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[Test] Withings ScanWatch, quand discrétion rime avec perfection

Gadget

Par Felix Gouty le

Comment combiner à la fois sobriété, autonomie monstre, précision biométrique et polyvalence ? Withings a la réponse et elle s’appelle ScanWatch. Cette nouvelle montre connectée de fabrication française a-t-elle réussi à nous séduire ?

Crédits : Le Journal du Geek.

Discrétion, autonomie et performances : difficile d’exceller dans ces trois piliers technologiques à la fois pour une montre connectée. Par le passé, l’horloger français Withings a su se démarquer par la sobriété et, surtout, le prix très abordable de ses montres connectées. Cet automne, il présente « la montre santé la plus avancée au monde » : la Withings ScanWatch. Détenteur d’un trophée Innovation au CES 2020, elle est la « seule montre au monde testée cliniquement qui combine la mesure de la fréquence cardiaque, un capteur SpO2, 3 électrodes, un altimètre et un écran PMOLED. » Ce gain de prestige a ainsi entraîné une élévation significative du prix. Celui de la ScanWatch dépasse de plus de cent euros celui de la Move ECG de Withings, précédente smartwatch e-santé de référence de la marque. La nouveau bijou de Withings en vaut-il donc la chandelle ?

Design & Ergonomie

Pour commencer, la Withings ScanWatch arrive dans une petite sacoche grise en tissu, refermable à l’aide d’un élastique. En plus d’être élégante, elle s’avère très pratique pour ranger et transporter la montre et son chargeur. Si l’une est destinée à rester fermement accrochée au poignet et l’autre à rester branché en permanence, on s’imagine bien pouvoir réutiliser la trousse pour embarquer d’autres objets en voyage – rien de perdu, en somme. La montre en elle-même respecte, elle aussi, le leit motiv tacite de la marque : la sobriété avant tout. Elle se compose d’un bracelet en plastique (noir ou blanc, voire en argent pour les intéressés), poinçonné de multiples trous. Une décision louable car elle rend le port de la montre adapté à toutes les dimensions de poignet. Le boîtier en argent est sans fioritures, avec une unique couronne (qui ne sert pas à régler l’heure, mais joue le rôle de bouton et de molette) et un magnifique verre saphir bombé (résistant jusqu’à 50 mètres de profondeur sous l’eau). Sous la carrosserie, la montre est constituée de deux cadrans à aiguille et d’un écran PMOLED (comme sur les vieux lecteurs MP3). Le boîtier existe, avec un cadran noir ou blanc, en 38 mm de diamètre ou 42 mm (auquel cas le cadran est légèrement plus détaillé).

Le premier, au diamètre le plus grand et central, donne simplement l’heure à l’instar d’une montre classique. Dans la moitié inférieure siège un cadran à une aiguille avec une roue de 1 à 100. Il s’agit du « cadran d’activité », qui réagit au nombre de pas effectués chaque jour. Nous nous attardons davantage sur le sujet plus bas. Enfin, la moitié supérieure du boîtier accueille un écran digitale, accessible par une simple pression du bouton latéral. Il permet de « scroller » entre différents tableaux, avec dans l’ordre : heure et date (qui sert aussi d’accueil), fréquence cardiaque, nombre de pas quotidiens, kilomètres parcourus, altimétrie, mesure de l’électrocardiogramme (ECG), mesure du taux de saturation en oxygène (SpO2), suivi sportif, horloge (alarme, chrono, minuteur, etc) et réglages.

