Ce n’est pas le pitch d’un film de science-fiction, mais bien le projet (pharaonique) porté par le studio italien Lazzarini Design. Son nom ? Pangeos, une “terayacht” au design de tortue de mer, annoncée comme la plus grande structure flottante jamais construite !
Une tortue géante, longue de 550 mètres
Avec ses 550 mètres de long pour 610 mètres de large, Pangeos dépasse largement la taille de n’importe quel navire civil ou militaire jamais imaginé. La silhouette s’inspire de la tortue luth, avec une carapace architecturale qui se déploie sur plusieurs étages, incluant habitations, restaurants, centres commerciaux, piscines, jardins suspendus, héliports… et même une marina interne capable d’accueillir des yachts ou hydravions. Une véritable ville flottante, pensée pour croiser à faible allure à travers les océans.
Car non, Pangeos ne filera pas à toute vitesse : sa propulsion serait assurée par neuf moteurs entièrement électriques de 16 800 chevaux chacun, alimentés par une combinaison de panneaux solaires et d’énergies marines (vagues et courants). De quoi atteindre une vitesse de croisière de… 5 nœuds. Soit à peine 9 km/h.
Un projet à 8 milliards de dollars… encore à l’état de concept
Si les visuels 3D impressionnent et font le tour des réseaux sociaux, Pangeos n’est pour l’instant qu’un concept. Aucun chantier naval au monde n’est actuellement capable de construire un tel monstre marin. Pour espérer lancer la fabrication, Lazzarini Design Studio mise sur une levée de fonds audacieuse, notamment via la vente de NFT liés au projet, qui permettent à des investisseurs d’acheter des espaces virtuels dans une version métavers du yacht.
Le cabinet italien envisage un site spécifique en Arabie Saoudite, près du port King Abdullah, pour y construire un bassin adapté aux dimensions hors norme du projet. Selon leurs calculs, il faudrait au minimum 8 ans de travaux et 8 milliards de dollars d’investissement pour voir naître cette cité aquatique. Et encore, en supposant que toutes les conditions techniques, financières et environnementales soient réunies.
Inutile de dire que le projet suscite autant de fascination que de scepticisme. Si certains y voient une nouvelle étape du tourisme de luxe, d’autres y lisent un délire mégalomane totalement déconnecté des enjeux actuels. Sur le plan écologique, les interrogations sont nombreuses : quel serait l’impact réel d’un tel mastodonte sur les écosystèmes marins ? Peut-on vraiment construire une structure de cette envergure sans aggraver le bilan carbone mondial, même avec des moteurs “verts” ?
Des experts pointent également l’ironie d’un projet censé voguer au gré des mers à l’heure où la montée des eaux menace les littoraux, et alors que des centaines de millions de personnes dans le monde vivent encore sans accès à l’eau potable.
Qu’on y croie ou non, Pangeos s’inscrit dans une tendance plus large : celle des villes flottantes, ou du moins de leur fantasme. Depuis quelques années, plusieurs architectes ou entrepreneurs, souvent soutenus par des fonds privés, imaginent des habitats maritimes autonomes, capables de contourner les lois terrestres ou de résister aux crises climatiques. De Seasteading à Oceanix, en passant désormais par cette tortue géante, le rêve d’une vie “hors sol” semble persister… même s’il reste largement théorique. Pangeos verra-t-il un jour le jour ? Rien n’est moins sûr.
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