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[Test] South Park : L’Annale du Destin [PC, PS4, XBO]

La flatulence portée au rang d’art

Notre avis
8 / 10
Jeux-Video

Par firoste le

Evidemment, on attendait moins cette suite pour ses charmes de RPG tactique que pour son sens du texte et de la blague vacharde. Sur ce point, L’Annale du Destin ne déçoit sur aucun tableau. Le détournement des super-héros, et de leur réalité mercantile, marche à plein régime : DC, Marvel et Netflix, et leur clonage de franchises en batterie, en prennent pour leur grade, et l’univers South Park se montre tout aussi fertile en critique vitriolesque que Le Bâton de vérité, sans jamais s’autocensurer. La façon dont le scénario jongle avec les sujets de société (Black Lives Matter, le Gamer-Gate, etc.), la blague potache et la gravité de certains tabous est assez exemplaire, d’autant que le jeu se permet d’aborder des thèmes généralement délaissés par le jeu vidéo (les questions de genre, notamment) sans jamais se prendre les pieds dans le tapis.

Fan service oblige, on ne peut que regretter l’absence des voix françaises officielles, remplacées par des substituts assez médiocres (un conseil, passez en VOST d’entrée de jeu), ainsi qu’un laxisme de certains sous-titres qui, quand ils ne font pas d’erreur de langue, peinent à reproduire la subtilité des dialogues originaux. Un sacrifice langagier qui ne doit pas masquer pour autant leur efficacité permanente, et l’hilarité qui en naît à de nombreuses reprises.

Le vrai talent du jeu se cache surtout dans sa façon de masquer une certaine redite derrière un scénario fort et bien ficelé. Car L’Annale du Destin, au fond, ne fait que reprendre une formule posée par son aîné, qu’il renouvelle par touches discrètes, sans pour autant enlever ses anciens défauts. Par exemple, il est dommage que la partie Exploration, à base d’énigmes simples (utiliser les pouvoirs de ses acolytes sur le décor pour débloquer de nouveaux loot) et d’allers retours incessants, n’ait pas évolué et soit toujours aussi brouillonne. Il est d’autant plus dommage que le jeu regorge de situations hilarantes, et qu’il faille se faire violence pour les débusquer.

Même si son contenu est énorme (au point de frôler la boulimie parfois), il faut pourtant reconnaître au jeu son sens du rythme sur son scénario principal, qui assure une progression rocambolesque d’une quinzaine d’heures, sans que la lassitude vienne (trop) gâcher la fête. Même s’il assure le strict nécessaire en termes de RPG, le jeu ne tombe pas non plus dans ses travers narratifs, et la moindre quête secondaire apporte son lot de narration (et de bonnes vannes) sans jamais céder au remplissage. Pas de quoi faire un chef d’œuvre pour autant, mais on est reconnaissant auprès d’Ubisoft d’avoir fait un effort de concision salutaire pour ce genre d’expérience.

South Park : L’Annale du Destin, sortie le 17/10/2017 sur PS4, PC et Xbox One (testé sur PS4)

Notre avis

Alors certes, L’Annale du destin flatte son public dans le sens du poil, et reste dans sa zone de confort. Il ne fait que polir une formule qui ne pouvait que marcher auprès de ses fans, sans pour autant se risquer à des expérimentations draconiennes. Mais il le fait avec une telle générosité et un tel talent d’écriture qu’on serait fou de ne pas se laisser tenter une deuxième fois, quitte à faire certaines concessions.

8 / 10