Test

[Test] The Evil Within 2 [PS4, XBO, PC]

Survival Hodor

Notre avis
7 / 10
Jeux-Video

Par killy le

Tango Gameworks a choisi de peaufiner la formule de The Evil Within par la simple évolution de la structure et des idées de game-design présentes à l’époque. Cette suite transforme par exemple un embryon d’exploration en une semi-ouverture par zones, à l’image de beaucoup de jeux en « open-world » à la japonaise de ces dernières années, comme Metal Gear Solid : The Phantom Pain, et Monster Hunter, entre autres. Chaque morceau de la ville d’Union est séparé, au sens littéral, et le joueur doit y accéder par un raccourci, sorte de porte dérobée du logiciel, nommée la Moëlle. Plus ou moins vastes, ces espaces de jeu abritent toutes un ou plusieurs bâtiments liés à la quête principale, mais cachent aussi un bon paquet d’événements à déclencher et de missions parallèles.

Rien de nouveau, mais ces éléments amènent un effet de surprise bienvenu qui relance une progression sans génie. Soumise à un scénario qui se contente d’enchaîner des rebondissements et des dialogues si téléphonés que certains opérateurs téléphoniques planifient une OPA hostile, elle retrouve un brin de jeunesse dès que le joueur sort des sentiers rebattus. Créatures increvables à la Némésis qui apparaissent sans prévenir, sauvetages in extremis de commandos qui ont dû sécher la formation, ces petites activités dynamisent un monde qui a tendance à rester cloîtrer dans un certain immobilisme et justifient son ouverture.

L’augmentation des possibilités touche dans la foulée la gestion de la survie en terrain hostile. Cette dernière a eu le droit à un bonus, via un système de couverture qui parle au petit traître planqué en chacun. Problème, la souplesse n’a pas été invitée et les sorties de cachette sont assez laborieuses, même si cette idée a orienté le gameplay vers une certaine prudence qui oblige à observer. Le jeu gagne d’ailleurs à être joué dans les modes de difficulté élevés : la version « détente » ne fait que diminuer encore davantage le manque de sel de l’ensemble.

L’évolution de Sebastian et de ses armes se voit aussi agrémentée de quelques ornements dépolis, au travers d’un système d’arbre de compétences un tantinet plus complexe qui offre le choix de privilégier telle ou telle amélioration selon sa façon d’appréhender l’aventure. Là non plus, l’enthousiasme n’atteint pas des sommets, et à l’image du jeu dans son entier, se contente de suivre gentiment un plan limpide. Le savoir-faire de Tango cimente l’expérience et tout roule, mais sans pilote. N’importe quel joueur ayant déjà joué à un Survival-Horror pourra, comme Sebastian improvisé régisseur dans les coulisses de cet espace virtuel, voir toutes les ficelles qui tiennent ce petit théâtre de marionnettes macabres.

The Evil Within 2, sortie le 13 octobre sur PC, PS4 et XBO (testé sur PC)

Notre avis

The Evil Within 2 est une suite réussie dans son acceptation la plus basique, c'est à dire qu'elle améliore une recette et lui ajoute quelques subtilités pour en dégager l'essence. Pourtant, si le jeu parvient à tirer son épingle de la botte de foin décrépie du Survival, c'est en priorité par la liberté d'imagination que permet son postulat. Un outil utilisé avec talent qui ne suffit pas à en faire un jeu autre qu'un équivalent interactif d'un direct to DVD sympa, où le coup d'œil est mérité, sans jamais être vraiment conseillé. Agréable à jouer et jamais radin sur le contenu, le jeu de Tango Gameworks a comme principal défaut celui, étonnant de la part d'un studio créé par Mikami, d'appliquer des codes déjà mis à l'épreuve sur le jeu précédent. Chaque production n'a pas à réinventer la poudre, c'est un fait, mais The Evil Within ne l'avait déjà pas fait il y a 3 ans, et poursuit sur sa lancée. Reste un Survival Horror de qualité, aux accents de Silent Hill Downpour, mais sans aucune folie, si ce n'est celle de sa direction artistique.

7 / 10