Cette tension, qui couve depuis des mois entre Cupertino et Bruxelles, est le fruit d’une bataille autour du Digital Markets Act (DMA). Cette législation, créée par l’Europe pour imposer de nouvelles règles aux mastodontes de la tech, a déjà frappé Apple d’une amende de 500 millions d’euros en avril pour les règles abusives de sa boutique d’applications. Cette amende s’accompagnait d’un ultimatum de 60 jours posé par la Commission européenne. Il arrive à son terme ce jeudi 26 juin, date butoir pour qu’Apple se plie aux exigences.
Gagner du temps ou céder du terrain ?
Selon des informations du Financial Times, les discussions se sont intensifiées entre les deux parties et Apple serait prêt à faire des concessions. Cela concernerait notamment ses pratiques dites d’« anti-steering ». Ces règles, critiquées de longue date, empêchent activement les développeurs d’informer les utilisateurs qu’il existe des offres d’abonnement moins chères en dehors de l’App Store. Pour la Commission européenne, elles privent le consommateur d’un choix éclairé et, par conséquent, aide le géant de Cupertino à maintenir un écosystème fermé.
En lâchant du lest sur ce point, la marque à la pomme espère sans doute calmer le jeu et, surtout, « gagner du temps ». Une fois les nouvelles propositions soumises, la Commission devra les évaluer, repoussant ainsi la menace imminente.
Le véritable point de friction : une taxe qui ne passe pas
En réalité, personne n’est dupe et adoucir quelques messages ne suffira peut-être pas à satisfaire une Commission européenne qui ne voudrait rien laisser passer. Le véritable point de friction, celui qui concentre toutes les tensions, reste la « Core Technology Fee ». Cette commission d’un montant de 50 centimes d’euro est imposée par Apple même aux développeurs qui choisissent de ne pas utiliser son système de paiement. Elle est perçue par beaucoup comme une manière de contourner l’esprit même du DMA. En rendant les alternatives économiquement peu viables, Apple maintiendrait son contrôle de facto.
De son côté, la firme de Cupertino se défend, arguant que des changements trop profonds pourraient « menacer la vie privée et la sécurité de nos utilisateurs en Europe » et reproche à Bruxelles un « blocage répété » de ses efforts de mise en conformité. Si les propositions d’Apple sont jugées insuffisantes, la société s’expose à des astreintes pouvant atteindre 5 % de son chiffre d’affaires journalier mondial. Un calcul simple permet de mesurer que cela représenterait environ 50 millions d’euros… par jour.
La firme à la pomme n’est d’ailleurs pas la seule dans le viseur de Bruxelles. Ce bras de fer s’inscrit dans un contexte bien plus large d’offensive réglementaire. En avril, Meta (maison-mère de Facebook et Instagram) a également écopé d’une amende de 200 millions d’euros pour son modèle « payer ou consentir ».
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