Depuis la réélection de Donald Trump, la vigilance des douaniers américains s’est accentuée, en particulier à l’égard des voyageurs étrangers. Plusieurs cas récents illustrent un durcissement des pratiques : contrôle approfondi des smartphones, interrogatoires prolongés… La frontière américaine peut vite se transformer en barrière infranchissable, en fonction de ce que contient votre téléphone.
Est-ce que c’est légal ?
Les agents de la Customs and Border Protection (CBP) ont tous les pouvoirs pour fouiller les effets personnels des voyageurs, y compris les téléphones, ordinateurs et tablettes. Cette fouille peut être réalisée sans mandat, sans justification particulière, et de manière aléatoire. Refuser de déverrouiller son appareil expose à un refus d’entrée immédiat, voire à la confiscation de l’appareil. Pour les non-citoyens américains, il est quasiment impossible de contester cette décision, qui sera consignée dans le dossier voyageur et pourra compromettre de futurs séjours sur le long terme. Attention donc, à ne pas jouer au plus malin avec les agents douaniers.
Deux types de contrôles existent : une inspection manuelle basique (consultation des fichiers visibles sur l’appareil) et une fouille avancée, impliquant la copie intégrale du contenu pour une analyse ultérieure. Rassurez-vous, cette dernière nécessite généralement un “soupçon raisonnable” d’infraction ou de menace à la sécurité nationale. Il est donc peu probable que vous y soyez un jour confronté.
Tout contenu stocké localement sur un appareil peut être examiné : photos, vidéos, messages, historiques de navigation, contacts, documents professionnels. Les agents peuvent également consulter les profils publics sur les réseaux sociaux et tenir compte de prises de position politiques ou de messages militants, même parfaitement légaux dans votre pays d’origine. En revanche, l’accès aux données stockées dans le cloud (iCloud, Google Drive) n’est légalement possible que si ces données sont accessibles directement depuis l’appareil, sans connexion spécifique.
Qui est concerné ?
En théorie, tout voyageur peut être ciblé. En pratique, les contrôles sont rares (moins de 0,01 % des voyageurs en 2024, soit environ 47 000 personnes), mais la sélection est loin d’être aléatoire. Les personnes ayant déjà été refoulées, possédant un casier judiciaire, ou affichant des opinions politiques critiques envers l’administration américaine sont logiquement plus à risque. Même chose pour les professions jugées sensibles, comme les scientifiques et les journalistes.
Comment éviter les contrôles ?
Si vous voulez éviter de perdre du temps lors des contrôles à la frontière, plusieurs précautions s’imposent : dans un premier temps, limiter le nombre d’appareils, en emportant uniquement ceux qui vous sont indispensables. N’hésitez pas à supprimer les messages, photos, documents ou applications qui pourraient prêter à confusion ou nuire à votre profil en cas d’éventuel contrôle, et déconnectez-vous des services cloud.
Pour aller encore plus loin, il est aussi possible de miser sur un téléphone secondaire, contenant le strict minimum d’informations personnelles et professionnelles. Attention cependant, puisqu’un téléphone vide peut aussi éveiller les soupçons. Enfin, il est conseillé de conserver le contact d’un avocat spécialisé en droit de l’immigration, au cas où une situation litigieuse surviendrait.
Dans un contexte politique tendu, et alors que Trump a durci ses frontières, l’enjeu n’est plus seulement de présenter un passeport et un ESTA en règle, mais aussi un smartphone irréprochable, pour éviter tout désagrément.
🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.