acclamé par la presse et le public, voici que débarque Pokkén Tournament, la rencontre entre l’univers de Pokémon et un gameplay inspiré de Tekken, nous sommes donc bien devant un jeu de combat.

Ce mélange assez particulier est-il réussi ? La question mérite d’être posée pour cette version console qui arrive après que le jeu a reçu un accueil glacial au Japon, en arcade. La concurrence peut également paraître assez dure, avec la sortie récente de Street Fighter V. Voyons un peu ce que Pokkén donne.

[nextpage title= »Fan service compris »]
La première chose que l’on remarque, c’est que le jeu est plutôt beau. Les Pokémon du roster sont très bien modélisés et la propreté globale du jeu ajoute à l’envie de se mettre des pains avec les monstres de poches. Les arènes sont d’ailleurs variées, animées et ne possèdent pas toutes la même forme. Les terrains offrant la plus petite superficie faciliteront le travail des Pokémon qui sont moins bons à distance et empêcheront leurs adversaires de fuir trop loin. Le chara design des personnages est également très réussi et il sera possible de customiser un avatar, garçon ou fille, avec de nombreux éléments qu’il sera possible de débloquer au fur à mesure du jeu.

L’autre caractéristique qui est particulièrement attrayante est le choix des combattants qui est d’un fan service tellement assumé qu’il en force le respect. Gardevoir, Lucario, Pikachu, Roussil… Tant de Pokémon qui ont pas mal de succès dans les fan-arts et les *hum* communautés un peu moins mises en évidence, dirons-nous. Bon, en tout cas, on ne se plaindra pas de ce choix, mais il est vrai qu’à part le très sympathique Lugulabre, ça manque de Pokémon un peu originaux. Par contre, il est étonnant de voir qu’il n’y a pas de doublages français. Ce qui peut paraître assez étonnant pour un jeu Pokémon. Cela est contrebalancé par le fait qu’il est possible de passer le jeu en japonais. Avis aux amateurs, certains Pokémon sont plus agréables en version originale, d’autres sont également plus agaçants.

Le jeu nous introduit à toutes ses subtilités par un tutoriel extrêmement bien foutu, il faut bien le reconnaître. Et quand on sort d’un Street Fighter V qui ne fait aucun effort dans ce domaine, on vous assure que ça fait un bien fou. Que ce soit pour le déroulement classique d’un match, l’utilité des jauges, les différents types de coups, les assists (ces Pokémon en réserve qui peuvent venir vous aider pendant le combat), l’aspect pierre-feuille-ciseau général (sauf que là c’est garde-choppe-contre), les différents coups particuliers de chaque Pokémon et enfin, les combos. Tout est très bien amené par une « coach » qui vous suivra tout le long du jeu. Et si elle vous embête, il sera toujours possible de la désactiver dans les options.

Pokkén Tournament est accueillant, chaleureux et on a envie de s’y plonger pour découvrir ce qu’il a à offrir. Le titre propose également une campagne, correcte sans plus qui se découpe en plusieurs ligues, chacune divisée en trois phases. Durant la première, vous devrez vous confronter à vos adversaires par série de 5 matches. À l’issue de ces combats et en fonction des résultats, vous évoluerez dans le classement général. Une fois que vous aurez intégré le Top 8 de votre ligue, vous pourrez participer au tournoi qui représente la deuxième étape de la ligue. Là par contre, une défaite, et vous êtes éliminé. Vous devez donc gagner tous vos matchs à la suite. Puis, une fois que le tournoi est remporté, vous aurez le droit d’affronter le maître de la ligue, bien plus fort que tous les autres adversaires que vous aurez rencontrés alors. Réussissez ce match et vous monterez en rang, vous donnant accès à la ligue suivante. Facile.