La molette de la couronne glisse parfaitement et chaque succession de tableau est ponctuée d’une très légère vibration bienvenue. L’écran est lumineux, assez pour être vu sans accroc dehors en plein soleil. Il ne réagit cependant pas par défaut aux gestes du poignet, comme c’est le cas aujourd’hui pour la plupart des smartwatches à écran numérique. Une option « quick look » existe cependant pour en profiter, en passant par les Réglages de l’application connexe. Justement, avant de passer à l’utilisation, comme avec chaque montre connecté, l’utilisateur doit impérativement installer l’application mobile Withings Health Mate, avec laquelle la montre doit se synchroniser. C’est en effet grâce à elle qu’elle sera, entre autres, capable de donner l’heure exacte. Un appareillage Bluetooth et une activation du GPS sont nécessaires à cette synchronisation. Lors de la configuration initiale, un code PIN, à six chiffres, est demandé sur l’écran digital de la montre pour bien authentifier la connexion entre la montre et le bon smartphone. Cette mesure de sécurité supplémentaire, rarement vue chez d’autres montres, est à saluer. Enfin, la personnalisation de l’application se termine par une série de questions indicatives du Health Mate Coach, une intelligence artificielle avec qui l’utilisateur peut interagir. Celui-ci requiert seulement de spécifier la masse corporelle, la taille et le sexe pour effectuer un calcul de l’indice de masse corporelle (IMC) qui enrichit les données de l’utilisateur. L’application, elle aussi, bien aérée et dans laquelle il est facile de naviguer, est extrêmement bien pensée et permet d’avoir les informations qu’il faut là où il faut. Un seul petit regret néanmoins. Pour configurer une alarme, la procédure est assez peu intuitive : il faut passer par « Appareil », puis « Prochaine alarme ». Il est impossible de la mettre en place directement depuis la montre (seulement de la désactiver, via le tableau « Horloge »).

Le suivi médical

Comme la Move ECG avant elle, le principal intérêt de la ScanWatch reste avant tout ses outils biométriques. Grâce à ses trois électrodes et émetteurs lumineux, qui évaluent le taux d’absorption de la lumière dans les capillaires sanguins du poignet du porteur, elle est capable de donner une estimation du flux sanguin et de la quantité d’hémoglobine dans le sang. Cette mesure lui permet d’effectuer plusieurs examens médicaux comme l’évaluation de la saturation du sang en oxygène (SpO2), qui permet de savoir si le corps reçoit suffisamment d’oxygène (et donc de diagnostiquer, sinon, des maladies respiratoires), ou encore le fameux électrocardiogramme. Concernant ce dernier, la mesure requiert une certaine précision. Il ne faut absolument pas bouger et laisser son autre main (par exemple, la droite si la montre se loge sur la gauche) posée sur l’avant-bras (en l’occurrence, donc, le gauche), en formant une pince avec le pouce autour de la montre. Une fois les 30 secondes de mesure effectuées sans accroc, la montre alerte du résultat « normal » ou non de l’examen et une notification sur le téléphone invite l’utilisateur à en savoir plus. (Cela reste néanmoins un progrès après les failles de mesure signifiées par erreur comme un « danger de fibrillation auriculaire » sur la Move ECG.) Le tout indique si la qualité du rythme sinusal et la fréquence cardiaque sont normales. Il donne aussi un diagnostic quant à l’éventuelle présence de risque de fibrillation auriculaire (un trouble fréquent du rythme cardiaque). Petit plus : il est possible d’enregistrer le tout sous format PDF, afin de l’imprimer ou de l’envoyer facilement à son cardiologue.

Comme la plupart des montres connectées avec volet e-santé sur le marché, la ScanWatch offre aussi un suivi détaillé du sommeil de son porteur : fréquence cardiaque, détection d’apnée du sommeil, estimation des sommeils léger et profond, etc. Après plusieurs nuits, on constate avec bonheur que la montre se trompe rarement dans ses évaluations nocturnes. Elle reconnaît surtout avec une excellente précision les moments précis de l’endormissement et du réveil. Sa mesure native du rythme cardiaque et de l’oxygénation rend ainsi son suivi – mais aussi sa détection d’éventuelles apnées du sommeil – bien plus objectif que certaines de ses concurrentes. A noter que celui-ci n’a pas besoin d’avoir son smartphone allumé ou avec le Bluetooh et le GPS enclenchés pour que les mesures en question soient prises. Il suffit, le lendemain matin, de réactiver le tout et d’effectuer une rapide synchronisation avec le Health Mate.

Réveil intelligent, suivi sportif et autres fonctionnalités

Contrairement à la Move ECG, cette fois, la plus coûteuse Withings ScanWatch est une vraie touche-à-tout. Pour justifier son prix, elle compte sur plusieurs autres services, en plus de son écran PMOLED. Au cours de notre test, nous en avons retenu trois : le Health Mate Coach, le Smart Wake-Up et le suivi sportif. Le premier est un chatbot de suivi psychologique. Il propose à l’utilisateur, dès l’écran d’accueil de l’appli mobile consacrée, de répondre à une série de questions sur son humeur actuelle. En réaction, l’IA offre des conseils en vérité très banals. Ces derniers ne jouent aucunement un rôle sur le reste des suivis de santé.

