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PlayStation : payez-vous vraiment une “taxe Sony” ?

Un recours collectif relance le débat de la “taxe Sony” sur les consoles PlayStation.

La question de la domination des géants du jeu vidéo sur les pratiques commerciales du secteur revient sur le devant de la scène. Aux Pays-Bas, l’organisation de défense des consommateurs Stichting Massaschade & Consument vient de déposer une plainte collective contre Sony, au nom de 1,7 million d’utilisateurs néerlandais de PlayStation. En cause, une accusation concernant des prix artificiellement gonflés sur le PlayStation Store, qui constituent selon eux une forme de “taxe Sony” imposée aux joueurs.

Selon l’organisme à l’origine de la plainte, Sony abuserait de sa position dominante depuis plus de dix ans, notamment en verrouillant son écosystème numérique. La démocratisation des consoles sans lecteur de disque, comme la PS5 digitale, aurait accentué la dépendance aux ventes dématérialisées. Puisque seul le PlayStation Store est accessible sur les consoles de la marque, les consommateurs n’ont pas le choix que de payer le prix imposé par Sony. Pour eux, cela se traduirait par une hausse importante des prix significative par rapport au marché des jeux physiques. Une étude économique citée par la fondation néerlandaise avance qu’un jeu acheté en version numérique coûte en moyenne 47 % de plus qu’en version physique, alors même que les coûts de distribution sont nettement moindres pour l’éditeur.

La plainte néerlandaise s’inscrit dans une campagne plus large baptisée Fair PlayStation lancée en février 2024. En quelques jours, plus de 20 000 consommateurs s’y sont ralliés, reflétant un désaccord grandissant autour des pratiques commerciales de Sony. L’organisation reproche notamment à la firme nippone d’avoir exclu toute concurrence sur sa boutique en ligne, empêchant les éditeurs tiers de proposer des alternatives tarifaires et les joueurs de faire jouer la concurrence.

Les joueurs sont de plus en plus mécontents

Cette action collective évalue les dommages subis par les consommateurs néerlandais à hauteur de 435 millions d’euros. Une première audience est prévue d’ici la fin de l’année, et pourrait constituer un précédent en matière de régulation du marché numérique des consoles, bien que ce ne soit pas la première fois que Sony est confronté à des accusations similaires. En 2022, une procédure collective avait déjà été lancée au Royaume-Uni, portée par l’ancienne directrice de Which? UK, Alex Neill. Elle contestait la commission de 30 % prélevée par Sony sur toutes les ventes numériques et les achats in-game, jugée excessive et anticoncurrentielle. Le procès a été validé en 2023 et doit entrer prochainement dans sa phase judiciaire.

Ces affaires s’inscrivent dans un contexte plus large où plusieurs géants de la tech voient leur modèle remis en cause. Epic Games s’est récemment opposé à Apple pour des raisons similaires, tandis que Microsoft a dû faire face à un recours dans le cadre de son acquisition d’Activision Blizzard. Dans ce paysage numérique de plus en plus contrôlé par des plateformes fermées, une question s’impose désormais : quand on achète un jeu sur le PlayStation Store, payons-nous réellement son prix… ou bien finançons-nous un monopole ?

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