Facile, mais également un peu rébarbatif. D’autant que le jeu n’est que très vaguement scénarisé, avec l’irruption ponctuelle d’un Mewtwo noir, extrêmement difficile à battre. Après, à l’exception de Mortal Kombat X récemment, on sait que les campagnes solos sont rarement les points forts des jeux de combats. Et puis vous avez également le mode local, qui vous permet d’affronter un ami sur le même canapé (l’un regarde la télé pendant que l’autre joue au gamepad) et le mode online qui permet d’affronter des joueurs en ligne. Classique. D’ailleurs, le jeu vous met au parfum immédiatement avec un message lors de la première connexion : si vous tentez de rage quitter, c’est perte de points immédiate. Clair, net, précis. Pas comme d’autres jeux, suivez mon regard

[nextpage title= »Pourquoi faire simple… »]
Un des principaux problèmes de Pokkén, c’est que son système de combat n’est pas des plus faciles à appréhender. Déjà, il faut bien comprendre qu’il est divisé en deux, je m’explique. Au début d’un match, les deux Pokémon se font face dans une arène en 3D. C’est la phase dite « de terrain ». Il est possible de se déplacer librement et la gestion des projectiles en devient très importante. Une touche permet de sauter, une autre de garder. Quant aux attaques, vous avez une touche pour les projectiles, une touche qui déclenchera des combos vous rapprochant de votre adversaire et une touche qui vous permettra d’utiliser vos attaques spéciales. Certaines combinaisons de touches permettent de lancer une prise (qui ignore les gardes) et une contre-attaque (qui résistent tant aux coups qu’aux prises). C’est le fameux « pierre-feuille-ciseaux » que je vous décrivais plus haut.

Or, si vous parvenez à placer certains combos voire certains coups particuliers, vous allez déclencher un changement de phase. La caméra arrêtera de filmer la scène de derrière vous et on se retrouvera alors dans un gameplay 2D bien plus classique. Il s’agit de la phase de duel et c’est une partie des coups disponibles qui se mettent alors à changer. Les projectiles disparaissent au profit d’autres coups plus rapprochés (ça dépend évidemment du Pokémon sélectionné) et le combattant qui n’aura alors plus besoin de se déplacer en profondeur pourra se baisser ou adopter une posture haute (pour faire par exemple des anti-airs). Ce sont ainsi presque deux jeux différents qu’il faut apprendre tant un match alterne rapidement entre ces deux phases. Pas simple, pas simple, surtout quand on est un jeu Pokémon et qu’on ne cherche pas forcément à convaincre des fans hardcore de jeux de combats. Certains combos sont de surcroît disponibles qu’avec certains assists (qui peuvent annuler les animations de certains coups pour enchaîner sans s’interrompre avec d’autres), certains combos ne fonctionnent également que si vous êtes parvenu à plaquer votre adversaire contre un mur. Bref, beaucoup de combos sont très circonstanciels et demandent une vraie maîtrise.

Cela donne au total un drôle de jeu qui arbore une véritable complexité. Il suffit de jeter un œil à l’impressionnante liste de coups pour chaque Pokémon pour s’en rendre compte. Et je rappelle qu’il y en a quand même 14 à l’écran de sélection de personnages (plus ceux à débloquer). Et cet aspect tranche avec la facilité qu’on a à le prendre en main. Car au final, même quand on ne sait pas jouer, les Pokémons bougent bien, on fait des petits combos sans trop s’en rendre compte et on parvient à s’amuser sans trop de maîtrise. Un peu comme avait réussi à le faire Street Fighter IV à son époque. D’autant que l’éclat synergique, la mécanique de come-back du jeu, est particulièrement facile à utiliser. Quand la barre est pleine (elle se remplit en déclenchant un changement de phase ou en ramassant des petits power-ups durant les phases de terrain), il est possible de déclencher ce fameux éclat synergique d’une simple pression simultanée sur les deux gâchettes. Cela donnera évidemment un buff de puissance à votre Pokémon, mais il ne réagira également plus sous les coups (bien qu’il continue à perdre de la vie s’il en encaisse). Enfin, dernier avantage, mais pas des moindres, il pourra déclencher en appuyant de nouveau sur les deux gâchettes une furie dévastatrice, à raison d’une seule fois par phase d’éclat synergique. La facilité déconcertante avec laquelle il est possible de déclencher ces techniques ainsi que la façon dont le joueur est accueilli durant tout l’apprentissage du jeu montre quand même que Bandai Namco a cherché à rendre le jeu accessible au plus grand nombre, malgré la complexité réelle et parfois paralysante du titre.