Comme les autres montres connectées Withings dotées d’un suivi du sommeil actuellement sur le marché, la ScanWatch propose aussi la fonction Smart Wake-Up. Ce réveil intelligent se configure sur une plage horaire d’une trentaine de minutes. Dans cette intervalle, la montre est censée réveiller son porteur (à l’aide de fortes vibrations du poignet) au moment le moins brutal et donc, c’est-à-dire uniquement lors d’une phase de sommeil léger. L’option fonctionne sans soucis mais l’enclencher est un peu contre-intuitif. Il faut se rendre sur « Appareil » dans l’appli Health Mate puis « Prochaine alarme ». Ensuite, l’utilisateur doit passer par le volet « Horloge » sur la ScanWatch, sélectionner « Alarme » et la passer sur « On » (pratique, en l’occurrence, pour désactiver le réveil par la suite).

La ScanWatch a aussi été l’occasion pour Withings de se mettre au diapason de la concurrence en matière de sport. Comme le précise l’horloger français, « ScanWatch reconnaît automatiquement la marche, la course (et) la natation, ainsi que plus de 30 sports grâce au mode entraînement qui mesure la fréquence cardiaque en continu. » De notre côté, nous avons testé la marche en extérieur pendant une dizaine de minutes. Le suivi GPS est rapide, efficace et rend assez bien compte du relief. Du reste, le suivi sportif de la ScanWatch n’offre pas tellement plus d’informations mais il est facile de le lui pardonner : après tout, ce n’est pas sa spécialité revendiquée. Enfin, le système d’objectif du nombre de pas quotidiens est bien pensé. La présence du cadran du pourcentage d’accomplissement de l’objectif constitue une véritable source de motivation passive. Un choix de design vraiment agréable et beaucoup moins stressant que les incessantes notifications chez les autres montres. Une fois l’objectif journalier atteint, un simple message de validation se manifeste sur l’écran numérique de la montre. Au fil des jours, cette discrétion peu insistante donne presque envie de revoir constamment son objectif à la hausse.

Autonomie

Outre leur sobriété et leur expertise en e-santé, les montres connectées de Withings offrent généralement une autonomie sans pareille. La Move ECG, par exemple, se dotait de douze mois complets d’activité constante grâce à sa pile façon montre classique. Ici, la ScanWatch repose sur une batterie électrique rechargeable, nécessaire notamment à l’alimentation de son écran PMOLED, qi lui confère donc bien moins d’autonomie. D’après le constructeur, la batterie de sa smartwatch peut aller jusqu’à 30 jours d’autonomie, voire 20 de plus en mode économie d’énergie avec seulement les deux cadrans à aiguille d’activés. L’estimation est correcte puisqu’en deux semaines (dont six jours passés avec la montre non portée mais toujours allumée), la montre n’est redescendue qu’à 60% de la capacité de sa batterie. Malgré la différence significative avec la Move ECG, l’autonomie de la ScanWatch reste véritablement au-dessus de la concurrence.

N.B. : A noter que lorsque l’appareil n’est pas porté et synchronisé avec votre smartphone pendant plusieurs jours, le Withings Health Mate n’hésite pas à vous envoyer au moins une notification par jour. Pour lui fermer gentiment son clapet, il faut vous rendre dans « Profil » puis « Paramètres » et enfin « E-mails et notifs. »

Où l’acheter ?

La montre Withings ScanWatch est officiellement disponible à partir de 279,95 euros.

Notre avis

La Withings ScanWatch honore la réputation de la marque français, tant elle est un totem de sobriété. Plus polyvalente que ses aînées, bien que moins endurante que certaines, cette montre connectée a vraiment tout pour plaire en tant que premier objet connecté à porter au poignet. Son charme timide n'a d'égal que sa précision des différentes mesures de santé qu'elle est capable de prendre. Seul hic : ce pari d'une polyvalence plus étendue et d'un écran PMOLED supplémentaire l'oblige à sacrifier une autonomie monstre, telle celle de la Move ECG, et à augmenter le prix de l'objet d'une centaine d'euros. Néanmoins, compte-tenu de sa qualité globale, elle en vaut la peine.

9 / 10
Les plus
Les moins
  • La sobriété de son design et de son ergonomie
  • Une précision biométrique rare
  • Une autonomie pas aussi bonne que la Move ECG mais largement suffisante
  • L'efficacité du Smart Wake-Up
  • Le prix plus élevé que le reste du catalogue Withings