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Spotify pollue beaucoup plus que vous ne le pensez

S’il n’est pas aussi énergivore que Netflix, le géant du streaming musical cache une empreinte carbone bien réelle.

L’essor du streaming musical a révolutionné l’accès à la musique, mais cette dématérialisation ne rime pas avec neutralité carbone. Écouter votre playlist préférée sur Spotify implique tout un arsenal de ressources, allant de la mobilisation de serveurs, de réseaux de transmission, de centres de données et, bien sûr, des appareils des utilisateurs eux-mêmes. Chaque étape consomme de l’électricité, majoritairement issue de sources fossiles.

En 2025, selon une estimation menée par Greenly, les émissions totales liées au streaming musical sur Spotify atteindraient les 187 040 tonnes d’équivalent CO₂, soit une hausse de 67 % depuis 2021. Cette hausse n’est pas surprenante, et s’explique en partie par l’explosion du nombre d’utilisateurs (de 406 à 678 millions). Rapporté à l’échelle individuelle, un utilisateur moyen de Spotify serait responsable de 276 g d’équivalent CO₂ par an.

Ce qui pollue

  • Centres de données : les infrastructures stockent et traitent les contenus musicaux. Leur refroidissement et leur fonctionnement continu nécessitent une quantité importante d’énergie.
  • Réseaux de transmission : la diffusion des flux audio mobilise des réseaux complexes de câbles, routeurs et relais, eux aussi énergivores.
  • Appareils des utilisateurs : la part la plus souvent négligée, mais non moins significative. Les smartphones, ordinateurs ou enceintes connectées utilisés pour écouter Spotify représentent une part importante des émissions totales.

La méthodologie de Greenly souligne d’ailleurs que Spotify, depuis 2023, ne comptabilise plus la consommation électrique des appareils utilisateurs dans son bilan carbone, sous-estimant l’impact réel de son activité à l’échelle internationale.

Audio vs vidéo

Si le streaming audio reste moins carboné que la vidéo (1,04 g de CO₂e par heure contre 55 g CO₂e par heure pour une vidéo), la tendance à l’intégration de contenus vidéo sur Spotify pourrait changer la donne. Depuis 2024, la plateforme propose à ses abonnés premium la possibilité de visionner des clips musicaux, une fonctionnalité bien plus énergivore. Si tous les utilisateurs premium basculaient de l’audio à la vidéo, les émissions annuelles pourraient bondir jusqu’à 3,92 millions de tonnes d’équivalent CO₂, soit une multiplication par 52 de l’empreinte carbone du service.

Pour l’heure, la majorité des usagers restent attachés à une écoute passive, souvent en arrière-plan ou écran éteint. Mais l’évolution des usages, couplée à la stratégie de Spotify, pourrait faire basculer ce fragile équilibre.

Un impact global, difficile à calculer

Spotify ne représente qu’environ 32 % du marché mondial du streaming musical, et seulement 23 % de l’ensemble des écoutes. L’impact global du streaming audio est donc bien plus vaste, d’autant que la facilité d’accès et la gratuité relative du streaming ont démultiplié la consommation musicale mondiale, annulant en partie les gains environnementaux liés à la disparition des supports physiques.

En parallèle de cette empreinte carbone grandissante, certains artistes comme Taylor Swift, Drake ou encore Bad Bunny représentent à eux seuls des dizaines de milliers de vols transatlantiques.

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